L'Agriculteur de l'Aisne 01 juin 2012 à 15h00 | Par Actuagri

Première décision de Stéphane Le Foll - Le Cruiser sur colza interdit

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Le ministre de l’Agriculture a décidé d’interdire l’utilisation du Cruiser pour le traitement des semences de colza en raison de ses effets délétères sur le comportement des abeilles qui ne retrouvent pas la ruche. «J’envisage de retirer l’autorisation de mise en marché du Cruiser OSR, utilisée pour l’enrobage des semences de colza» a déclaré le nouveau ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll.
En fait, il ne s’agit que d’une question de jours, une fois que Syngenta, l’entreprise qui produit l’insecticide aura communiqué ses observations, au terme d’une procédure contradictoire réglementaire de quinze jours. Pour justifier sa décision, le ministre s’appuie sur l’avis de l’Agence nationale de la sécurité de l’alimentation, de l’environnement (Anses) commandée par son prédécesseur qui confirme l’analyse de l’Inra publiée, il y a quelques mois. Cette étude parue dans la revue Science, le 29 mars 2012, met en évidence le rôle de l’insecticide Cruiser OSR dans le déclin des colonies d’abeilles. Celui-ci perturberait leur orientation et leur capacité à retrouver la ruche.
Plus précisément, l’Anses reconnaît l’effet néfaste d’une dose sublétale de thiamethoxam (l’une des molécules actives du Cruiser) sur le retour à la ruche des abeilles. Mais indique aussi que l’exposition des abeilles au thiamethoxam dans la nature est inférieure à la dose utilisée dans l’expérience. Même si cette exposition ne peut être totalement exclue dans des circonstances particulières. En outre les méthodologies d’évaluation actuelles ne permettent pas de mesurer complètement ce type d’effet en particulier lorsque la plante traitée est une plante nectarifère.
Quant aux recommandations, l’Anses conseille aux pouvoirs publics de poursuivre les expérimentations et d’engager au niveau européen une réévaluation des substances actives présentes dans le Cruiser. Sans préconiser explicitement le retrait de l’insecticide. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) parvient à des conclusions plus nuancées, à savoir que «les concentrations de pesticides ayant été testées dans les études publiées sont plus élevées que les plus hauts niveaux enregistrés de résidus de néonicotinoïdes thiamethoxam, clothianidine et imidaclopride présents dans le nectar». Et de proposer la réalisation d’autres expériences «avant de tirer les conclusions définitives sur les effets des néonicotinoïdes (ndlr : le thiamethoxam notamment) sur le comportement des abeilles butineuses et des colonies d’abeilles sur la base de doses effectives». En France, le ministre de l’Agriculture a également décidé de saisir la Commission européenne. Pour lui demander de réexaminer les conditions d’approbation de la substance active pour son utilisation en traitement de semences de colza. En espérant la convaincre d’aller dans le même sens que la France.

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