L'Agriculteur de l'Aisne 28 mars 2011 à 14h37 | Par Laurent Ruck

Tournesol : une conduite simple

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Semer à la bonne date
Le semis doit être effectué dans un sol suffisamment réchauffé (8°C) pour avoir une levée rapide. La deuxième décade d’avril reste la période optimale de semis pour notre région. Elle offre un bon compromis entre le réchauffement des sols au printemps et la précocité de la récolte qui est liée à la date de semis. De plus en plus de producteurs sont tentés de semer plus tôt, dès la 2ème quinzaine de mars, pour éviter un hypothétique épisode pluvieux début avril et pour gagner quelques jours de précocité à la récolte. Dans les faits, les graines passent plus de temps en terre, ce qui augmente le risque de perte de peuplement, de rendement et les exposent plus longuement aux oiseaux. Une expérimentation conduite l’an passé à Saulzet par la Chambre d’agriculture de l’Allier met en évidence une perte de pieds moyenne de 30 % entre une date de semis précoce (22 mars) et une date optimale (7 avril), qui s’est traduit par une baisse de rendement comprise entre 10 et 30 % en fonction des variétés !
Enfin, les jours gagnés avec des semis très précoces ne se répercutent pas intégralement sur la date de maturité physiologique. 15 jours d’écart entre une levée au 25/03 et au 10/04, se traduit par moins d’une semaine de différence à maturité physiologique. Cette pratique de semis très précoce conduit donc à prendre un risque supplémentaire pour un gain aléatoire.

Limiter la pression adventice
Le désherbage reste un point critique de la conduite de la culture. La nuisibilité des adventices est en moyenne de 4 à 5 quintaux dans les essais désherbage. Elle est accentuée dans les sols superficiels. Les herbicides de post-semis pré-levée seuls sont à réserver aux pressions faibles à modérées. En présence de renouées, Nickel ou Carioca ont une meilleure efficacité que Challenge 600. L’intérêt du Novall se limite aux ombellifères. Les bases Prowl 400 ou Mercantor Gold associées avec un prélevée offrent les meilleures garanties d’efficacité ainsi qu’une alternative dans la gestion des graminées à l’échelle de la rotation grâce à leur mode d’action racinaire.
Les solutions de rattrapage sont quasi inexistantes. Il faut rappeler (pour éviter les accidents !) que les solutions Clearfield (Pulsar 40) et ExpressSun (Express SX) sont des herbicides de post levée nécessitant des variétés tolérantes. Ce ne sont en aucun cas des solutions de rattrapage !
L’intérêt du binage est à considérer car il se révèle être un bon complément du désherbage chimique. Les essais CETIOM conduits en 2010, ont montré qu’un binage en complément d’un programme herbicide classique permet de gagner 10 à 20 points d’efficacité et de rattraper des situations d’échec.

Fertilisation : juste ce qu’il faut où il faut
La fertilisation azotée du tournesol est relativement restreinte par rapport à d’autres cultures de la rotation. Une application de 40 à 60 u d’azote se révèle en général suffisante en sol profond coloré et 80-90 u en craie de Champagne. Mais dans certaines situations de terre colorée,  l’apport d’azote peut être évité. Pour identifier les situations en terre colorée où l’impasse en azote est possible ou pour piloter la dose au plus juste, utiliser la méthode Héliotest développée par le Cetiom. Elle est basée sur l’observation ou non d’une différence visuelle entre une bande de la parcelle fertilisée au semis et le reste de la parcelle. Dans tous les cas, éviter la sur-fertilisation azotée sur tournesol. Au-delà du gaspillage, un excès d’azote peut engendrer une végétation exubérante et rendre le tournesol plus sensible au stress hydrique. Heliotest n’est pas utilisable en craie de Champagne.
Un apport de bore est conseillé dans les situations à risque de carence : rotation courte, sol léger, sableux ou très calcaire ou en situation de mauvais enracinement. Un apport de bore est impératif en craie de Champagne. En cas d’apport, faire une application foliaire entre le stade 10 feuilles et limite passage tracteur (le tournesol mesure 55 à 60cm). 300 à 500 g de bore élément/ha dans au moins 200l d’eau/ha.
Enfin, ne pas négliger la fertilité des sols en phosphore et potasse.

Seulement 2 ravageurs à surveiller au cours de la phase végétative
Il convient d’être vigilant et de surveiller l’activité des limaces durant la phase de semis levée car celles-ci peuvent occasionner des pertes de pieds importantes que le tournesol n’est pas en mesure de compenser.
Les pucerons  doivent également faire l’objet d’observations de la levée au stade bouton étoilé. La nuisibilité est d’autant plus importante que l’attaque est précoce. Intervenir si plus de 10 % des plantes montrent des symptômes marqués de crispation pendant la période de sensibilité. Dès l’apparition du bouton floral, les pertes sont négligeables et la régulation par les auxiliaires s’accentue.

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