L'Agriculteur de l'Aisne 18 avril 2011 à 18h01 | Par Christian Guibier - Etienne Falentin

Un nouvel outil d’aide à la détection des chaleurs en troupeaux laitiers et allaitants

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En élevage allaitant, le revenu c’est le veau !
Cette vérité reste encore et toujours d’actualité car le nombre de veaux par vache et par an demeure le principal levier d’amélioration de la productivité des cheptels. D’après les travaux des Réseaux d’élevages charolais et limousin, en collaboration avec l’Institut de l’Elevage, en système naisseur, +/- 3 % de productivité numérique équivaut à une variation d’EBE de +/- 2000 euros.
La fertilité est le 1er niveau d’action pour améliorer la productivité. Des vaches vides ne sont pas rentables, au contraire elles coûtent ! Selon les résultats des tableaux de bord vaches allaitantes, l’approche du taux de fertilité pour le département de l’Aisne est en moyenne de 89 % sur les 4 dernières campagnes, toutes races confondues, avec une grande variabilité entre les élevages. N’oublions pas que l’objectif est d’avoir 95 % de vaches pleines ! La réussite, notamment en insémination artificielle, passe donc par une bonne détection des chaleurs.

La «Heat Box» : un nouvel outil d’aide à la détection des chaleurs
C’est dans cette optique qu’à l’initiative du centre d’insémination artificielle Coopélia-Pierry qu’une expérimentation a été mise en place cet hiver dans une exploitation allaitante de l’Aisne à l’EARL Les Rolanvals pour tester ce nouvel outil. Dans les troupeaux laitiers, l’efficacité de ce nouvel outil a été largement démontrée à travers la France et l’Europe.
Le 16 mars dernier, une quinzaine d’éleveurs laitiers et allaitants était présente à la réunion de restitution de l’étude organisée par Coopélia-Pierry pour prendre connaissance des résultats, recueillir l’expérience de l’éleveur et voir l’outil en fonctionnement. Ludovic Cormil et Arnaud Poilvert ont présenté l’outil et le suivi chez Vincent Caramelle.
La «Heat Box» est un dispositif d’accéléromètre attaché au cou de la vache dont le but est de détecter les chaleurs par l’enregistrement de l’augmentation de l’activité de la vache lorsque celle-ci est en chaleur. Les données sont enregistrées par la boîte et transmises 2 fois par jour via une antenne d’une portée d’une cinquantaine de mètres, à un ordinateur pour être analysées par l’éleveur.
La détection se fait par comparaison de la suractivité par rapport à l’activité précédente de la femelle et une « activité moyenne d’un groupe de référence », le cheptel de l’éleveur constituant ce groupe. Cela nécessite donc de poser les colliers maximum 30 jours après vêlage, et non proche de la période des chaleurs, et sur une taille de lot suffisante pour constituer ce groupe « témoin » d’activité normale. Inversement, cet outil permet d’éveiller les soupçons sur des animaux en sous-activité et donc de détecter des vaches affaiblies, d’éventuelles pertes embryonnaires et cas extrême la mortalité.
L’étude a permis de constater que 71 % des chaleurs se sont exprimées sur la période de 20 h à 7 h. La réussite en 1ère IA sur l’exploitation pour cette campagne est de 71 % (72 % l’année dernière sur chaleurs vues). D’après Arnaud Poilvert, l’allotement est important, notamment pour les primipares, pour éviter les phénomènes de dominance et une expression moindre des chaleurs pour les bêtes dominées.
Le dimensionnement des besoins (nombre de colliers nécessaire) va se faire en fonction de l’étalement des vêlages et de la taille des lots. Pour un troupeau d’une cinquantaine de vaches, avec 25 colliers, l’ensemble des équipements représente un investissement d’environ 90 euros/VA.

Un outil parmi d’autres
L’expérimentation et le témoignage de Vincent Caramelle démontrent la fiabilité de la «Heat Box». Elle vient compléter le panel des outils d’aide à la décision dont disposent les éleveurs pour mieux détecter les chaleurs et ainsi améliorer le taux de fertilité des vaches. Parmi eux on peut citer la caméra, le calendrier de reproduction, le taureau vasectomisé, le kamar ou l’oestruflash… Chacun a ses avantages et ses inconvénients et le choix doit dépendre des objectifs de l’éleveur. Enfin, quelle que soit la solution retenue, ce ne sont que des outils d’aide et cela ne remplace pas l’oeil de l’éleveur.

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