L'Agriculteur de l'Aisne 18 mai 2010 à 14h13 | Par Etienne Falentin

Quel intérêt à produire du boeuf laitier ?

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Herbe – lait - bœufs : une logique de production 

Dans un contexte de restructuration laitière, bon nombre d'élevages se sont agrandis avec globalement une augmentation du niveau de production et une surface en herbe supplémentaire souvent éloignées des corps de ferme.

 Le découplage de la Prime Spéciale Bovin Mâle (PSBM) en 2006 et de la Prime à l'Abattage (PAB) en 2010 a remis en cause l’intérêt de cette production. Les prix des matières premières ont fortement augmenté, notamment la complémentation azotée. A l'inverse, le prix des veaux de 8 jours et les surfaces en herbe à valoriser  incitent à garder les animaux sur l'exploitation.

L’HERBE : d’abord pour le troupeau laitier.

Avant de se poser la question de la production de bœufs, il faut déjà valoriser au mieux le pâturage des vaches laitières. Est-il possible de réaliser des stocks d'herbe ? L'augmentation de la part d'herbe notamment sous forme d'ensilage jusqu'à 1/3 de la ration de base des laitières peut s'envisager sans pénalisation des performances dans les rations hivernales. C’est aussi un moyen de diminuer le coût de concentré et les surfaces en maïs.
Pour des génisses en vêlage à 36 mois, il est intéressant d'envisager des schémas alimentaires basés sur l’utilisation de l’herbe et préserver ainsi les récoltes de maïs aux animaux plus productifs (vaches laitières ou animaux en finition).

Lait + boeufs : une synergie gagnante pour un marché demandeur
Pour valoriser les surfaces en herbe excédentaires à la production laitière, deux solutions existent : créer un troupeau de vaches allaitantes ou jouer la facilité avec la production de boeufs laitiers. Aussi, garder ses veaux pour produire des boeufs en substitution de la diminution des vaches laitières intéresse la filière. La consommation de viande hachée représente maintenant 40 % de la viande consommée.
Cette production peu exigeante en main-d'oeuvre et en bâtiments s'intègre bien dans la plupart des exploitations. De conduite souple, les boeufs peuvent être menés avec les génisses jusqu'au début de la période de finition, au pâturage comme en stabulation.
Les cours de cette production s’étalonnent sur le prix de la vache de réforme, entraînant des prix peu valorisants vis à vis de la longueur du cycle de ce type d’animaux. Il faut donc rechercher un coût de production économe en limitant le coût alimentaire hivernal avec l’utilisation de la récolte des excédents de printemps et en jouant sur une croissance compensatrice au pâturage.

Des marges très variables selon les conduites envisagées
Le réseau d'élevages Viande Bovine Nord-Picardie a comparé les marges brutes obtenues pour des productions de boeufs Prim'Holstein selon différents modes de conduite : période de naissance (août ou octobre), âge à l'abattage et poids de carcasse adaptés (de 25 à 36 mois), alimentation à base de maïs ou d'herbe (foin ou ensilage), finition au pâturage ou à l'auge suivant la disponibilité en fourrages de l'exploitation.

Le calcul de la marge prend en compte le rachat du veau de 8 jours à l'atelier lait, les coûts sur les surfaces fourragères y compris les frais de récolte eat la perte de marge lors de la réalisation de maïs ensilage, les charges alimentaires dès la phase lactée, les frais vétérinaires et d'élevage, 5 % de perte d'animaux et les frais financiers engagés pour les charges d'élevage engagées.

Pour tout renseignement complémentaire sur le détail de l'étude, les itinéraires techniques et les hypothèses économiques retenues…, vous pouvez contacter le conseiller viande bovine de votre département.

Les principaux résultats sont regroupés dans les 2 tableaux en pièce jointe.


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