L'Agriculteur de l'Aisne 08 juillet 2011 à 15h14 | Par Agrapresse (ED)

Sécheresse - La pousse de l'herbe, malgré les pluies de juin, reste préoccupante

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- © l'agriculteur de l'aisne

Les pluies de juin ont fait reverdir certaines prairies, mais les animaux à l'herbe ont rapidement consommé ce providentiel «quart d'une pousse normale», selon l'Institut de l'élevage. Pour l'heure, une deuxième coupe de foin est peu envisageable dans une grande partie des régions. Par ailleurs, bon nombre des prairies ont été sur-pâturées. Certaines parcelles habituellement réservées à la fauche ont été également ouvertes aux animaux. La chute de rendement des prairies, au 5 juillet, est très variable d'une région à l'autre, passant de -30 à -70%, selon l'Institut de l'élevage. Pour Agreste, au 4 juillet, «la situation reste préoccupante».
«Malgré quelques pluies sur l'ensemble du pays, la situation reste préoccupante. La pousse de l'herbe du mois de juin est très inférieure à la normale pour la plupart des régions» françaises, observe Agreste le 29 juin dans une note de conjoncture. Au 20 juin, l'indicateur de rendement en fourrage ISOP, calculé sur une période de référence, indique «un déficit fort» pour ce printemps en France. Il passe effectivement au-dessous de 65 % de la valeur de référence. «En altitude, la précocité de la production du printemps a masqué le déficit qui apparaît maintenant au 20 juin», constate Agreste. En juin, la pousse de l'herbe est partout inférieure à la normale. Les pluies durant le mois, assez irrégulières, ont permis «une légère repousse», mais «la situation reste délicate dans la plupart des régions». Un constat partagé par l'Institut de l'élevage dans son dossier Sécheresse, actualisé au 5 juillet : «nulle dans les situations les plus critiques où il n'a pas plu, la pousse de l'herbe n'atteint que le quart d'une pousse normale dans les situations qui ont bénéficié des pluies d'orage à partir de la mi-mai».

Jusqu'à -70% de rendement des prairies

Le printemps 2011 achevé, «pour plus des deux tiers des régions fourragères, les pertes de production peuvent être estimées à plus de 20 % de la production habituelle», selon Agreste. Il observe également que «le taux de réalisation de la production annuelle est très bas», à peine 40 %, soit dix points au-dessous du niveau observé en 2003. L'Institut de l'élevage avance une «fourchette» de rendement «extrêmement large. Elle est souvent comprise entre -10 et -30 % pour les prairies intensives, fertilisées entre la fin février et la mi-mars, et entre -30 et -60 % pour de nombreuses prairies moins intensives, récoltées en foin. Dans certains cas, plus extrêmes, des baisses de rendement de 70% ont été observées». Pour Agreste, «les pertes sont majeures pour une grande partie des prairies des régions Midi-Pyrénées, Aquitaine, Poitou-Charentes, Pays de la Loire, Picardie, Nord-Pas-de-Calais, Champagne-Ardenne et Lorraine. À ce stade de la campagne, la situation est préoccupante puisque la production du printemps représente habituellement entre 60 et 70 % de la production annuelle de fourrage. L'Institut de l'élevage évalue, dans sa lettre de conjoncture de juin, à 15 millions de tonnes, les «pertes dues à la sécheresse sur l'ensemble des prairies françaises au 31 mai. Soit 1 tonne de matières sèches par unité gros bovins (UGB) ! Même si les pluies reprennent, le retard de production des praires permanentes et temporaires n'en sera pas entièrement rattrapé».

Une deuxième coupe peu probable
Pour faire face à la situation, l'Institut de l'élevage constate que «certains éleveurs ont agrandi la surface pâturée au détriment des récoltes de foin. D'autres, en particulier en lait, qui ont privilégié les récoltes précoces, n'ont pas augmenté leur surface de pâture mais ont fait appel aux stocks de maïs qui, au début juin, atteignaient leur niveau habituel de la fin juillet. Dans les cheptels bovins et ovins à viande, la complémentation en pâture s'est progressivement généralisée [...].
Beaucoup de prairies ont été sur-pâturées en mai. Les précipitations de fin mai et début juin ont provoqué un verdissement des parcelles, mais l'herbe a été consommée au fur et à mesure de la pousse qui n'a vraiment été significative qu'à partir de la mi-juin». Une deuxième coupe reste
difficilement envisageable. «Là où les pluies ont été significatives (plus de 50 mm), les rendements des deuxièmes coupes devraient être bons parce que les premières coupes ont été souvent précoces», remarque cependant l'Institut. «Toutefois, le manque de réserves d'herbe sur pied, au pâturage, obligera souvent les éleveurs à pâturer une partie des surfaces prévues pour la fauche. Finalement, les deuxièmes coupes risquent fort de ne compenser que modestement le déficit de début de saison".

Les précipitations se sont rapprochées des normales au mois de juin
Après cinq mois consécutifs de précipitations déficitaires, la pluviométrie en juin est proche des normales, indique la note de climatologie du mois de juillet publiée par le ministère de l'Agriculture. De manière générale, toutes les régions voient leur niveau pluviométrique s'améliorer par rapport aux mois précédents.
Certaines régions restent déficitaires. C'est principalement le cas du Sud-
Ouest et dans une moindre mesure du nord-est de la France. Depuis le 1er mars, les précipitations cumulées sont inférieures aux normales dans
presque toute la métropole et plus particulièrement à l'embouchure de la Garonne et dans la vallée de la Sarthe, soulignent les services du ministère. Pour ce qui est de la température, la moyenne mensuelle en juin a atteint 19 °C soit 1 °C de plus que la normale saisonnière.

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