L'Agriculteur de l'Aisne 27 janvier 2012 à 14h01 | Par Gaetane Trichet

Recherche - innovation - Vers une évolution de l’agriculture avec la science et l’innovation

La science, les innovations et l’évolution des pratiques culturales devraient permettre aux agriculteurs de répondre aux enjeux sociétaux, environnementaux et économiques.

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Franck Wiacek
Franck Wiacek - © l'agriculteur de l'aisne
S’appuyer sur les instituts de recherche
Face à la nouvelle PAC, au changement climatique, au renforcement des réglementations environnementales, à l’augmentation du prix du pétrole, et à l’obligation de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires, Arvalis Institut du Végétal travaille pour que les exploitations françaises restent compétitives dans un tel contexte.  La France, premier pays en termes de surface arable en Europe, a des atouts : sur des exploitations moyennes de 160 ha, le rendement atteint 9 tonnes/ha. C’est la plus forte productivité comparée à l’Ukraine où, sur des exploitations de 1200 ha les rendements atteignent 4,1 t/ha, l’Australie 3500 ha pour 2,5 t/ha, l’Argentine 2800 ha pour 3,8 t/ha ou encore les USA avec 900 ha pour 2,8 t/ha. «Nous sommes est un des leaders incontestés grâce au potentiel sol-climat. Notre facteur de compétitivité c’est le rendement qui place la France au rang de  2ème exportateur mondial de blé avec un indice de régularité très supérieure aux autres pays et nous sommes 5ème producteur toutes céréales confondues» a assuré Franck Wiacek. Pour Arvalis, pas de doute, répondre aux attentes sociétales passera par la génétique et les biotechnologies, par la protection des cultures, un retour à l’agronomie, une refonte des systèmes de production pour produire plus, bien, avec moins d’intrants et d’eau.
Farmstar, l’autoguidage assisté par GPS, les nouveaux matériels… sont des innovations qui ont permis aux agriculteurs d’améliorer leurs techniques culturales depuis quelques années. L’institut poursuit ses recherches et a lancé avec différents partenaires, Phénoblé 2010-2014, un programme de recherche de mise au point et de valorisation d’outils de phénotypage nouvelle génération pour l’analyse des déterminants génétiques de l’efficacité d’utilisation des engrais azotés chez le blé tendre. «Nous allons comparer ces méthodes aux méthodes classiques (prélèvements pour estimer la biomasse et les teneurs en azote…), calibrer ces méthodes pour de grande séries variétales et réaliser des études de génétiques sur les variétés». Un autre programme de recherche sur la protection des cultures face aux maladies est également en cours. «La clé de la réussite pour une agriculture efficace, compétitive et durable passera par l’addition de l’agronomie, de la génétique, des nouvelles molécules, le tout appuyé par des technologies d’informations et de communication vers les agriculteurs plus poussées».
Thomas Poissonnet
Thomas Poissonnet - © l'agriculteur de l'aisne
Il existe des gains de productivité en blé tendre
Thomas Poissonnet, de Syngenta, a  détaillé les travaux de recherche sur la protection des semences. «Le blé est stratégique pour les exploitations mais il n’atteint pas son potentiel car la recherche n’a pas été poussée. Il existe donc des gains de productivité sur cette céréale». Syngenta s’intéresse de près aux mycotoxines liées à la fusariose. «Nous travaillons sur la variété, l’objectif étant d’identifier la source de résistance dans le matériel génétique de la plante. Avec l’apport du gène résistant dans des plantes faibles, nous arrivons à de bons résultats. La variété obtenue conserve les caractéristiques identiques à la lignée d’origine, la tolérance à la fusariose en plus». La technologie biomoléculaire avance très vite, selon Thomas Poissonnet qui assure que des variétés adaptées sont en cours d’inscription et seront bientôt sur le marché, d’ici 2013 semble-t-il. «En associant une variété tolérante, le risque mycotoxine est considérablement réduit tout en préservant le potentiel de rendement».
- © l'agriculteur de l'aisne
Vers de la bio-chimie
Bayer a pour ambition de proposer des solutions qui contribue à répondre à trois enjeux majeurs : la santé, l’alimentation, le climat et l’énergie. Avec un investissement 650 millions d’euros par an et 250 chercheurs à Lyon en protection des plantes, Bayer se positionne en développeur de solutions pour une agriculture durable, de la semence à la récolte. La firme travaille sur l’amélioration des plantes (canola, coton, riz, cultures légumières et demain colza et blé), propose des produits phytopharmaceutiques innovants, offre des solutions complémentaires de protection des cultures, ouvre de nouvelles voies de recherche, et accompagne les agriculteurs au changement de pratiques. «Nos produits phytosanitaires sont en constante évolution. Avec de nouvelles familles chimiques, de nouveaux modes d’action, des produits bio-inspirés, nos produits restent efficaces. Ils bénéficient de profils toxicologiques et éco-toxicologiques en constante amélioration». Entre 1950 et 2000, les doses moyennes de produits phyto-pharmaceutiques utilisées à l’hectare ont été divisées par 9 passant en moyenne de 1,3 kg à moins de 150 g/ha.
Bayer a acquis de nouvelles compétences et technologies en génomique, en bio-informatique, en modélisation et traitement des données. Grâce à des technologies pointues, la firme  élargit son champ de recherche en étudiant les relations entre  la plante et son environnement. Ainsi, elle étudie le monde du vivant dans son ensemble (phéromones, les micro-organismes (bactéries, champignons...) antagonistes de bio-agresseurs, et l’intérêt d’extraits d’organismes naturels.
Bayer travaille également sur les stress environnementaux (température, sécheresse,…). Des essais sont réalisés sur le monde du vivant avec des études sur les bio-agresseurs (champignons, ravageurs…), les antagonistes (bactéries…) et leurs effets sur la plante. Ses chercheurs analysent la mise en oeuvre des défenses actives de la plante (perception, signalisation, réaction de défense) face à un facteur de stress (champignon, , sécheresse, UV…),afin de pouvoir sélectionner  des substances stimulateur de la défense naturelle des plantes. Ils s’intéressent aussi aux interactions entre les plantes et les micro-organismes utiles du sol (mycorhizes). Ceci leur permettra de sélectionner des substances agissant comme des signaux dans l’interaction entre les plantes et les micro-organismes du sol. «Nous évaluons les effets bénéfiques sur les performances de la plante. Ces molécules montrent un effet biologique à des doses qui correspondent à des doses d’application de    1 mg/ha». Les moyens engagés par Bayer tiennent compte des contraintes liés à son métier : les critères de sélection en phase avec les exigences réglementaires de plus en plus stricts (Union européenne et France), la mise au point d’innovations de rupture qui nécessitent généralement un laps de temps de 8 à 10 ans, et le développement des solutions qui nécessitent d’acquérir de nouvelles compétences par le réseau Bayer en France. «Dès à présent dans notre gamme de projets pour les 5 ans à venir, des solutions conventionnelles et complémentaires innovantes cohabiteront» a révélé Bernard Ambolet avant de préciser : «nous sommes passés d’une domestication à une agriculture ancestrale puis avec la révolution industrielle et l’exode rural à une agriculture technique pour arriver demain à une agriculture de la connaissance qui répondra  aux enjeux à la fois de compétitivité pour les agriculteurs et de santé et d’environnement».

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