L'Agriculteur de l'Aisne 24 juin 2013 à 16h07 | Par Actuagri

Plus de 10 000 manifestants à Paris - La démonstration de force des éleveurs

Ils étaient plus de 10 000 à arpenter le pavé parisien, le dimanche 23 juin, pour exprimer leurs doléances : prix non rémunérateurs, surcharge administrative et attirer l’opinion publique sur les risques qu’elle court si l’alimentation est livré à la concurrence internationale.

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- © l'agriculteur de l'aisne

Il y avait longtemps que l’on n’avait pas vu des vaches et des brebis sur l’Esplanade des Invalides à Paris. Le 23 juin, plus de 10 000 éleveurs ont défilé dans le calme et la bonne humeur de Montparnasse aux Invalides pour défendre leur métier et leur avenir. En tête trois tracteurs ouvraient la marche suivis par une quinzaine de vaches (Charolaise, Limousine, Salers, Aubrac, Blonde d’Aquitaine, Parthenaise… et quelques chevaux de trait. Derrière, les agriculteurs. Ils étaient nombreux à porter une marinière verte pour signifier que l’agriculture peut participer au redressement productif cher au Gouvernement. Après les actions tout au long de l’hiver et du printemps, la journée de sensibilisation des pouvoirs publics et des élus dans les départements et les régions, le 12 avril dernier, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs avaient appelé à ce rassemblement pour rappeler encore une fois aux pouvoirs publics et à l’opinion publique les difficultés que traversent les éleveurs actuellement. Qu’ils soient producteurs de moutons, de porcs, de lait ou éleveurs de bovins viande, ils souffrent tous des même maux comme le soulignaient un certain nombre de pancartes. «Prix du lait : la grande distribution nous trait» en tête du cortège, «avant j’avais un revenu, mais c’était avant», ou encore, «un élevage qui ferme, c’est sept emplois en moins» «l’agriculture, 2ème employeur de France». Dès le départ les représentants des éleveurs n’ont pas manqué de rappeler l’équation de l’élevage français : l’incapacité à répercuter dans les prix de vente l’augmentation des coûts de production et l’empilement des contraintes administratives qui brime les exploitations au quotidien. Chacun mettant aussi l’accent sur des préoccupations plus spécifiques : la crainte de «l’ensauvagement des territoires» avec l’arrivée des loups, des ours dans les campagnes, pour Serge Préveraud, président de la Fédération nationale ovine, la nécessité d’obtenir des prix rémunérateurs et l’excès de zèle de la France en matière de contraintes environnementales, pour Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine et Thierry Roquefeuil, le président de la Fédération nationale des producteurs de lait. Pierre Chevalier, le président de la Fédération nationale bovine a déploré «la sur-administration» avant d’en appeler à une réforme de la PAC «qui apporte des soutiens différenciés à l’élevage». Quant à Michel Prugue, le président de la Confédération française de l’aviculture, il s’est inquiété de l’arrivée massive de poulets étrangers dans la restauration collective, en raison des distorsions de concurrence dont souffre l’agriculture française.

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Banalisation de l’alimentation
Mais en venant à Paris, les éleveurs voulaient aussi délivrer un message aux Parisiens et à l’opinion publique, celui de l’avenir leur métier. «Dans quel métier accepte-t-on un système qui fait travailler à perte. Ceux qui sont en charge de l’alimentation, sont ceux qui tirent la langue», à cause de la grande distribution qui pressure ses fournisseurs, s’inquiète François Thabuis, le président des JA. Avant d’en appeler à la loi pour rétablir des «négociations équitables». Xavier Beulin, lui, réclame la généralisation de l’étiquetage, «viande de France» dans les grandes surfaces pour contrer les importations déloyales. Surtout quand le différentiel de coût de la France, comparé à l’Espagne ou l’Allemagne est «de 4 à 6 euros par heure travaillée». Avant d’interpeller aussi les autorités publiques «sur la surenchère réglementaire», les installations classées, la directive Nitrates, les bassins d’alimentation de captage, les prédateurs, la taxe transport à venir ou la future fiscalité écologique qui n’annoncent rien de bon pour l’agriculture. Sans oublier les négociations de la PAC et surtout les négociations bilatérales qui s’ouvrent entre l’Union européenne et les Etats Unis, qui pourraient nous amener «du maïs OGM, du poulet au chlore et de la viande aux hormones» dans nos assiettes. Le message sera-t-il entendu par les pouvoirs publics ? En tout cas François Hollande s’est engagé à recevoir le président de la FNSEA accompagné de tous représentants de l’agriculture française : chambres d’Agriculture, Crédit, Coopération et Mutualité, début juillet.

Le soutien de personnalités politiques
Chez elle, en tant que maire du VIIème arrondissement, Rachida Dati est venue apporter son soutien aux éleveurs et saluer le président de la FNSEA. On a vu également Bruno Le Maire sur l’Esplanade des Invalides, le prédécesseur de Stéphane Le Foll qui a conservé une certaine cote chez les paysans. Il est venu «pour soutenir les éleveurs français qui sont menacés de disparition si on ne fait rien aujourd’hui». Nicolas Dupont-Aignan, le patron de Debout la République était également présent ainsi qu’un certain nombre de parlementaires.

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