L'Agriculteur de l'Aisne 21 octobre 2010 à 15h51 | Par Gaetane Trichet

Plus de 200 chercheurs, ingénieurs et techniciens réunis au pôle du Griffon à Laon

Le laboratoire départemental d’analyses et de recherche (LDAR), l’Institut national de recherche agronomique (INRA) et l’institut technique de la betterave (ITB), cohabitent désormais sur le pôle recherche et de développement sur la zone du Griffon tout près de Laon. Retour sur l’inauguration du 8 octobre dernier.

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De gauche à droite : Luc Démazure, président de l'ITB, Alain Reuter, vice-président du Conseil régional de Picardie, Anne Ferreira, vice-présidente du Conseil régional de Picardie chargée du développement économique, de la recherche et de l’innovation, Yves Daudigny, président du Conseil général de l'Aisne et sénateur, Antoine Lefèvre, maire de Laon et sénateur, Marion Guillou, PDG de l’INRA, et Hubert Boizard, directeur de l'unité INRA de Laon, ont inauguré vendredi 8 octobre le Pôle de recherc
De gauche à droite : Luc Démazure, président de l'ITB, Alain Reuter, vice-président du Conseil régional de Picardie, Anne Ferreira, vice-présidente du Conseil régional de Picardie chargée du développement économique, de la recherche et de l’innovation, Yves Daudigny, président du Conseil général de l'Aisne et sénateur, Antoine Lefèvre, maire de Laon et sénateur, Marion Guillou, PDG de l’INRA, et Hubert Boizard, directeur de l'unité INRA de Laon, ont inauguré vendredi 8 octobre le Pôle de recherc - © l'agriculteur de l'aisne

Le pôle de recherche et de développement de la zone du Griffon à Barenton-Bugny regroupe désormais sur le même site les activités du laboratoire départemental d’analyses et de recherche (LDAR), certaines activités de l’unité Agro-Impact de l’INRA et l’Institut technique de la betterave. Ainsi, plus de 200 chercheurs, ingénieurs vétérinaires et techniciens travaillent en synergie dans cinq domaines d’excellence : les cycles du carbone et de l’azote, les impacts environnementaux des systèmes de culture, l’ingénierie environnementale sol-air-eau, la valorisation des produits organiques en agriculture, et la maîtrise des procédés d’épuration des eaux.

Le partenariat, une force indéniable
Les laboratoires ont été malmenés depuis quelques années mais l’Aisne a bâti une vraie politique de défense du LDAR comme le rappelait Yves Daudigny.  «Nous avons choisi de l’armer pour qu’il puisse résister à la concurrence. Il fallait à la fois qu’il soit compétent d’un point de vue humain, avec du matériel performant et des prix compétitifs. Notre politique a deux objectifs : sauver l’emploi sur le département mais aussi constituer ici l’embryon d’un pôle de recherche et de technologie, un pôle basé sur le partenariat».
Partenariat. C’est un mot qui est revenu à de nombreuses reprises au cours de la journée d’inauguration. «Le LDAR et l’INRA travaillaient déjà ensemble. Ils sont ainsi aujourd’hui réunis au pôle du Griffon. Jean Boiffin, ancien directeur de l’INRA, qualifiait l’Aisne de transect. C’est un concentré représentatif de l’agriculture du bassin parisien, voire de l’agriculture française, du fait de la diversité des milieux et des systèmes de production», soulignait Marion Guillou. «Ce transect est aussi un creuset d’agronomes, venant du monde agricole, venant du monde de la recherche et qui, ensemble, ont contribué à faire de l’Aisne un département exemplaire de l’agriculture française. C’est ici par exemple qu’a été conçue  et initiée la démarche de cartographie des sols qui désormais s’étend à l’ensemble du territoire français. C’est ici qu’a été conçue la méthode prévisionnelle des bilans azotés, c’est ici aussi que s’est développé le concept d’Agrotransfert» annonçait-elle fièrement, sans oublier le logiciel Azofert, outil d’aide à la décision issu lui aussi, d’un partenariat étroit axonais et utilisé par plus de 15 000 agriculteurs sur 50 000 parcelles en France.

- © l'agriculteur de l'aisne

Les betteraviers impliqués
Luc Démazure s’est félicité de la collaboration qui existe entre les différents services. «Cette installation du pôle de recherche et développement à Laon est à la fois une continuité de l’histoire, un renforcement des liens existants et un espoir pour les jeunes générations et les futures générations. Une continuité de l’histoire car c’est bien le maintien de l’INRA de Laon et de la station agronomique auxquels nous, agriculteurs de l’Aisne, tenons si fort tant il ont permis d’accompagner le développement de notre agriculture et de notre agrobusiness» a déclaré le président de l’ITB soulignant l’appui sans faille de la Chambre d’agriculture. «Cette recherche de complémentarité et de consensus est une grande tradition pour le monde agricole de l’Aisne». Il est revenu sur le logiciel Azofert et sur l’importance pour la filière betteravière de continuer le développement de la production, en particulier avec de nouveaux projets comme Cantia pour mieux gérer les intrants en valorisant des données parcellaires plus précises, le projet saccharose en partenariat avec Téréos qui vise à analyser l’impact de l’utilisation d’Azofert sur le niveau de teneur en sucre des betteraves…

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Une réussite qui s’exporte
L’unité Agro-Impact est sollicitée bien au-delà de la région Picardie. Des partenariats se nouent avec la Belgique pour des travaux autour de l’azote et l’impact de l’agriculture sur la qualité de l’eau. «L’ambition de l’INRA aujourd’hui est de poursuivre cette dynamique de partenariat à travers des ancrages locaux tout en développant des actions sur la scène internationale et à l’échelle de la planète» expliquait Marion Guillou, faisant également un clin d’oeil au pôle IAR (industries agro-ressources), un autre des partenaires de l’INRA. «Répondre aux problèmes de la société du 21ème siècle, intégrer les problématiques agricoles et environnementales ou encore satisfaire les besoins de production d’énergie… nos équipes sont mobilisées pour relever ces défis à différentes échelles et au service d’une agriculture efficace. Ce bâtiment au pôle du Griffon symbolise l’activité conjointe de la recherche, du développement, des agriculteurs et de l’intérêt de la société» a conclu Marion Guillou.

Du concept à la mise en oeuvre sur le terrain
L’unité de l’INRA à Laon est spécialisée dans l’étude des cycles azote et carbone et de la matière organique dans les sols. Au fil des années, les demandes ont évolué, incluant désormais la recherche sur les impacts environnementaux liés aux pratiques culturales : teneur en nitrates dans l’eau, gaz à effet de serre (CO2, N2O...) et dynamique de stockage du carbone dans les sols. L’unité étudie ces impacts sur le court et long termes grâce à des dispositifs expérimentaux de plein champ, qui comportent par exemple des procédés de mesure des émissions de gaz à effet de serre. Ces derniers permettent d’évaluer et modéliser les bilans de systèmes de culture à vocation alimentaire ou non alimentaire (miscanthus, switchgrass, fétuque, luzerne…).
L’unité Agro-Impact est la cheville ouvrière du partenariat historique de l’INRA avec le LDAR et d’autres partenaires de recherche et développement implantés en Picardie, pour la mise au point d’outils d’aide à la décision destinés à optimiser la fertilisation azotée et gérer la matière organique des sols. «Notre travail est d’imaginer la diversification des activités agricoles, envisager des systèmes agricoles à la fois productifs et respectueux de l’eau et des bilans gaz à effet de serre. C’est tout simplement de l’agriculture de précision et le respect de l’environnement par une agriculture productive et responsable des ressources naturelles» rappelait la PDG de l’INRA. Et d’aller plus loin : «en cette période de renégociation de la PAC, nous estimons que les pratiques destinées à stocker le carbone doivent être prises en compte. L’agriculture et la sylviculture sont des capteurs nets. Leurs pratiques ont besoin d’être rémunérées et reconnues comme positives vis-à-vis de l’environnement et de la société».
L’INRA reste le principal coordonnateur des programmes sur le stockage des gaz à effet de serre au niveau agricole en France. «Notre coeur de métier c’est agriculture environnement alimentation. Alors oui, améliorer les processus agricoles pour rester compétitifs en respectant les ressources naturelles, c’est vraiment notre objectif».

Le pôle de recherche et développementen chiffres

Sur le site du Griffon, le LDAR dispose de 3 300 m2 utiles. Les techniciens et ingénieurs travaillent pour 10 000 clients sur une zone d’activités centrées sur la Picardie et Champagne Ardenne. Le LDAR, dont le chiffre d’affaires atteint 6,5 millions d’euros, traite 200 000 échantillons par an dont 100 000 sont destinés à la prophylaxie animale. L’INRA représente 1000 m2 et l’ITB 25 m2. Le Pôle de recherche et de développement du Griffon est cofinancé par l’Europe (FEDER) à hauteur de 4 millions d’euros, par l’Etat (FNADT) pour 1,488 million d’euros, le Conseil régional de Picardie pour 4 millions d’euros et par le Conseil général de l’Aisne (maître d’ouvrage) pour 8,212 millions d’euros.

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