L'Agriculteur de l'Aisne 17 novembre 2010 à 12h59 | Par Actuagri

Sortie de crise bovine Le Groupe Bigard revoit sa position

Le groupe Bigard a accepté de faire un geste vis-à-vis de producteurs en réajustant sa grille d’achat des carcasses bovines. L’interprofession s’est également mis d’accord sur la feuille de route du ministre de l’Agriculture : transparence des transactions, renforcement de l’export, soutien à la consommation, élaboration de contrats-type.

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Le conflit entre les éleveurs et les abattoirs Bigard a trouvé une issue, mardi 10 novembre après-midi. Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, Jean-Michel Schaeffer, président des JA et Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine on annoncé une levée des barrages à l’issue d’une rencontre avec les représentants du groupe Bigard.  Lors de cette réunion, le 10 novembre, les représentants du groupe Bigard, se sont engagés à relever immédiatement de 5 centimes d’euros/kilo de carcasse le prix d’achat des vaches allaitantes et de 2 centimes d’euros celui des vaches de réforme.
Par ailleurs, Jean-Bigard, le PDG a promis de revenir aux réunions interprofessionnelles d’Interbev qu’il avait boycottées depuis deux ans et qui plombait son fonctionnement. Surtout, le numéro un français de la viande bovine qui contrôle 42 % des abattages bovins a accepté de doter ses abattoirs de machines à classer. Et cela d’ici la fin de l’année et au début de l’an prochain. Alors qu’il s’y refusait jusqu’à présent. Un pas qui va dans le sens de davantage de transparence dans la filière bovine.
Enfin le groupe Bigard aurait donné son accord pour lever les référés qu’il avait déposé à l’encontre des éleveurs et des fédérations départementales afin d’obtenir la levée des blocages d’un certain nombre d’abattoirs. «Dès que les engagements seront connus et expliqués sur les sites de blocage, les barrages seront levés, au plus tard le 11 novembre à 17 heures» a expliqué Dominique Barrau. «On a conscience d’avoir été entendus» a rajouté pour sa part Jean-Michel Schaeffer.

Relance de l’interprofession
Ceci étant la Fédération nationale bovine ne renonce pas à un redressement progressif des cours jusqu’à 60 centimes par kilo de carcasse. «C’est un objectif que nous voulons atteindre dans quelques semaines, car c’est le seul moyen de couvrir nos coûts de production» a expliqué Pierre Chevalier. Les éleveurs entendent rester vigilants pour que le marché des vaches de réforme et des races à viande s’améliore dans les jours et les semaines qui viennent. Et qu’ils suivent l’évolution des prix du jeune bovin qui est orienté à la hausse depuis quelque temps.
Le mardi matin 10 novembre, lors d’une réunion interprofessionnelle, à laquelle participait le médiateur, Loïc Gouëllo, les différentes familles de la filière étaient tombés d’accord sur un certain nombre d’orientations et sur la feuille de route que le ministre de l’Agriculture avait fixée la veille. Ainsi le consensus a été obtenu sur la nécessité de mieux gérer le marché pour redresser les prix, à la fois en jouant sur les exportations et en lançant une campagne de promotion des races à viande avec le soutien de la grande distribution. Accord également des familles pour saisir l’observatoire des prix été marges de façon à faire toute la lumière sur la formation des prix dans la filière. «Entre un prix qui n’a pas bougé depuis dix ans à la production, alors qu’il a augmenté de 40 % au consommateur» a observé Dominique Barrau. Egalement préoccupés par les contraintes franco-françaises qui pèsent sur le fonctionnement des abattoirs, les représentants des familles professionnelles ont demandé à Loïc Gouëllo d’en faire l’inventaire et de soumettre des propositions. Une des voies qu’ils jugent indispensable pour restaurer durablement la compétitivité de la filière française aussi bien sur le plan national qu’à l’export. En attendant l’ouverture de nouveaux chantiers sur la segmentation du marché, la mise en place d’indicateurs de tendance et la contractualisation.

Les détails de l’accord
Après trois jours de blocage, le groupe Bigard a accepté de revoir sa grille de prix vis-à-vis des éleveurs. Ainsi a-t-il consenti à une augmentation de 2 centimes/kg sur les vaches de réforme laitières et de 5 centimes sur les vaches allaitantes. Etant entendu qu’il s’agit pour les éleveurs d’une «première amorce» qui doit se poursuivre dans le temps (quelques semaines) pour atteindre l’objectif fixé de 50 à 60 centimes/kg et qui doit se traduire progressivement dans les grilles d’achats de l’opérateur et donc dans les cotations. D’ores et déjà, grâce à la mobilisation des éleveurs depuis la fin août, les cotations ont progressé de 28 cts par kilo pour le jeune bovin et de 13 cts par kilo pour les vaches allaitantes. Parallèlement à l’accord sur les prix avec le groupe Bigard, des avancées significatives ont été avalisées au sein de l’interprofession bovine Interbev, le 10 novembre.

Généralisation des machines à classer
Ainsi l’ensemble des fédérations présentes représentant le secteur de l’abattage s’est engagé à accélérer l’application de la totalité des dispositions de l’accord Pesée/classement/marquage (PCM) et notamment la mise en place des machines à classer. En particulier les tests sur les machines en place et les commandes de machines supplémentaires devront être réalisés avant la fin 2010 par tous les abattoirs de plus de 3000 t. Le non respect des règles de PCM peut se traduire par une confiscation de 50 à 70 euros aux producteurs par animal.

Refonte des cotations
Les fédérations professionnelles sont tombées d’accord sur une réforme des cotations afin de fournir à l’ensemble des acteurs de la filière des indicateurs de prix fiables, représentatifs et non manipulables.

Renforcement de l’export
Les opérateurs de la filière vont renforcer leur action pour améliorer les capacités d’export des animaux vif et des viandes. De son coté le ministre de l’Agriculture s’est engagé à lever toutes les lourdeurs administratives et freins réglementaires qui ralentissent les circuits de sortie du territoire des animaux et des viandes selon les destinations.

Soutien à la consommation
Les acteurs de la filière se sont mis d’accord pour valoriser les races à viande et en particulier les femelles avec pour objectif la conquête de nouveaux débouchés et pour tirer les prix vers le haut. A cet effet, Interbev a décidé de débloquer une enveloppe de un million d’euros pour promouvoir les races à viande dans les circuits de la grande distribution. Parallèlement, le ministre de l’Agriculture s’est engagé à modifier les règles relatives aux appels d’offre publics pour favoriser l’approvisionnement de proximité par la restauration collective. La restauration hors foyer (publique et privée) représente, en effet, 29 % de la consommation de viande bovine en France soit 420 000 tonnes. Mais 92 % sont importées ! Il sera également rappelé à la restauration collective de se soumettre à l’obligation d’étiquetage d’origine.

Mise en place de contrat-type
Les acteurs de la filière ont promis de mettre en avant des démarches de segmentation du marché et d’adaptation de l’offre à la demande. L’objectif étant de déboucher sur un projet de contrat-type de contractualisation dans lequel figurera un ensemble d’indicateurs de tendance de marché et de coûts de production.

Lutte contre les distorsions de concurrence
Une note sera adressée au ministre de l’Agriculture par le médiateur, Loïc Gouëllo sur les actions à mettre en œuvre pour corriger les distorsions de concurrence qui pénalisent les entreprises françaises.

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