L'Agriculteur de l'Aisne 29 février 2016 à 08h00 | Par Actuagri

Manuel Valls veut rassurer les éleveurs

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Au terme d’une visite de quatre heures au Salon de l’agriculture, le 29 février, le Premier ministre aura surtout rencontré les éleveurs, premières victimes de la crise agricole, dans une ambiance peu chaleureuse mais calme. Si l’année précédente, Manuel Valls avait mis l’accent sur l’attachement aux terroirs et aux territoires lors de son passage au Salon de l’agriculture, le Premier ministre s’est concentré cette année sur les filières d’élevage les plus touchées par la crise. Dans une ambiance plus calme que celle qui avait accompagné la venue du président de la République deux jours plus tôt, le chef du gouvernement est essentiellement resté dans le Pavillon 1, celui de l'élevage, y rencontrant les éleveurs laitiers, les producteurs de viande bovine, et les éleveurs porcins. Interpellé et parfois sifflé par les exposants, dont le ressentiment visait davantage le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll à ses côtés, Manuel Valls a voulu se montrer rassurant et déterminé « pour redonner confiance aux agriculteurs et sortir de la crise », sans pour autant leur donner des gages tangibles. Interrogé par les producteurs de lait sur la nécessité de mieux réguler le marché laitier au niveau européen, le Premier ministre a souligné «une prise de conscience» de la Commission vis-à-vis de «la gravité de la crise». De même, sur le TTIP (traité de libre-échange UE/Etats-Unis actuellement en discussion), le chef du Gouvernement a affirmé qu’il serait vigilant, sans convaincre les producteurs de viande bovine qui restent inquiets de cette mise en concurrence potentielle avec une viande produite à moindre coût, dans des conditions environnementales et sanitaires différentes.

«Message de solidarité»

«Nous ne laisserons pas tomber les agriculteurs», a assuré le Premier ministre, alors que les différents représentants professionnels lui ont rappelé les défis auxquels les filières sont confrontées, au cours de sa déambulation puis lors d’une réunion de plus d’une heure. «L’Europe doit entendre le message des agriculteurs et du Gouvernement français», a-t-il ajouté, conscient que la mise en place de mécanismes de gestion de crise au niveau européen sera une étape nécessaire mais difficile à obtenir. Réaffirmant aussi son engagement sur la question de l’étiquetage de l’origine des viandes dans les produits transformés, Manuel Valls a voulu faire passer aux agriculteurs «un message de solidarité» : «sur ces sujets-là, nous sommes à leurs côtés», a-t-il expliqué, reconnaissant par ailleurs la nécessité de travailler au niveau national sur plusieurs chantiers, la restructuration des filières ou une meilleure organisation pour l’export, par exemple. L’agriculture française "a des atouts», elle constitue "le deuxième poste à l’exportation derrière l’aéronautique", les Français le savent et y sont attachés, a relevé le Premier ministre. Et «c’est ce rapport entre la France et son agriculture que nous sommes venus une nouvelle fois soutenir», a-t-il souligné à la fin de sa visite.

La FNP demande à Valls des aides pour que les éleveurs puissent "partir dans la dignité"

Lors de la rencontre du Premier ministre Manuel Valls avec les professionnels au Salon de l'agriculture le 29 février, le vice-président de la Fédération nationale porcine (FNP) Jeff Trébaol lui a notamment demandé que les pouvoirs publics mettent en place "des aides sociales" pour les producteurs qui seraient contraints d'arrêter leur activité, puissent "quitter le métier dignement et conserver leurs biens personnels". Cette demande a déjà été adressée au ministère de l'Agriculture il y a quelques semaines. 10% des producteurs de porc seraient en situation très délicate, selon la FNP. "On entre dans le dur, il y a des gens qui sont dans une situation presque irréversible", explique-t-il.

Phil Hogan très attendu au Salon de l'agriculture par la FNPL

Phil Hogan, commissaire européen à l'agriculture, devrait se rendre le 2 mars au Salon de l'agriculture. Sa présence est très attendue comme le précise Thierry Roquefeuil lors d'un conférence de presse le 29 février. "Au niveau européen, il y a des tournants à prendre, comme au niveau français. [...] La dérégulation et l'ultra-libéralisme amènent chacun à faire n'importe quoi", estime-t-il. Il souhaite que la venue de Phil Hogan soit l'occasion d'une prise de conscience de la part de la Commission, car il suffit que "Phil Hogan obtienne la majorité à la Commission" pour faire valider des décisions "alors que Stéphane Le Foll a besoin de l'unanimité". Le 29 février bon nombre de professionnels s'interrogeaient quant à d'éventuelles actions de la part des producteurs, dans un salon déjà très crispé par des actions musclées de la part de ces derniers face aux politiques.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Agriculteur de l'Aisne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Agriculteur de l'Aisne
La couverture du journal L'Agriculteur de l'Aisne n°1846 | novembre 2018

Dernier numéro
N° 1846 | novembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui