L'Agriculteur de l'Aisne 24 octobre 2016 à 08h00 | Par Actuagri

Mal-être des éleveurs

Edito de Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA et d’Etienne Gangneron, vice-président de la FNSEA.

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Une poignée d’intellectuels milite pour l’instauration d’un secrétariat d’Etat à la condition animale, battant en brèche notre travail responsable pour des démarches de progrès constant pour le bien-être de nos animaux. Les médias friands de sujets chocs relaient et amplifient. Tous les jours, des agriculteurs nous font remonter leur exaspération liée aux articles délétères, aux sondages instrumentalisés, aux campagnes mensongères et manipulatrices.

Nous disons STOP.

Certains de nos concitoyens choisissent aujourd’hui d’arrêter, mais plus souvent de réduire, leur consommation de viande pour des raisons d’ailleurs diverses, allant de préoccupations pour leur santé, pour l’environnement ou pour la protection des animaux. C’est leur choix, et nous le respectons.

Certains de nos concitoyens choisissent de croire que les hommes et les animaux sont égaux en tous points et que l’élevage est une exploitation qui s’apparenterait à l’esclavagisme. La frontière Hommes/animaux se désagrège sur la base de discours pseudo-scientifiques qui nous feront bientôt croire que les animaux parlent, rient, écrivent ou meurent dans un lit. Ce n’est pas notre choix.

En humanistes convaincus, nous croyons profondément en l’Homme et en sa responsabilité envers le vivant. Nous plaidons pour une relation équilibrée entre les hommes et les animaux que nous respectons, soignons, aimons, et envers qui nous avons des devoirs. C’est notre métier d’éleveur.

Eleveur, ce n’est pas un métier choisi par hasard, mais par passion et volonté de proximité avec les animaux. Et d’ailleurs, la situation économique des derniers mois montre que ce n’est pas un métier facile. C’est avant tout des convictions fortes et une relation quotidienne construite avec ses animaux, quelle que soit l’espèce.

Alors les attaques que nous subissons parfois, la violence des mots, la remise en cause de nos choix de vie, cela nous touche particulièrement, cela nous atteint profondément. Nous ne sommes pas dupes, cette période préélectorale est propice aux surenchères de toute sorte, et cette fin d’année 2016 ne fait pas exception.

Dans une société en quête de sens, comment comprendre la préférence pour des régimes alimentaires de luxe pour chiens et chats mais le refus de voir des familles de migrants à sa porte ?

Comment comprendre la stigmatisation d’un métier du vivant porteur de valeurs d’humanité, de traditions et garant de territoires dynamiques ?

De nombreuses études le montrent, la majeure partie de la population est attachée à ses éleveurs et aux produits diversifiés et de qualité qui leur sont proposés. Dans un pays où le repas partagé et la gastronomie tiennent une place centrale, c’est une réalité qui compte. Soyons fiers de notre métier et expliquons toujours mieux et toujours plus nos pratiques, nos efforts et progrès, et notre relation avec les animaux. Ce dialogue et cette transparence, que ce soit auprès de ses proches et de son voisinage, d’élus et de journalistes, c’est la responsabilité de chacun d’entre nous pour garder la confiance et la reconnaissance de nos concitoyens.

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