L'Agriculteur de l'Aisne 11 janvier 2013 à 14h02 | Par Actuagri

Politique agricole - L'APCA affiche un positionnement fort sur la Pac

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Alors que les négociations sur les perspectives financières de l'Europe et sur la réforme de la PAC entrent dans leur dernière ligne droite, l'APCA réaffirme clairement ses positions : maintien du budget, organisation des marchés, rééquilibrage des aides, relance de la production de protéines... «Nous devons éviter les fausses bonnes solutions» a déclaré Guy Vasseur le président de l'Assemblée permanente des chambres d'Agriculture en présentant ses voeux à la presse, le 8 janvier à Paris, à propos de la convergence des aides de la politique agricole commune. En fait, c'est la proposition de Stéphane Le Foll de «supprimer» les 50 premiers hectares qu'il ne trouve pas très pertinente. «Ca ne renvoie pas des aides supplémentaires sur l'élevage laitier, dès qu'on se trouve sur des exploitations de polyculture élevage» observe-t-il, considérant que le ministre s'est un peu trop avancé sur le sujet. Aussi estime-t-il qu'il faudrait plutôt prendre en compte les hectares de surfaces fourragères ou explorer d'autres pistes, comme le recouplage des aides pour l'élevage laitier comme pour l'élevage viande. «Il y a des écarts qui se creusent, il faut qu'ils se réduisent» estime pour sa part Rémi Bailhache, vice-président de l'APCA en charge des affaires économiques. Au vu de l'évolution du revenu agricole en 2012 et de l'aggravation des disparités entre grandes cultures et élevage, l'APCA considère que la future Pac doit contribuer à réduire les disparités en agriculture. Soit par un rééquilibre des aides, certes, mais aussi et surtout grâce à la régulation des marchés. «Plus que le débat sur les aides, c'est l'organisation des marchés qui est essentielle ainsi que l'orientation des productions» plaide pour sa part Guy Vasseur.

Régionalisation limitée
Et d'évoquer la nécessaire réduction du déficit en protéines de l'Europe. S'agissant du pois par exemple, «aucun progrès n'a été réalisé depuis 25 ans en matière de recherche pour développer des résistances aux maladies et augmenter la production». Quant à la proposition du ministre de l'Agriculture d'introduire systématiquement des oléo protéagineux dans les assolements comme le colza, le pois ou la luzerne, elle n'est pas généralisable à toutes les exploitations et à tous les sols, sans soutien spécifique, juge-t-il. L'APCA ne veut pas non plus que les aides du premier pilier de la Pac soient régionalisées, comme le souhaitent les présidents de Conseils régionaux. «Non sur le premier pilier, d'accord sur le deuxième pilier dans un cadre national préétabli» insiste Guy Vasseur également préoccupé par les propositions de Dacian Ciolos sur le verdissement. Le président de l'APCA considère que le critère des 30 % est trop élevé. Il préférerait un taux de 10 à 20 %. Ce qui l'inquiète le plus par contre, «c'est la marche que l'on veut nous faire gravir la première année», en matière de convergence des aides. Mais au-delà des dispositions techniques sur l'application de la réforme, c'est bien le niveau du budget dédié à la Pac qui reste la priorité numéro un. «Il n'y aura pas de bon budget qui soit en diminution». Car la Pac doit assurer la sécurité alimentaire qui «n'est jamais acquise une fois pour toute», gérer des problèmes environnementaux «plus compliqués» et aussi soutenir l'agriculture des pays qui vont adhérer à l'Union, prochainement, comme la Croatie. Notre Dame des Landes : «notre combat n'est pas contre le progrès». Interrogé sur la position de l'APCA sur la création de l'aéroport de Notre Dame des Landes en Loire-Atlantique, Guy Vasseur n'a pas mâché ses mots. «On a jamais vu l'agriculture bloquer le développement économique de notre pays», qu'il s'agisse d'autoroutes, de TGV ou autre. Et de rappeler que les chambres d'Agriculture se battent contre le gaspillage des terres, la juste indemnisation des agriculteurs évincés et leur réinstallation. En revanche, l'opposition à l'aéroport dépasse la défense stricte de l'agriculture et du foncier. «Notre combat est celui de la défense de l'agriculture, non un combat idéologique contre le progrès» a-t-il ajouté. En précisant que sur les 39 agriculteurs évincés par l'aéroport, 30 ont accepté l'indemnisation proposée et qu'il reste donc neuf irréductibles qui refusent toute transaction.

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