L'Agriculteur de l'Aisne 01 juin 2012 à 14h50 | Par Actuagri

Lutte contre la faim dans le monde - Le Sénat se mobilise

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Extension des terres disponibles, accroissement des rendements, efforts significatifs d’investissements, régulation des marchés et refus du désengagement des Etats… Dans un rapport qu’il vient de rendre public, le Sénat apporte sa contribution aux voies et moyens susceptibles de relever le défi alimentaire. «Je suis un abolitionniste de la faim», déclare Yvon Collin sénateur RDSE du Tarn et Garonne qui n’accepte pas que 5200 personnes meurent de faim toutes les demi-heures dans le monde. En tant que vice-président de la Délégation à la prospective de la Haute Assemblée, il vient de rendre un rapport public sur les voies et moyens de conjurer la faim dans le monde d’ici 2050. L’auteur observe d’abord que la demande alimentaire devrait s’accroître nettement dans les années qui viennent. A la fois du fait de l’accroissement démographique : la planète comptera deux milliards de personnes de plus en 2050, et de l’augmentation du niveau de vie qui joue sur le régime alimentaire. Yvon Collin épouse également l’analyse selon laquelle, il faudra doubler la production alimentaire au milieu du siècle pour satisfaire les besoins en nourriture. Sans sous estimer «les incertitudes et les aléas», il considère que le potentiel de production nécessaire pour répondre à l’augmentation de la demande paraît à première vue suffisant, mais «nécessitera des efforts considérables». Première piste : l’extension des terres cultivées. Tout en sachant que la mobilisation de nouvelles terres peut être entravée par des contraintes locales ou des préoccupations plus globales en matière d’environnement, la préservation de la forêt amazonienne par exemple. L’augmentation des rendements est une autre voie à suivre, sachant qu’ils plafonnent désormais dans de nombreux pays développés et que les méthodes agricoles aujourd’hui employées sont de plus en plus contestées pour les nuisances engendrées sur les milieux et le climat. De ce point de vue, les réserves de productivité existent plutôt dans les pays en développement et elles doivent être exploitées, estime l’auteur qui ne se montre pas très favorable au développement des agrocarburants, du moins ceux de première génération. «La priorité doit être donnée à la recherche sur les générations futures d’agrocarburants», insiste l’auteur.

L’implication des pays en développement
En tout cas, le développement de la production agricole ne se fera pas sans un effort massif d’investissements. Notamment dans les pays en voie de développement. «On ne peut se reposer uniquement sur les pays avancés. Le développement agricole dans les pays pauvres est la seule voie pour sortir de la pauvreté». Et l’auteur de déplorer la sous estimation par la FAO des investissements à réaliser évalués à 83 milliards de dollars par an. «Ils ne permettront d’assurer le droit à l’alimentation qu’au prix d’hypothèses excessivement facilitantes». Quoi qu’il en soit, le défi alimentaire ne pourra être relevé sans une implication déterminée des pays en développement. La production agricole devra être améliorée dans tous les pays qui accusent aujourd’hui des retards de développement et les progrès de productivité devront se diffuser dans l’ensemble du système productif. C’est ainsi que le droit à l’alimentation pourra être honoré dans le monde. A condition bien entendu que les Etats le veuillent et qu’ils ne se désengagent pas de l’agriculture aussi bien en matière d’aide au développement que de régulation des marchés. Sur l’aide, l’auteur s’inquiète que la fondation Bill Gates mobilise plus de moyens que la FAO. Quant à la libéralisation des marchés prônée dans certaines enceintes internationales, elle est incompatible avec le développement d’un système alimentaire sécurisé. Et l’auteur d’en appeler à une autre gouvernance mondiale aussi bien au niveau des Etats que des institutions internationales qui ont laissé tomber à certains égards l’agriculture.

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