L'Agriculteur de l'Aisne 22 février 2013 à 16h23 | Par Actuagri

Plats cuisinés - Interbev se prononce en faveur d'un étiquetage volontaire de l'origine

Sans attendre une réglementation européenne sur l'étiquetage d'origine des viandes dans les plats cuisinés, Interbev appellent les entreprises de la filière à mentionner l'origine nationale de la viande sur la base du volontariat.

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A l'issue de la réunion qui a associé, le 21 février, les professionnels de la filière viande et les ministères de tutelle (agriculture, agroalimentaire, consommation) pour améliorer et garantir la traçabilité de la viande dans les produits transformés Dominique Langlois, le président de l'interprofession bétail et viande (Interbev) s'est prononcé sans ambiguïté sur un étiquetage de l'origine nationale de la viande sur la base du volontariat. «Nous souhaitons que le maximum d'entreprises s'y implique pour rassurer le consommateur» a-t-il indiqué à l'issue de la réunion. Pour les professionnels de la viande, comme pour les pouvoirs publics, cette démarche permettra d'anticiper de nouvelles règles d'étiquetage qui ne peuvent être édictées qu'à Bruxelles. Les pouvoirs publics ne pouvant prendre une telle disposition en l'absence de règles communautaires. Or on sait qu'en la matière la Commission européenne n'est pas très pressée. A ce stade, la France n'est parvenue qu'à accélérer la publication d'un rapport de la Commission de Bruxelles sur l'étiquetage d'origine des viandes lors d'une réunion ministérielle mi-février. «La France va pousser pour que la réglementation de l'étiquetage intègre les produits transformés» a indiqué Stéphane Le Foll. Et cela dès le Conseil des ministres de l'Agriculture du 25 février. Il est assuré d'avoir le soutien du Royaume-Uni également concerné par le scandale de la viande de cheval et de l'Allemagne chez qui on a découvert également des fraudes à l'étiquetage. Mais d'autres pays comme les Pays-Bas restent réticents. Charte des contrôlesLes professionnels et les pouvoirs publics se sont également mis d'accord sur un renforcement des contrôles pour éviter qu'une fraude de ce type ne se renouvèle. Ils devraient adopter prochainement une charte anti-fraude susceptible de garantir la qualité des produits grâce à un renforcement des contrôles internes et le développement de certifications par les tiers. A l'ordre du jour également l'amélioration des standards de qualité pour la viande utilisée dans les plats cuisinés, et notamment l'augmentation de la part des protéines par rapport au collagène dans la composition des produits à base de viande. De son coté Benoît Hamon, le ministre de la consommation a confirmé que l'affaire de la filière Findus relevait bel et bien «d'une tromperie économique» et qu'il avait été procédé à un «changement d'étiquette» dans les ateliers de Spanghero. Sans exclure que de telles pratiques n'étaient pas isolées et que d'autres filières pourraient être concernées par la substitution du boeuf par de la viande de cheval. Les enquêtes conduites par la Direction générale de la consommation et de la répression des fraudes devraient confirmer ou infirmer cette assertion.

La feuille de route de l'interprofession
La veille, le 20 février, les Etats généraux de l'interprofession bétail et viande avaient adopté les conclusions des groupes de travail dont l'une des priorités porte sur la nécessité de rassurer les consommateurs. Alors que le scandale de la viande de cheval n'était pas encore apparu, les professionnels de la filière avaient inscrit dans leur feuille de route la mention «de l'origine de la viande quelque soit le mode de préparation», y compris dans les plats cuisinés. Parmi les autres propositions figurent le désir «de redonner de la compétitivité au maillon de l'abattage-découpe», actuellement en difficulté, le développement de l'exportation, l'impérieuse obligation de faire évoluer les réglementations qui plombent les entreprises ainsi que la formation des hommes et des femmes dans la filière. Un volet concerne spécifiquement l'élevage et le développement de la contractualisation «comme outil de sécurisation de la filière, face à une grande volatilité des prix». Message reçu par le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, qui a indiqué qu'il souhaitait rééquilibrer les aides dans la future Pac en faveur des productions animales pour «éviter un transfert de l'élevage vers les productions céréalières». L'occasion de réaffirmer son intention de maintenir le couplage des aides et d'accorder une surprime aux premiers hectares «pour compenser la faiblesse de la productivité du travail et de la rentabilité des capitaux en élevage». Idem sur la contractualisation : «Il faut avoir des démarches contractuelles en prenant en compte l'intérêt des producteurs et les contraintes des transformateurs. Le ministre appuie, soutient cette démarche contractuelle» a insisté le ministre. Même longueur d'ondes sur l'exportation pour laquelle il a proposé la mise en place d'un groupe de travail associant le ministère de l'Agriculture et l'interprofession «pour fixer les priorités et mesurer le potentiel d'exportation». Pour ne pas disperser les efforts.

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