L'Agriculteur de l'Aisne 18 mars 2011 à 11h32 | Par L.M. ALLARD L. RUCK

Technique culturale - Méligèthes : «bête noire» du colza

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Même si les méligèthes peuvent s’avérer nuisible dans un champ de colza, leur présence très visible n’est pas systématiquement synonyme de dégâts. Il est nécessaire d’adapter les seuils d’intervention à la situation afin de raisonner l’application d’un insecticide tout en respectant les périodes d’activités des abeilles ainsi que celles des ennemis naturels des ravageurs du colza.

Un insecte très visible
Les méligèthes sont très facilement repérés et identifiés sur le haut des plantes et cette présence flagrante conduit trop souvent à les considérer comme des ravageurs prépondérants de la culture. Il faut prendre le temps de relativiser cette importance, par des comptages ne se bornant pas aux seuls sommets des plantes les plus hautes, ni aux seules bordures des parcelles, en tenant compte des capacités de compensation des cultures. Les pertes de boutons sont progressives, ce qui laisse dans tous les cas un peu de temps avant toute intervention, l'expérience montrant que les arrivées se font par vagues et qu'il vaut mieux faire "le plein" d'insectes avant une éventuelle intervention, en évitant de réagir trop rapidement après les premières arrivées.

Des seuils à moduler selon l’état du colza
Si des dégâts graves sont constatés tous les ans, ils sont loin d’être systématiques. Du reste, il ne faut pas confondre pertes de boutons et pertes de rendement. Le colza peut supporter une pression d’autant plus forte que les plantes sont saines et vigoureuses. En culture stressée (sécheresse, sol superficiel, attaque de charançons des tiges ou du bourgeon terminal, mauvais rinçage de pulvérisateurs avec des résidus d’herbicides céréales entraînant des phytotoxicités,…) les capacités de compensation sont limitées et par conséquent les seuils de traitement revus à la baisse.

Les solutions insecticides
L’année 2010 a vu l’arrivée de 2 nouvelles solutions chimiques, le Pyrinex ME (spécialité à base de chlorpyriphos de la famille des organo-phosphoré) et le Proteus associant le thiaclopride (néonicotinoïde) et la deltaméthrine (pyréthrinoïde). Les efficacités sur méligèthes sont de bons niveaux pour Pyrinex ME sans toutefois creuser un écart important par rapport aux autres solutions actuellement utilisables (tau-fluvalinate, bifenthrine) sur les populations résistantes aux principales pyréthrinoïdes. En terme de stratégie d’utilisation, il est cependant conseillé d’alterner les matières actives de manière pour limiter les risques d’apparition de résistances.
Ces nouvelles solutions ne bénéficient pas actuellement de la mention «abeille» et sont donc plutôt adaptées à une intervention aux stades D1 -  D2 si celle-ci s'avère nécessaire.

Préserver les populations d’auxiliaires
Des ennemis naturels des ravageurs du colza sont présents dans les champs et participent à la régulation des populations de ravageurs. Ces auxiliaires des cultures sont traditionnellement séparés en deux catégories.
Les parasitoïdes sont de petites guêpes qui, pour la majorité des espèces pondent leurs oeufs dans les larves de ravageurs en cours de floraison. Ainsi, les pourcentages de larves de méligèthes parasitées peuvent atteindre des seuils très importants, jusqu’à
90 % dans certains cas. Les insecticides peuvent avoir un impact sur ces populations d’auxiliaires.
Les prédateurs du sol parmi lesquels se trouvent les carabes ou les araignées sont des prédateurs importants des larves de ravageurs du colza.
Ces auxiliaires, en réduisant les populations de ravageurs qui émergeront l’année suivante participent ainsi à une régulation des nuisibles sur le long terme.

Les abeilles à protéger
La culture de colza, de part la production de nectar et de pollen fournit à l’abeille une source importante de nourriture. En contrepartie, l’abeille participe ainsi à la pollinisation du colza allant jusqu’à butiner 3000 fleurs par jour. Selon une étude allemande, en l’absence d’abeille, la production du colza diminuerait de 30% (d’après Jean-Baptiste Malraux technicien de l’ADA –FC).

Important

Comptabiliser les méligèthes sur des plantes consécutives (5x5). Ne pas se focaliser sur les plantes les plus hautes pour ne pas surestimer le risque


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