L'Agriculteur de l'Aisne 16 septembre 2019 à 14h00 | Par Jean-Yves Bricout, président de l'USAA

Qui dit mieux !

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Depuis quelques semaines, nous assistons en France (fort heureusement, pas dans l’Aisne) à une inflation d’arrêtés municipaux et départementaux voulant réguler l’utilisation des produits de protection des plantes. Ces arrêtés, bien qu’illégaux, installent un climat délétère et accroissent un peu plus le sentiment de stigmatisation de notre profession.

Ces élus méconnaissent, ainsi, les efforts considérables entrepris par les agriculteurs afin d’améliorer constamment leurs pratiques. Pour preuve, nous sommes en train de travailler à une charte départementale des riverains afin de mieux coexister.

C’est à celui qui annoncera la zone non traitée la plus longue : 1 m, 3 m, 10 m et les enchères montent sans limite : pour l’instant à 150 m. QUI DIT MIEUX ?

Ces élus ont semble-t-il oublié un point essentiel : les champs ne s’approchent pas des maisons, et à bien y regarder, nous, agriculteurs, sommes victimes d’une urbanisation galopante de nos villages depuis 30 ans !

Nous subissons une double peine, car personne n’évoque le préjudice moral de cette jetée en pâture quotidienne par des «bien-pensants» qui assènent des contre-vérités non fondées scientifiquement. Ils instaurent un climat anxiogène permanent. Ils veulent surtout se racheter sur notre dos une virginité environnementale, à bon compte, pour mieux faire oublier les pollutions des villes.

Ils feraient mieux de balayer devant leurs portes !

En fait, à bon compte… car les agriculteurs en paieront le prix !

Dans l’Aisne, pour 1 mètre non cultivé, la surface perdue correspond à 1000 ha !

Une ZNT de 150 mètres entraînerait une perte cumulée sur les 800 communes du département de 150 000 ha soit plus de 30 % de la surface agricole utile, et accessoirement un appauvrissement de 300 millions d’euros ! C’est inconcevable au regard de la situation financière des agriculteurs ! Mais qui va payer ?

Nous aussi, nous pouvons appliquer le principe de précaution, en nous opposant à toute nouvelle emprise foncière,

Nous aussi, nous pouvons appliquer le principe de précaution en retournant à l’envoyeur les dépôts d’ordures sauvages qui polluent nos chemins ruraux et nos champs !

Nous aussi, nous pouvons appliquer le principe de précaution en refusant l’épandage des boues urbaines !

De surcroît, aucun pays européen n’a mis en place de zones non traitées.

Encore une fois, nos collègues européens, mais aussi russes et du continent américain se frottent les mains !

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