L'Agriculteur de l'Aisne 02 janvier 2013 à 09h11 | Par Actuagri

Retraites agricoles - Les anciens exploitants reçus à l’Elysée

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De gauche à droite 1ère photo : Henri Brichart 2ème Vice-président de la FNSEA, Marie Paule Legay Vice-Présidente de la SNAE, Olivier Dauger Président USA de l’Aisne, Jean Paul Bizien Président de la SNAE, Henri Carton Président de la SDAE de l’Aisne.
De gauche à droite 1ère photo : Henri Brichart 2ème Vice-président de la FNSEA, Marie Paule Legay Vice-Présidente de la SNAE, Olivier Dauger Président USA de l’Aisne, Jean Paul Bizien Président de la SNAE, Henri Carton Président de la SDAE de l’Aisne. - © FNSEA
Conséquence de l’opération «miettes de pain», une délégation de la section nationale des anciens exploitants de la FNSEA conduite par son président, Jean-Paul Bizien, a été reçue à l’Elysée, le 19 octobre, par la conseillère agricole de François Hollande, Valérie Métrich-Hecquet. Le rendez-vous avait été décroché à la suite de l’opération «ne laissez pas que des miettes aux anciens exploitants» qui a provoqué un buzz médiatique. Mi-novembre, la section des anciens exploitants de l’Aisne et son président Henri Carton avait été à l’origine de cette action originale et symbolique. Les retraités avaient envoyé un courrier rempli de miettes de pain au président de la République pour le sensibiliser à la faiblesse des retraites agricoles et lui rappeler ses engagements pendant la campagne électorale. Pas moins de 500 enveloppes sont arrivées à l’Elysée. De quoi susciter quelques inquiétudes en haut lieu ce qui a abouti à la rencontre avec les responsables nationaux. Sur le fond, Jean-Paul Bizien ne cachait pas sa satisfaction de l’issue de l’action syndicale. «Cela nous a donné une tribune pour nous faire entendre» pour rappeler à la conseillère du président de la République, la réalité concrète des retraites agricoles : 715 euros/mois en moyenne pour un ancien chef d’exploitation à l’issue d’une carrière complète et 545 €/mois pour les conjoints et aides familiaux, soit une moyenne de 650 €/mois. Le président a profité de l’occasion pour rappeler les six promesses du candidat Hollande pendant la campagne électorale. Certes l’une d’entre elles, la moins coûteuse a fait l’objet de vote favorable du Parlement pour 2013 dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale : l’octroi de 21 à 23 points supplémentaires de retraite proportionnelle pour les périodes de longue maladie ou d’infirmité grave. Reste cependant les autres dossiers sur lesquels les anciens exploitants n’entendent pas renoncer. Et d’abord l’attribution de la retraite complémentaire obligatoire pour les conjoints et aides familiaux déjà à la retraite. Une promesse dont le coût s’élève à 375 millions d’euros, le chiffrage des engagements de Hollande étant estimé à 650 millions d’euros pour l’ensemble du quinquennat. François Hollande avait alors promis d’utiliser l’érosion naturelle du nombre des retraités agricoles de 3 % par an qui dégage 80 millions d’euros par an pour financer la revalorisation des retraites actuelles. Au cours de l’entrevue, il a été question également de la lutte contre les déserts médicaux et du financement de la dépendance. La plupart des anciens agriculteurs, en raison de la faiblesse de leur retraite ne sont pas en mesure de financer les séjours en maison de retraite, «le reste à charge des familles» étant trop important. La Section nationale des anciens exploitants est prête pour sa part à faire un effort et à accepter une augmentation de la CSG des retraités 6,6 % à 7,5 % au niveau de celle des actifs. Valérie Métrich-Hecquet n’a pas renié les promesses du candidat Hollande, mais elle a surtout insisté sur le fait que le dossier des retraites agricoles serait abordé dans le cadre de la remise à plat des retraites que le Gouvernement entend mettre en œuvre en 2013.

«Merci pour le buzz»

Henri Carton, président de la SDAE de l’Aisne, l’homme par qui l’affaire est arrivée

Quel bilan retenez-vous de votre rencontre à l’Elysée ?
Henri Carton : nous avons été bien reçus. Nous avons été écoutés. J’espère que nous serons entendus. Pour ma part je n’étais pas en terrain inconnu. J’ai eu l’agréable surprise de revoir à l’Elysée Mme Métrich-Hecquet qui a été en poste à la DDA de l’Aisne, il y a une quinzaine d’années et que j’avais reçue sur mon exploitation pour lui expliquer la problématique laitière.

Pourquoi avez-vous lancé cette opération miettes de pain ?
HC : A la SNAE, nous avons été à l’origine d’une pétition au moment de la campagne présidentielle que nous avons remise à tous les candidats. A l’époque le candidat Hollande s’est engagé sur un plan de revalorisation des retraites agricoles. Au moment de la discussion de la loi de Financement de la sécurité sociale, nous avons voulu nous rappeler au bon souvenir du président de la République et lui rappeler ses engagements. Sans imaginer à ce moment là l’emballement médiatique qui a suivi. Je remercie d’ailleurs tous ceux qui ont contribué à la publicité qui nous a été faite.

Avez-vous eu des craintes sur les conséquences judiciaires de votre action ?
HC : Il n’y aura pas de poursuites. D’ailleurs, je ne me suis jamais fait de souci à ce niveau. J’ai été entendu par le Commissariat et les renseignements généraux. A un moment donné l’entourage du président envisageait de déposer une plainte pour «outrage au président de la République», à laquelle ils ont heureusement renoncé. De notre coté nous nous étions bordé sur le plan juridique et nos instances nationales qui nous ont laissés faire, nous ont assuré que nous n’avions rien à craindre. Que je sache, le président Hollande s’est fait élire sur un programme de justice et d’équité.

La FNSEA réclame l’équité des droits
A la suite du rapport du Conseil d’orientation des retraites proposant différentes pistes entre lesquelles le Gouvernement devra trancher pour rétablir l’équilibre des comptes, la FNSEA entend que le dossier des retraites agricoles soit également abordé. «Avant de reculer l’âge de la retraite, augmenter les cotisations ou réduire les pensions de retraite, il est impératif que soit instauré, pour tous les citoyens français, un principe intangible d’équité dans le mode de calcul de la retraite», insiste la centrale syndicale. Notamment en matière de calcul de retraites. En effet, la retraite des agriculteurs est calculée sur l’intégralité de leur carrière, d’autres bénéficient d’un calcul sur les 25 meilleures années et les fonctionnaires sur les six derniers mois.

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