L'Agriculteur de l'Aisne 15 septembre 2011 à 14h21 | Par Actuagri

Recensement agricole 2010 - Un quart d’exploitations en moins en 10 ans

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Le recensement agricole de 2010, réalisé tous les dix ans par les services du ministère de l’Agriculture, révèle que, depuis 2000, un quart des exploitations agricoles a disparu. Aujourd’hui, près d’1 million de personnes participent régulièrement au travail des exploitations. C’est moins que l’Allemagne (-36 %) mais un peu plus que l’Italie (-24 %). La France agricole a perdu 26 % de ses exploitations entre 2000 et 2010, selon les résultats du dernier recensement agricole de 2010, dévoilés le 12 septembre au soir par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche. On dénombre aujourd’hui, en France métropolitaine, près de 500 000 exploitations agricoles et près d’1 million de personnes impliquées régulièrement dans leur activité agricole, hors salariat saisonnier. Le nombre de chefs d’exploitation et de coexploitants a, lui, baissé de 21 % en 10 ans ; ils sont aujourd’hui 604 000. Invité à commenter à chaud ces résultats lors du SPACE de Rennes, le 13 septembre, le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a résumé ainsi le nouveau visage agricole français : «il y a moins de paysans, un regroupement des exploitations et le maintien de leur diversité». En 10 ans, la France agricole a connu une forte restructuration de son profil humain et de ses exploitations. En effet, la superficie moyenne des exploitations gagne 13 hectares (ha), atteignant 55 ha en 2010 et même 80 ha pour les moyennes et grandes exploitations. Un quart des exploitations a une surface de moins de 6 ha et un autre quart a une surface de plus de 82 ha. Ces chiffres reflètent le mouvement d’agrandissement des exploitations agricoles à l’œuvre en France, même si la diminution du nombre d’exploitations s’est ralentie par rapport à la décennie 1990-2000 (-3 % par an, contre -3,5 %).

L’élevage recule
Le nombre des petites et moyennes exploitations diminue fortement, quand celui des grandes exploitations se maintient. Le nombre des très grandes exploitations est, lui, en progression. Les petites exploitations, qui constituent en 2010 36 % des exploitations françaises (contre 42 % en 2000), mettent en valeur 7 % seulement de la surface agricole utilisée (SAU) et elles ont quasi toutes conservé un statut individuel (non sociétaire). Les moyennes et grandes exploitations occupent, elles, 93 % de la SAU et 87 % du volume de travail en agriculture. Un actif agricole sur deux travaille dans une grande exploitation. Enfin, le salariat continue de progresser en agriculture : 17 % du travail sur les exploitations est assuré par des salariés permanents, contre 14 % en 2000.La baisse du nombre d’exploitations touche surtout l’élevage et la polyculture-élevage, même si les exploitations françaises demeurent très diverses dans leur taille et leur production. Les petits élevages bovins ont quasiment disparu et le nombre des grands élevages s’est accru. En revanche, le nombre des exploitations de grandes cultures se maintient, progressant même dans le cas des moyennes et grandes exploitations spécialisées en céréales et oléoprotéagineux. Néanmoins, malgré la forte baisse de l’élevage bovin en 10 ans, 30 % des moyennes et grandes exploitations sont encore spécialisées en bovins.

L'agriculture française s’est féminisée davantage ces dix dernières années
L'agriculture française s’est féminisée davantage ces dix dernières années - © l'agriculteur de l'aisne

Plus féminine et mieux formée
Les formes sociétaires en agriculture (EARL, GAEC, etc.) ont fait progresser le nombre de co-exploitants en 10 ans. Elles ont aussi amélioré la prise en compte du statut du conjoint, en particulier des femmes. En effet, l’agriculture française s’est féminisée davantage ces dix dernières années puisque 27 % des chefs d’exploitation et co-exploitants sont aujourd’hui des femmes. Par ailleurs, les agriculteurs sont aujourd’hui mieux formés. Dans les moyennes et grandes exploitations, les trois quarts des chefs d’exploitation et co-exploitants de moins de 40 ans ont au moins le baccalauréat. De plus, on dénombre davantage de jeunes agriculteurs en zone d’élevage qu’en zone de grandes cultures. A partir du mois d’octobre et tout au long de l’année 2012, des études et données spécifiques par thématique (cultures, élevage, travail agricole, formation, circuits courts, etc.) et par région, dans le cadre de ce recensement agricole 2010, seront progressivement diffusées.

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