L'Agriculteur de l'Aisne 18 avril 2011 à 17h47 | Par Gaetane Trichet

Session Chambre d'agriculture de l'Aisne - L’évolution de la zone d’appellation champagne au coeur des débats

Les membres de la Chambre d’agriculture se sont retrouvés en session le 8 avril dernier à Laon autour de leur président Philippe Pinta.

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De gauche à droite : Pierre Bayle, préfet de l'Aisne, Philippe Pinta, Yves Daudigny, président du Conseil général de l'Aisne
De gauche à droite : Pierre Bayle, préfet de l'Aisne, Philippe Pinta, Yves Daudigny, président du Conseil général de l'Aisne - © l'agriculteur de l'aisne

Des dossiers à traiter, la Chambre d’agriculture n’en manque pas. Il est en même certains qui datent comme le projet de plantation de vignes sur le coteau de Chartèves. Et ce n’est pas du goût du président Pinta, ni des viticulteurs de cette zone. Mais de quoi s’agit-il ? Il s'agit d'un coteau de 35,80 hectares en zone AOC champagne que les détenteurs de droits de plantation veulent planter en vigne. Ce dossier a fait l'objet de moultes réunions de concertation et de nombreuses démarches réglementaires. En 1995, pourtant, les viticulteurs avaient accepté d'abandonner près de 9 hectares de terres en AOC pour créer une réserve naturelle volontaire. Les bases du protocole signé par les différentes parties à l’époque pourraient aujourd’hui être remises en cause par la dernière étude d’une longue série. Pierre Bayle, préfet de l’Aisne, s’est étonné que la mise en oeuvre des accords définis dans le protocole ait pris autant d’années. Il compte bien arriver à un compromis entre les différents acteurs. «Le statu quo est inacceptable et remettre en cause le protocole de 1995 l’est tout autant». Aussi une nouvelle réflexion sera engagée pour aboutir à un compromis d’ici la fin du premier semestre 2011. «Nous regardons comment faire évoluer ce périmètre et trouver un équilibre exemplaire entre l’intérêt économique des viticulteurs et l’intérêt écologique. Il faut définir un périmètre pertinent et proposer des mesures compensatoires» a-t-il expliqué. «Je souhaite très vite trouver un consensus».
De son côté, la Chambre d’agriculture se positionne et propose une motion demandant à l'Etat et, pour ce qui le concerne, au Conseil régional de Picardie, de tout mettre en oeuvre pour garantir la stricte application du protocole de 1995 et notamment la mise en exploitation viticole de 75 % de la surface classée et la mise en réserve naturelle volontaire des autres 25 %, de poursuivre la procédure de remembrement en engageant sans délai la phase «enquête publique» et enfin de prendre toute initiative permettant d'accélérer une issue sereine et définitive de ce dossier.
Philippe Fouilliard, directeur de la Chambre d’agriculture, est intervenu sur la révision d’aire d’appellation champagne en se félicitant de la décision du CIVC pour l’entrée des communes de Condé-en-Brie, Saint-Eugène et Marchais-en-Brie en AOC champagne. Cependant, l’ODG (…) a pris la décision de lancer l’enquête de classement parcellaire. «C'est seulement après les procédures de classement parcellaire que l'INAO se prononcera sur les nouveaux classements des communes et des parcelles» a-t-il souligné. Décision qui sera connue en 2017-2018. «En attendant, nous sommes toujours dans le régime de l'aire d'appellation définie par la loi de 1927. Concernant la Vallée de l'Aisne, le conseil d'administration de LACAV et la Chambre proposent une nouvelle stratégie : celle de mener un recours avec la commune qui présente le dossier le plus abouti (existence de vigne sans discontinuité, nombreuses traces de production de champagne avant et après 1927, commission d'agrément des parcelles et le report sur le cadastre fait, traçabilité totale des parcelles de 1927 à 2011) et créer ainsi un précédent que les autres communes n’auront plus qu’à suivre».

- © l'agriculteur de l'aisne

Continuer à promouvoir AgriPer'Aisne
«Dans l'euphorie d'AgriPéron, nous avons souhaité engager les agriculteurs du département dans une démarche volontaire avec les soutiens financiers des agences de l'eau et avec l'animation active des coopératives et négociants. Aujourd'hui, les réalisations se font jour mais uniquement dans les BAC définis et reconnus par les agences. De plus, on est dans une approche "volontaire" très cadrée par les agences et certaines collectivités. Les marges de manoeuvre sont réduites et certains partenaires s'essoufflent» a relaté Philippe Pinta. «Pourtant, les perspectives de la future PAC et les politiques ne lâchent pas la pression sur les contraintes environnementales».
Alors, AgriPer’Aisne : où en est-on ? La Chambre d’agriculture, avec ses partenaires, a réalisé deux diagnostics de territoire, l’un sur les modes de transfert des produits phytosanitaires dans les sols et l’autre sur la vulnérabilité du milieu par rapport à la lixiviation des nitrates. Pour le premier, il ressort que 59 % de la SAU de l’Aisne ne présente pas de risque de transfert. Les 41 % restants présentent des risques de transfert des produits phytosanitaires vers les eaux superficielles et/ou souterraines.
Concernant la lixiviation des nitrates, 57 % de la SAU y sont faiblement vulnérables. 43 % présentent une vulnérabilité moyenne à très forte vers les eaux souterraines.
La Chambre d’agriculture continue son travail sur AgriPer’Aisne et compte sur l’engagement volontaire des agriculteurs concernés. Forts de cette expérience, les responsables agricoles souhaitent faire de l’Aisne, le département pilote pour la préservation de la ressource en eau par les pratiques agricoles. «Cette opération partenariale forte est encore trop peu valorisée et la coordination de l’opération avec les procédures captages du Grenelle sont assez difficiles» regrettaient-ils.

Le point sur l’actualité agricole
Olivier Dauger, vice-président de la Chambre d’agriculture, a énuméré les différents dossiers d’actualité comme la venue du ministre de l’agriculture dans l’Aisne, la situation des différentes filières, les contrats, le foncier, la directive nitrates… «Pour tous ces dossiers, les politiques doivent analyser les répercussions économiques de leurs décisions».
Quant à l’environnement et aux bassins de captage, il a montré son mécontement. «On ne devrait pas obliger les agriculteurs à changer leurs pratiques lorsqu’il n’y a pas de problème, mais plutôt les y inciter selon leur situation géographique et selon leur bassin de captage». Et de rajouter : «concernant les molécules, pratiquons la méthode allemande. Tant qu’on ne trouve pas de molécules, on n’impose pas des contraintes qui ne servent à rien. Par contre si on trouve quelque chose, on prend les gros moyens en allant, s’il le faut, jusqu’au retrait de la molécule concernée». Pas question pour lui de transformer 20 ou 30 % du territoire en zone de non production. «On peut produire plus et mieux sans remettre en cause complètement les pratiques culturales et bloquer les gens sur des bassins qui ne rencontrent aucun problème».


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