L'Agriculteur de l'Aisne 25 janvier 2011 à 16h15 | Par Actuagri

Présidence française du G20 - La régulation des matières premières agricoles au menu

Nicolas Sarkozy a inscrit la régulation du marché des matières premières agricoles au premier rang de ses préoccupations, pour la présidence française du G20.

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Le président de la République avait évoqué le sujet à plusieurs reprises. Mais lors de sa conférence de presse de lancement de sa présidence du G8 et du G20, il en en fait l’une de ses trois priorités. La régulation des marchés des matières premières agricoles est inscrite en haut de l’agenda de Nicolas Sarkozy, avant la réforme du système monétaire international, le développement et l’amélioration de la gouvernance mondiale.
L’envolée actuelle des prix des matières premières agricoles risque non seulement de déclencher des émeutes de la faim comme en 2008 dans le monde, mais aussi mettre en péril l’élevage en France et en Europe. Le président de la République est tout à fait conscient que les choses ne peuvent rester en l’état et lors de son entrevue avec le président de la FNSEA, Xavier Beulin, le 13 janvier le sujet a été évoqué. Le président de la République s’est d’ailleurs engagé à participer au grand rassemblement que la FNSEA organise avec plusieurs dizaines de délégations d’agriculteurs du monde entier sur ce thème au mois de mai prochain.
Nicolas Sarkozy veut promouvoir une plus grande transparence des marchés physiques. Car la spéculation se nourrit de l’opacité des informations. Le projet serait d’organiser sous l’égide de la FAO une meilleure connaissance des volumes des récoltes et de la consommation. Et surtout des stocks. «Nous allons proposer la création d’une base de données commune comme celle dont nous disposons sur le pétrole afin de prévenir les crises alimentaires», a-t-il indiqué. Même si certains pays comme le Brésil ou l’Inde, n’y sont pas favorables. Du moins pour le moment. Le président ne serait pas hostile à la constitution de stocks de sécurité pour éviter des ruptures d’approvisionnement et maîtriser l’envolée des prix, notamment pour les pays en développement. Il a d’ailleurs confié au patron de la Russie, Dmitri Medvelev, la présidence d’un groupe de travail sur la régulation des marchés des matières premières pour lutter contre la volatilité des prix. Et à un expert des marchés, Pierre Jacquet, économiste en chef de l’Agence française de développement (AFD) une mission sur la mise en place pour les pays les plus pauvres «de nouveaux instruments financiers d’assurance» pour les protéger des hausses de prix ou des événements affectant les récoltes.

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Diagnostic non partagé
En effet, Nicolas Sarkozy veut également aller plus loin en limitant l’influence des marchés financiers qui alimentent la spéculation sur les marchés physiques. Son idée serait de plafonner les positions d’un seul intervenant ou d’introduire des dépôts de garantie obligatoires. Enfin l’Elysée serait favorable à l’organisation d’un dialogue entre les pays exportateurs et importateurs, pour éviter des décisions unilatérales, telles que celle de la Russie qui a décidé un embargo sur les exportations de céréales, il y a six mois.
Il n’en reste pas moins que le diagnostic du président n’est pas partagé par tout le monde. La Commission de Bruxelles doit adopter un document qui minimise l’influence de la spéculation sur les marchés physiques. «Il n’y a pas de preuve concluante de causalité entre l’activité sur les marchés des produits dérivés et la volatilité accrue et les hausses de prix sur les marchés physiques sous-jacents» indique-t-elle dans son rapport. Une analyse qui a provoqué une vive réaction de Bruno Le Maire : «Il est évident qu’à l’origine de la volatilité des prix agricoles, il y a une réalité physique, mais il me paraît évident ou alors on ne vit dans le même monde que la Commission, que cette volatilité est accrue par la spéculation financière». Avant d’ajouter que les Etats-Unis s’étaient déjà doté de mécanismes visant à encadrer le fonctionnement des marchés à terme pour éviter la spéculation et qu’il ne souhaitait pas que «l’Union européenne se montre plus libérale que les Etats-Unis».

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