L'Agriculteur de l'Aisne 10 juillet 2015 à 08h00 | Par Actuagri

Retour à un stock normal de blé tendre, lourdeur persistante du stock de maïs

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © l'agriculteur de l'Aisne

Le Conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer, réuni le 9 juillet, a présenté ses derniers bilans prévisionnels de la campagne 2114/2015. Pour la récolte 2015, en ce début du mois de juillet on constate que la moisson d’orge se passe plutôt dans de bonnes conditions et que le début de moisson de blé tendre est plutôt rassurant même si le pourcentage de blés «bons» à «très bons» s’est érodé depuis un mois sous l’effet de la canicule et du déficit hydrique.La récolte de blé tendre est annoncée à 37,9 Mt, en progression de 1% sur l’an dernier, avec des surfaces en augmentation de 3 % mais un rendement en recul de 1,4 q/ha sur l’an dernier, à 73,4 qx/ha. Si ces chiffres se vérifient, la campagne 2015/2016 disposera dès son début, de ressources théoriques (moisson + stock d’ouverture) au moins égales à celle qui vient de s’achever. Malgré une légère révision en hausse de la collecte (+70 000 t), la prévision de stock de report est diminuée une fois de plus de manière importante : - 320 000 t, à 2,66 Mt. D’inquiétant dans les premiers bilans prévisionnels de la campagne 2014/2015, ce stock est devenu normal. Cette diminution des réserves est essentiellement la conséquence d’un courant d’exportation dont le dynamisme s’est affirmé tout au long de la saison et jusqu’en juin. Les ventes à l’UE frôlent les 7,8 Mt, en hausse de 14 % sur la campagne précédente, tandis que les exportations vers les pays tiers ont été revues en hausse de 300 000 t, à 11,4 Mt. Un résultat inespéré dû en partie au débouché nouveau qu’a ouvert le Sud-Est asiatique (Thaïlande, Bangladesh, Corée du Sud et Philippines), avec 1,3 Mt exportées contre moins de 200 0000 t en 2013/2014. Il s’est surtout agi de blés fourragers, abondant dans les silos français en 2014/2015. En fonction de la qualité de la récolte, les exportateurs français seront peut-être obligés de revoir leurs débouchés, avec notamment la reconquête du marché algérien, alors que l’exceptionnel bilan de nos exportations vers l’Egypte, la dernière saison (2,1 Mt) risque de se réduire au profit de l’origine Mer Noire.Blé dur : Les prix doivent renforcer la repriseLa récolte de blé dur est annoncée à 1,72 Mt, en hausse de 15 % sur l’an dernier. La sole a progressé de 13 % en un an, le rapport de prix entre le blé dur et le blé tendre ayant été suffisamment élevé pour rendre la culture du blé dur suffisamment attractive. Les prix ont atteint, l’hiver dernier, des niveaux exceptionnels explicables par le manque d’offres. Si les cours se sont tassés par la suite, pour des raisons de manque de qualité surtout, ils repartent vigoureusement à la hausse depuis la fin de la campagne (on cote 350 à 370 €, rendu La Pallice). Ce qui devrait encore renforcer l’intérêt des producteurs pour cette culture. Il faut cependant noter que hausse des prix pour les producteurs est d’ores et déjà la conséquence d’une perspective d’offre réduite sur le marché mondial, avec une mauvaise récolte canadienne, des stocks mondiaux au plus bas et un stock de report français inexistant.

Orge : le débouché chinois garanti jusqu’à l’automne ?

La prévision de récolte d’orge porte sur 11,7 Mt, pratiquement le chiffre de l’an dernier, mais avec une baisse des orges de printemps de l’ordre de 10 % sur 2014, avec 2,76 Mt et une progression de 4,6 % des orges d’hiver à 8,95 Mt. La campagne s’achève sur un stock réévalué de quelque 120 000 t par rapport à juin, en raison notamment d’une augmentation de la collecte de 100 000 t. Les prix de l’orge ne se sont pas montrés attractifs pour les fabricants d’aliments du bétail car ils ont été très à la hausse dopés par les exportations vers les pays tiers qui, situation inhabituelle, ont dépassé les ventes à l’UE : 3,65 Mt contre 2,97 Mt. Le chiffre des exportations vers les pays tiers est de 120 % supérieur à celui de la précédente campagne et la Chine a représenté 80 % de ce débouché avec 2,9 Mt (100 000 t en 2013/2014). Il semble que le débouché chinois est assuré jusqu’en octobre/novembre prochain.Le lourd stock de maïs confirméPas plus que le ministère, FranceAgriMer ne se livre à une prévision de récolte de maïs, à ce stade de l’évolution des cultures, mais la surface de maïs grains (hors semences) est confirmée en baisse de 140 000 ha par rapport à l’an dernier, à 1,61 M ha. La saison 2014/2015 s’est achevée sur un stock de report de 3,3 Mt (65 000 t de moins que l’estimation de juin). Il s’avère de 44 % supérieur à celui de 2013/2014 et comme l’un des plus lourds de ces dernières années. La collecte a été revue en hausse de 80 000 t. Les très bonnes ventes à l’UE, révisées en hausse de 160 000 t, à 7,160 Mt (le meilleur résultat de ces dernières campagne et 52 % de mieux qu’en 2013/2014 ) ainsi que le bon courant de livraisons aux fabricants d’aliments du bétail n’ont pas suffi à dégonfler le stock qui pèsera sur le début de la nouvelle campagne.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Agriculteur de l'Aisne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Agriculteur de l'Aisne
La couverture du journal L'Agriculteur de l'Aisne n°1846 | novembre 2018

Dernier numéro
N° 1846 | novembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui