L'Agriculteur de l'Aisne 15 juin 2012 à 15h54 | Par Gaetane Trichet

Point de vue - La betterave possède un fort potentiel environnemental

Compte rendu de la table ronde qui a eu lieu lors de l'assemblée générale du syndicat betteravier de l'Aisne le 7 juin à Samoussy.

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De gauche à droite : Dominique Lebrun, animateur de la table ronde, Bernard Chevassus au Louis, Marc Richard Molard et Olivier Dauger.
De gauche à droite : Dominique Lebrun, animateur de la table ronde, Bernard Chevassus au Louis, Marc Richard Molard et Olivier Dauger. - © l'agriculteur de l'aisne
Erosion de la biodiversité plus marquée dans les zones agricoles, mise en avant des services de la biodiversité en termes d'épuration d'eau, de régulateur de climat, de développement d'insectes pollinisateurs, maintien et développement de la biodiversité sur tout le territoire, cohabitation entre activités humaines et préservation de la nature,... C'est certain, on va désormais vers une agriculture plus environnementale. Face à ce constat, comment la betterave peut-elle répondre au verdissement de la PAC ? Telle était la question à laquelle ont répondu Bernard Chevassus au Louis, ancien directeur de l'INRA, Marc Richard Molard, de l'ITB et Olivier Dauger, président de l'USAA. Culture de diversification des assolements, plante de rupture des cycles des parasites, maladies et mauvaises herbes, gains de rendements confirmés et rapides (+ 30 % de sucre par hectare en 20 ans) conciliant réduction de l'utilisation des produits de protection des plantes... la betterave engrange les atouts en matière d'environnement. Et ce n'est pas tout. «Les quantités d'azote apportées ont nettement diminué depuis plusieurs années, grâce à une meilleure prise en compte de l'ensemble des éléments du bilan. La consommation d'énergie fossile s'est réduite» a expliqué Marc Richard Molard, rappelant que  pour un hectare de betteraves le rapport est de 9 sur 1 et que pour produire du bioéthanol, la betterave est trois fois plus efficace. Actuellement, l'ITB et Arvalis Institut du Végétal travaillent sur le protoxyde d'azote et le rôle de la betterave par rapport à ce gaz à effet de serre. «Un seul bémol est toutefois à noter : l'inquiétude vis-à-vis des machines de récolte qui sont de plus en plus grosses et qui peuvent être une menace pour la structure des sols notamment au niveau des tassements». Pour le directeur de l'ITB, il reste encore des actions à mettre en place car il existe des marges de manoeuvres face à possibilité de la betterave en matière environnementale.
Pour Olivier Dauger, le verdissement est une manière de justifier le budget agricole. «L'avantage de l'Aisne c'est sa forte concentration de cultures de betteraves», a-t-il annoncé, remarquant que d'autres productions ont aussi du potentiel environnemental comme les légumes par exemple. "On a la chance d'avoir des cultures différentes et des assolements relativement longs par rapport à d'autres départements. Une des réponses à la problématique de l'eau, des IFT... vient en partie de ces assolements». Le président de l'USAA est confiant. Il sait que les agriculteurs s'adaptent mais il faut qu'ils soient aidés financièrement, techniquement et il assure que la recherche doit aussi être présente dans cet enjeu.
L'ITB souhaite aller bien au-delà en mettant au point des betteraves résistantes au froid que l'on pourrait semer plus tôt et récolter plus tard. C'est tout l'objet du programme Aker, sur lequel l'Institut fonde beaucoup d'espoir. «Il s'agit d'aller identifier dans des betteraves sauvages, des gènes non encore exploités et de sélectionner ceux qui nous intéressent avec les nouveaux outils du génie génétique. Nous avons un budget de 18,5 millions d'euros et 8 ans pour être efficace. D'ici 6 ans, 2200 variétés seront été étudiées et certaines pourraient être inscrites», a résumé Marc Richard-Molard. «La sélection génomique va se développer rapidement. C'est un outil d'une puissance extraordinaire» a souligné Bernard Chevassus au Louis, rappelant qu'il s'agit également de partager les connaissances avec des gens de bonne volonté... A cela, Olivier Dauger a regretté la perte par les concitoyens, de la réalité agricole. «Il faut retrouver des liens car certains ne savent pas que l'azote est la nourriture des plantes».
«Les agriculteurs gèrent une partie importante du territoire. L'environnement est donc bien un eneju qui s'adresse à vous. Vous avez à relever ce défi non seulement de la conservation de ce capital naturel, mais aussi à son développement.  N'oubliez pas que la PAC va se faire sur un principe de codécisions entre les états et le Parlement européen et que la plupart des organisations écologiques ont pris le pari de défendre la PAC à condition effectivement qu'il y ait ces composantes du développement du capital naturel.  C'est une opportunité à bien analyser» a renchéri Bernard Chevassus au Louis insistant sur le fait qu'il faut plutôt parler de globalité de la biodiversité et non de sanctuarisation. «En matière d'environnement, les premiers acteurs sont les agriculteurs et ils le resteront. Il faut qu'ils réaffirment et partagent leurs connaissances». Et que les concitoyens s'y conforment...

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