L'Agriculteur de l'Aisne 20 février 2012 à 13h34 | Par Actuagri

Pétition sur les retraites agricoles - «Nous avons recueilli 100 000 signatures»

Une interview de Jean-Paul Bizien, président de la SNAE Jean-Paul Bizien, président de la Section nationale des anciens exploitants de la FNSEA, se félicite du succès de la pétition contre la faiblesse des retraites agricoles qui a recueilli prés de 100 000 signatures. Elle sera remise aux candidats à la présidentielle, le 7 mars.

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- Vous venez de récolter des milliers de signatures pour la pétition des retraites agricoles, que souhaitez-vous en faire désormais ?
Jean-Paul Bizien : Depuis le mois de juin 2011, nos Sections d’anciens exploitants se sont largement mobilisées dans les départements pour faire signer massivement les pétitions. Tout le monde y a participé, y compris les actifs. Aujourd’hui, on a recueilli près de 100 000 signatures. Nous avons décidé de les remettre aux candidats à la présidentielle. Nous donnons rendez-vous à nos délégations départementales d’anciens exploitants à 11h00 le 7 mars prochain avec leurs pétitions chiffrées aux différents quartiers généraux de campagne. Nous lançons un appel aux actifs pour se joindre à nos délégations ! C’est un combat que nous livrons avant tout pour vous, actifs qui seront retraités demain.

- Comment s’inscrit ce débat agricole dans le débat global des retraites en France ?
JPB : Les différents plans d’amélioration des retraites agricoles ont permis de rapprocher les règles de calcul des minima de retraites agricoles de celles du régime général ! On peut s’en féliciter ! Ces avancées ont répondu, en partie seulement, à nos revendications. Pourtant, le niveau des pensions demeure extrêmement faible. N’oublions pas que la moyenne des pensions des retraités agricoles qui ont travaillé une carrière complète est de 680 € par mois ! Cette situation ne peut pas durer ! Nos revendications sont claires : des retraites à carrière complète à 75% du SMIC dès maintenant avec l’objectif d’atteindre 85% du SMIC à carrière complète, l’accès aux mesures de majorations des plus faibles retraites pour tous les non salariés agricoles ayant une carrière complète sans avoir à justifier de 17,5 ans d’activité non salariée, la suppression des minorations en cas de carrière incomplète pour ceux qui n’atteignent pas le niveau du minimum vieillesse, la bonification pour enfants forfaitaire, l’application des 25 meilleurs années et puis, le maintien des services de santé dans nos territoires ruraux. Par ailleurs, le débat sur la prise en charge de la dépendance, une nouvelle fois abandonné par les pouvoirs publics l’année dernière, doit reprendre rapidement ! Alors oui, il y a eu des avancées mais trop peu significatives face à des centaines de milliers de situations encore trop précaires! Les actifs mobilisés

- Votre combat d’aujourd’hui est en fait pour les futurs retraités. Qu’espérez-vous comme soutien des actifs ?
JPB : Nous voulons surtout que les actifs se préoccupent de leur retraite! La situation économique est difficile et nous savons bien que les actifs ont du mal à maintenir leurs exploitations à flot ! Les paiements des cotisations sociales et, d’une façon générale, les sujets sociaux sont souvent relayés au second plan! C’est une erreur et nous voulons attirer leur attention sur cette problématique. L’économie, le social, le fiscal….tout cela est complémentaire ! Nous attendons des actifs qu’ils en prennent conscience et souhaitons qu’ils se joignent à leur délégation départementale et régionale d’anciens exploitants le 7 mars prochain. Ce serait un premier pas car je le répète : par cette pétition et par nos actions en général, nous livrons un combat qui concerne surtout les actifs d’aujourd’hui qui seront retraités demain !

- Votre Congrès annuel aura lieu les 7 et 8 mars prochains à Paris, quels sont les thèmes abordés et qu’en attendez-vous ?
JPB : Nous avons choisi comme thème de notre Congrès, cette année, la transmission et l’installation. Le foncier agricole est un sujet qui nous tient à cœur et qui fait l’objet d’une commission au sein de la SNAE. Les installations régressent partout en France, même dans les régions où habituellement elles se maintenaient à un niveau honorable. L’agriculture fait partie intégrante du tissu économique et d’occupation des territoires ruraux. Ne l’oublions pas ! Malgré la réussite de l’agriculture française du point de vue de sa vitalité exportatrice et commerciale, les effectifs ne cessent de diminuer. C'est la triste réalité ! Sans prétendre renverser tout, nous souhaitons aborder quelques pistes: mieux préparer et contrôler des cessions, redonner confiance aux jeunes désirant s’installer par des formations mieux adaptées, revoir la politique des structures, améliorer l’accès au foncier. Voilà ce qui compte !

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