L'Agriculteur de l'Aisne 10 mai 2013 à 14h24 | Par Actuagri

Sécurité alimentaire - Les stocks de réserve, la solution ?

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Dans un contexte d’envolée des prix des matières premières, la question de la sécurité alimentaire se pose plus que jamais. Comment réguler cette forte volatilité ? Bernard Valluis, économiste, prône la constitution de stocks de réserve. Explications. La France a décidé, en 2011, d’accorder une priorité à la régulation des matières premières agricoles dans le cadre du G20. Suite à cette réunion, des recommandations ont été formulées mais celles-ci ne conviennent pas à l’économiste Bernard Valluis, spécialiste de la question céréalière et président délégué à l’Association nationale de la meunerie française (ANMF). Dans le premier numéro de la collection Point de vue de la fondation Farm, il fait ses recommandations. Selon lui, la majorité des systèmes existants ou préconisés pour assurer la sécurité alimentaire reposent sur la constitution et la gestion de stocks publics nationaux et internationaux. A ce titre, ils en dénombrent plusieurs mais qui ne s’inscrivent pas tous dans une politique de sécurité alimentaire : les stocks stratégiques qui dépendent des dispositifs de défense ; les stocks d’intervention constitués à partir des dispositions de politique agricole; les stocks régulateurs, qui au titre d’une politique nationale ou d’accord internationaux ont pour but d’encadrer les variations de prix ; les stocks d’urgence répondant à des situations de crise et enfin les stocks de réserve qui sont explicitement établis et fixés pour rééquilibrer les emplois ressources lorsque la réduction de la production et/ou une difficulté durable d’importation ont un impact significatif sur les ressources disponibles. C’est ce dernier point que Bernard Valluis a développé lors d’une conférence de presse le 30 avril. Pour lui, la sécurité alimentaire passe par les stocks de réserve. Une initiative qui pourrait ne pas forcément être bien vue par les pays libéraux qui croient plus en « la main invisible » du marché qu’à une régulation par les stocks susceptibles de venir jouer sur les prix. Pour appuyer son propos, Bernard Valluis prend en exemple les stocks pétroliers stratégiques. C’est un procédé qui permet aux pays fortement ou totalement dépendants des importations pour leur approvisionnement en pétrole, de pouvoir faire face à des restrictions voire à l’arrêt des exportations des pays producteurs. Concernant la sécurité alimentaire, Bernard Valluis insiste sur la combinaison entre les politiques publiques et les entreprises privés. Mais reste à trouver le financement de ces stocks. L’économiste propose un mécanisme de portage financier auprès d’institutions financières et de déléguer les opérations logistiques à des opérateurs privés spécialisés ou à des agences publics. Par contre, la maîtrise d’ouvrage resterait dans les mains des politiques publics. Un concept qu’il qualifie de «complexe et original».Pacte de sécurité alimentaire Bernard Valluis va même jusqu’à proposer un «pacte mondial de sécurité alimentaire» d’un ordre supérieur aux principes des législations nationales et des accords internationaux. Il plaide pour la reconnaissance d’un droit universel à la sécurité alimentaire. Ainsi, les populations des Etats qui adopteraient ce pacte pourraient bénéficier de politique de sécurité alimentaire et en particulier de stock de réserve correspondant. Et de citer la bible où il est écrit que pendant sept ans, les paysans mettaient un cinquième de leur récolte de côté pendant les périodes de « vache grasse» pour assurer des denrées pendant les période de «vaches maigres». «Et aujourd’hui, plus que jamais, il faut penser aux vaches maigres !», réagit Bernard Valluis.

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