L'Agriculteur de l'Aisne 18 juin 2010 à 18h14 | Par Gaëtane Trichet

Réduction des phytos : pas plus de 15 à 20 % en betteraves, estime l’ITB

L’Institut technique de la betterave intègre les contraintes du plan Ecophyto 2018 dans ses travaux.

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Le plan Ecophyto 2018 a posé le principe d’une réduction de moitié en dix ans des applications de produits phytosanitaires si cela est possible. «Et non, ce n’est pas possible pour la culture de la betterave», estime Marc Richard-Molard, directeur de l’ITB, qui est intervenu sur ce sujet lors de l’assemblée générale du syndicat betteravier le 1er juin 2010 à Samoussy. Le Danemark qui avait tenté le même exercice à la fin des années 80 n’est arrivé qu’à une réduction de 25 % au bout de 20 ans, malgré des incitations fiscales fortes, et en évitant péniblement la baisse de productivité des cultures. «Une réduction supérieure à 15-20 % peut difficilement se faire sans perte de production», a affirmé Marc Richard-Molard, précisant que l’ITB allait travailler sur la faisabilité de cette réduction de l’usage des phytos sans bouleversement des assolements et bien entendu sans remise en cause de la productivité.  Dans la culture betteravière, la plus grande difficulté vient du désherbage, un poste qui en termes d’indice de fréquence des traitements (IFT) pèse lourd. «En l’espace de dix ans, nous avons fait passer de 65% à 35% l’utilisation d’herbicides en pré-levée». C’est davantage raisonné. «Mais on n’a pas constaté de réduction globale des herbicides. La suppression de l’intervention en pré-levée est plus que compensée par les traitements de post-levée. Pourquoi ? Il nous faut l’analyser».  Et de poursuivre, «nous ne savons pas ce qu’est un désherbage raisonné». C’est pourquoi l’ITB a mis en place un réseau pour mesurer les besoins en désherbage (et en insecticides) et pouvoir ensuite élaborer des règles de décision. L’étude se poursuit aussi sur les méthodes alternatives comme le binage mécanique, la localisation ou le faux semis.  Les enquêtes de l’ITB montrent que le poids des fongicides est presque aussi important. Depuis plusieurs années, l’Institut développe auprès des planteurs la méthode consistant à déclencher le traitement sur la base d’indices de pression des maladies du feuillage. Ces indices sont basées sur les observations du réseau Resobet Fongi. «Le but : traiter moins quand c’est possible pour pouvoir traiter plus quand c’est nécessaire».
Marc Richard-Molard estime que l’on doit pouvoir ainsi réduire les fongicides de 15 %. Mais il appelle aussi les sélectionneurs à mettre au point des variétés plus résistantes aux maladies du feuillage, en particulier la cercosporiose.   Gros écarts d’IFT Il existe de gros écarts dans les interventions des betteraviers. En fongicides, les plus économes sont ceux du Nord-Pas-de-Calais car ils ont moins de problèmes de maladies du feuillage. A l’opposé se trouvent les Alsaciens qui doivent utiliser trois fois plus de fongicides à cause des conditions climatiques locales. Mais les écarts sont tout aussi grands au sein d’une même région. En Picardie, pour les herbicides, l’IFT varie du simple au triple. Ce qui pour le directeur de l’ITB est encourageant.  Mais, «l’analyse des techniques des agriculteurs ne donne pas de piste. En fait, nous ne comprenons pas les facteurs déterminants de la pression des herbicides. Il faut y travailler», constate-t-il.  "Une réduction de 15 % des phytos nécessite la mobilisation de tous et le développement généralisé des outils d’aides à la décision. Avec une combinaison des méthodes économes on peut aller jusqu’à 20 % sans bouleversement du système de culture ni perte de production" a conclu Marc Richard-Molard.

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