L'Agriculteur de l'Aisne 28 mars 2011 à 14h40 | Par François Dumoulin

Orge de printemps en protection intégrée

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En système intégré dans une optique de réduction d’usage des produits phytosanitaires, une culture comme l’orge de printemps présente plusieurs avantages :
- sa culture nécessite moins d’intrants que le blé d’hiver surtout en blé sur blé,
- son introduction dans une rotation très hivernale permet de casser le cycle de nombreux adventices et en particulier du vulpin.

Date de semis
Après un hiver comme celui que nous avons eu les conditions de semis sont généralement bonnes pour semer à condition de ne pas se précipiter. En Picardie la date de semis optimale se situe souvent autour du 15 février même si c’est toujours un pari sur les conditions climatiques à venir. En PI les semis précoces permettent de limiter le risque pucerons vecteurs de la JNO. Du coup ils évitent la systématisation d’une protection insecticide au semis (type Gaucho) sur ce ravageur et cela sans trop favoriser le risque maladies – verse comme en blé. Donc  orge de printemps en PI : semer tôt (en bonnes conditions !).

Densité ajustée
En conduite raisonnée on conseille 250 grains par m2 au 10 février en limons à majorer de 3 grains par jour jusqu’au 15 mars. En conduite intégrée on réduit de 15 % et non de 30 % comme en blé.

Variétés adaptées
La variété de référence en PI est actuellement Pewter (préférée des malteurs) avec un niveau de rendement un  peu inférieur à Sébastian.
Sunshine (en observation) est du même niveau de productivité que Sébastian et Zepplin (validation) très rustique également et même plus productive que Sébastian. Mais le choix variétal est bien sûr contraint par le choix du malteur. Si la nécessité d’avoir des lots homogènes justifie cette contrainte, il est en revanche regrettable que les malteurs ne soient pas plus sensibilisés aux conséquences agronomiques de leurs choix. L’agriculteur ne peut pas en effet être entre le marteau du citoyen et l’enclume du consommateur dont les besoins et envies sont sensés être satisfaits par les produits de l’industrie agroalimentaire.

Traitement de semence
Sur les semis de février le risque puceron est très faible. Les plantes seront suffisamment développées lors des possibles premiers vols. Comme on sème après le dégel et donc la sortie des larves de mouches grises, le risque est marginal également. La faculté germinative est en général très bonne et les pertes par fonte de semis sont quasiment nulles. Le traitement de semence est donc souvent objectivement peu utile.

1er apport d’azote à une feuille
Techniquement attendez le stade 1 feuille pour le 1er apport, l’efficience sera meilleure qu’au semis, Pour des semis de première quinzaine de février ne pas apporter plus de 1/3 de la dose totale au stade 1 feuille. Apporter maximum 2/3 de la dose totale pour les semis de deuxième décade, et mettre la dose totale entre le semis et 1 feuille pour les implantations de mars.
En PI diminuer la dose totale de 10 à 15 unités.

2ème apport courant tallage
Au stade plein tallage on solde la dose bilan sans attendre le début montaison. En effet le cycle est très court, les besoins instantanés très importants en montaison, et on ne peut se permettre une carence même très temporaire liée à un déficit pluviométrique. Pour la même raison on ne prévoit pas de 3ème apport. C’est envisageable dans certaines régions en système irrigué qui garantit l’action rapide d’un 3eme apport mais dans nos systèmes de culture en sec on ne peut se permettre ce pari.  

Désherbage mécanique
S’il y a une culture où le désherbage mécanique procure de très bons résultats, c’est bien l’orge de printemps. Les plus expérimentés en la matière adaptent en fonction de l’année mais pour ceux qui veulent essayer on préconise généralement d’intervenir dès le stade une feuille bien déployée avec la picoteuse (houe rotative)et en prélevée dès que le germe fait 1cm dans le sol avec la herse étrille.
On peut relayer jusqu’à 3 feuilles avec la picoteuse et jusqu’au tallage avec la herse étrille si les conditions s’y prêtent. La vitesse de développement de l’orge et son pouvoir étouffant font le reste y compris sur ray grass. Il restera peut être un rattrapage dicot au cas par cas sur levées tardives. A moins qu’une graminée résistante aux herbicides résiste aussi à une dent, en matière de lutte contre les résistances on ne fait pas mieux !

Fongicide : une base prothioconazole
En gérant bien le choix variétal, densité, azote, les attaques précoces d’oïdium ou de rhynchosporiose au stade 1cm à 1 noeud, ne devraient pas poser de problème. Sinon une demi dose d’un produit type Meltop peu coûteux sera à envisager.
En règle générale on prévoit entre 2 noeuds et dernière feuille une dose modulée d’une spécialité telle que Madison à 0.5 L (produit tout formulé équivalent au pack Joao à 0,4 L + Twist500 à 0,1 L). Cette solution présente un spectre très large. En cas de pression maladie particulièrement faible une assurance rouille naine avec par exemple Opus à 0,5 L juste avant sortie des barbes peut suffire.

Régulateur : pas d’impasse éthéphon
En gérant bien le choix variétal, densité, azote et en cas d’année sèche, fraîche et bien ensoleillée en début montaison, on peut souvent envisager une impasse sur les raccourcisseurs de paille. Par contre on recommande systématiquement l’application à minima de 0,3 L d’Ethéverse ou équivalent juste avant la sortie des barbes afin de limiter le risque de casse de col d’épis. On peut avancer l’application et augmenter la dose si l’on recherche un effet hauteur également.

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