L'Agriculteur de l'Aisne 17 février 2011 à 13h51 | Par Gaëtane Trichet

Pouvoir répondre à la demande croissante en haricots de Soissons

Face à la demande, la coopérative du Haricot de Soissons cherche de nouveaux producteurs. Nous avons rencontré Didier Gallian qui s’est lancé dans la production en 2004.

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Didier Gallian
Didier Gallian - © l'agriculteur de l'aisne

Polyculteur à Rozières-sur-Crise, Didier Gaillan est un homme curieux. En 2003, il entend parler d’une réunion organisée par la Chambre d’agriculture de l’Aisne et l’USAA sur le haricot de Soissons et décide de s’y rendre pour découvrir ce qu’est cette production. «A vrai dire, je ne connaissais pas le légume, mais simplement le bonbon» sourit-il. «J’ai trouvé cela original alors j’ai voulu essayer. Si on relance une production c’est qu’il y a sans aucun doute un créneau à prendre. En m’y intéressant du début je pouvais plus facilement accéder à ce nouveau marché».
C’est décidé, il se lance et sème quelques 10 pieds… dans son jardin. «Je ne pouvais pas me résigner à retourner une culture pour mettre du haricot». Finalement, cette production lui plait et l’année suivante en 2005, il laisse dans un de ses champs, une parcelle de 10 ares spécialement réservée aux haricots de Soissons.

Une culture assez facile
M. Roussy, un producteur de la Vallée de l’Ailette, a décidé de relancer la production de ce produit du terroir dans les années 2000. Il a apporté quelques conseils techniques lors de réunions à la trentaine de personnes qui désirait se lancer dans le haricot de Soissons. «En fait, nous sommes tous partis à l’aventure. On fait notre propre expérience avec nos propres essais et on échange entre nous».
De son côté, Didier Gallian a choisi de cultiver les haricots sur filets avec des piquets. Il sème les  haricots en mai et désherbe mécaniquement. «Le 25 septembre, je coupe tous les pieds tout en laissant les tiges accrochées aux filets. Le haricot finit de mûrir naturellement et commencer à sécher». Didier cueille une première fois fin août-début septembre puis une deuxième fin octobre-début novembre. «C’est un produit rustique et très résistant. Il peut rester dans sa gousse assez longtemps».
Viennent ensuite le battage, le séchage pour amener les haricots entre 13 et 17° d’humidité afin qu’il n’y ait aucun problème de conservation. «Je n’ai jamais rencontré de problème de maladies sur cette culture, juste peut-être quelques insectes», explique Didier, soulignant qu’il n’utilise aucun produit phytosanitaire. Une culture facile qui demande un peu d’eau, si possible une terre humifère, du soleil et un peu de chaleur.
Il n’existe pas de mécanisation spécifique à la production de haricots. Très bricoleur, Didier a donc confectionné son propre outillage pour semer, désherber, tasser ou encore sécher. Il a investi dans un micro-tracteur et une fraise, fabriqué un outil à dents sur lequel il a fait un biais qui sert de buttoir pour étouffer l’herbe sur la parcelle. Ou encore récupéré une planteuse à pommes de terre qu’il a adapté aux haricots. «Par exemple, en 2009 pour semer mes 30 ares, il fallait une journée à trois personnes alors qu’en 2010  6 heures ont suffi pour 67 ares».

De 10 ares à 1,30 ha
Parti sur 10 ares à ses débuts, Didier Gallian est passé à 67 ares en 2010 et compte semer en 2011, 1,30 ha. Ses rendements atteignent 3 à 3,5 tonnes en moyenne. «Vous savez, m’agrandir aujourd’hui est quasiment impossible. Alors j’ai trouvé cette production de niche qui offre une très bonne marge à l’hectare. C’est un produit qui tient la route». Cela dit, cette production nécessite de la main-d’oeuvre. «La production de haricots s’adapte à une exploitation polyculture avec ou sans employés. C’est surtout la mise en route de la culture et la récolte qui nécessitent du personnel. Dans mon cas, 50 à 60 % du travail est effectué par de la main-d’oeuvre familiale». Pour Didier Gallian, le haricot de Soissons peut être une diversification intéressante car elle est décalée par rapport au travail de l’exploitation. «Selon moi, 20 ares maximum sont suffisants pour une première expérience».

- © l'agriculteur de l'aisne

Une demande en hausse constante
La coopérative du Haricot de Soissons a été créée en 2003 et accompagne les producteurs. Elle propose  la production de semences spécifiques, l’assistance, le conseil aux producteurs, la collecte des haricots, le suivi de la qualité, la traçabilité, la promotion et la commercialisation du produit. «Les producteurs amènent leur récolte et par groupe de quatre, la trie à la main. Les haricots de Soissons sont ensuite emballés en cartons de 5 kg».
En moyenne, 13 tonnes sont vendues par an à des grossistes de Rungis, des GMS (grandes et moyennes surfaces), et des restaurateurs. «Nous avons d’autres clients qui frappent à la porte. Mais aujourd’hui, nous ne pouvons les fournir. C’est pourquoi nous cherchons de nouveaux producteurs» explique Didier, administrateur de la coopérative depuis 4 ans. «Aussi nous invitons toutes les personnes intéressées à contacter la coopérative du Haricot de Soissons, ferme de Vauxrains à Vaudesson».

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