L'Agriculteur de l'Aisne 26 février 2013 à 09h41 | Par Rosanne Aries – Agra Presse

SIA 2013 - François Hollande annonce un soutien aux éleveurs laitiers

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 Lors de sa visite marathon au Salon international de l'agriculture (SIA), le président de la République a annoncé la mise en place d'un soutien exceptionnel aux éleveurs laitiers "qui sont dans la situation la plus difficile", a-t-il indiqué. Ce plan national prévoit une réelle mise en œuvre de la contractualisation, un réaménagement de la Loi de modernisation de l'économie (LME) et une meilleure répartition des aides de la Politique agricole commune en faveur des éleveurs. Sur l'autre dossier de la fraude à la viande de cheval, il s'est par ailleurs engagé vers un étiquetage obligatoire de l'origine des viandes dans les plats cuisinés.
"Ce sont les éleveurs qui sont dans la situation la plus difficile, mais le pire est derrière nous", a indiqué le 23 février le président de la République, à son arrivée dès 7h15 dans la salle de traite du salon international de l'Agriculture (SIA). Interpellé principalement durant ses onze heure de visite par les éleveurs sur le prix du lait, la hausse des prix des matières premières et les contrôles excessifs, François Hollande s'est dit conscient de la situation et il a voulu rassurer. Car le chef de l'Etat envisage un plan de soutien aux producteurs de lait, a-t-il annoncé lors d'une intervention après un petit-déjeuner avec les principaux représentants de la profession. "Nous devons réguler les matières premières, une volonté que j'ai traduite au plan international dans le cadre du G20, a-t-il commencé. Nous devons également faire en sorte qu'il puisse y avoir une contractualisation entre les producteurs et les transformateurs, et qu'il y ait également avec la distribution une renégociation d'un certain nombre de pratiques, dans le cadre de la loi LME", a -t-il poursuivi. Cette loi de modernisation de l'économie (LME) doit être respectée, selon lui et si c'est nécessaire, elle sera réajustée. Des propos réaffirmés le 25 février par le premier ministre en visite sur le salon : "S'il faut modifier cette loi nous y sommes prêts". "Pour arriver à quel résultat ? Pour que, lorsque les producteurs négocient avec la grande distribution, on ne parte pas du prix proposé par la distribution mais du prix du producteur. Aujourd'hui, c'est le contraire. Il faut partir du prix du producteur, de ses coûts réels et à partir de là, signer un contrat qui préserve les intérêts du producteur", a indiqué le chef de l’Etat.

Une répartition en faveur des éleveurs des aides Pac
La plan de soutien aux éleveurs prévoit également une réorientation des aides de la Politique agricole commune : "il faut faire en sorte que les éleveurs aient davantage de retombées de la Pac". Ce n'était le cas dans le précédent cadre financier et "ce que l'on va maintenant négocier dans la répartition des crédits de la Pac - aussi bien pour le premier que le second pilier - ira dans ce sens". Le chef de l'Etat a encouragé par ailleurs à la solidarité interprofessionnelle entre les céréaliers et les producteurs de viande. Pour ce faire, la mise en place d'une cotisation volontaire obligatoire est actuellement discutée par la profession en vue d'alimenter le fond de solidarité éleveurs-céréaliers. François Hollande s'est enfin engagé à faire en sorte que l'élevage puisse être prioritaire pour les énergies renouvelables.
"On se félicite de ces annonces, a commenté le 25 février Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). Cela veut dire que notre lettre ouverte, envoyée le 22 février au président, pour le sensibiliser à notre situation, a eu un écho au niveau de l'Etat". Cependant "les réponses qui sont apportées, dans le concret aujourd'hui, à ce jour, a poursuivi Thierry Roquefeuil, je n'en ai pas la déclinaison". Les éleveurs laitiers attendent désormais des propositions du ministre de l'Agriculture, tout en rappelant leurs objectifs : "il ne s'agit pas de demander l'aumône aux pouvoirs publics, mais d'avoir un prix du lait  rémunérateur par rapport à l'évolution des charges et au travail fourni sur l'exploitation". Et pour cela, la FNPL évoque la solution prioritaire d'un réajustement de la LME.

Etiquetage : les distributeurs s'engagent
Au cours de sa visite, le président de la République  s'est par ailleurs exprimé sur le scandale de la fraude à la viande de cheval : il a « pris un engagement qui est de faire en sorte qu'au plan européen nous allions vers un étiquetage obligatoire (de l’origine des viandes) des plats cuisinés ». Mais dans cette attente qui pourrait prendre « quelques mois », a-t-il précisé, « les producteurs et les distributeurs se sont entendus en France pour aller vers cet étiquetage ». L'enseigne Carrefour a annoncé plus tôt dans la matinée son engagement d'ici fin 2013 à utiliser pour ses plats cuisinés (frais et surgelés) de la viande 100 % française. Intermarché et Système U ont confirmé leur même engagement. Le spécialiste des surgelés Picard ferait de même ainsi que la marque Findus. Casino affirme procéder déjà de même pour les produits à sa marque. « C'est aussi pour les producteurs, notamment les producteurs bovins, une garantie que leurs produits seront bien intégrés dans les filières de produits cuisinés », a ajouté François Hollande. Reste aux éleveurs à s'organiser pour répondre à cette nouvelle demande. « Nous en avons les moyens, a indiqué Dominique Langlois, Président d'Interbev, l'association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes ». « Il va falloir maintenant que l'on travaille dans le concret, dans la continuité de la réunion de crise que nous avons eu au ministère ces jours passés. C'est prévu : nous allons prochainement nous retrouver autour du ministre  Benoît Hamon pour parler cahier des charges et forcément des contrôles. Et nous serons également amenés à échanger sur les problèmes de volumes, pour pouvoir répondre à la demande ». Le prix de cette traçabilité équivaudrait à une hausse de 10% des produits, ont estimé certaines enseignes.

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