L'Agriculteur de l'Aisne 08 octobre 2014 à 08h00 | Par Actuagri

Un Premier ministre à l’écoute

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Le Premier ministre s’est montré attentif aux demandes de la FNSEA et des JA qu’il a reçu le 7 octobre à Matignon. Quatre chantiers portant sur l’environnement, les relations commerciales, les questions sociales et l’innovation ont été ouverts. Le Premier ministre s’est montré «très à l’écoute» du monde agricole et «a pris acte des difficultés» qu’il rencontre, a déclaré Xavier Beulin à l’issue de son rendez-vous à Matignon, le 7 octobre. Le président de la FNSEA et celui des JA, Thomas Diemer, étaient venus lui présenter les demandes en huit points issues du Conseil fédéral fin septembre. Un conseil qui s’était montré très remonté contre l’accumulation des normes et des réglementations, la dégradation des marchés aggravée par l’embargo russe, s’interrogeant même sur l’avenir du métier d’agriculteur. A part l’annonce d’un versement anticipé de l’acompte des aides PAC, le 16 octobre, pour soulager les trésoreries des exploitations, Manuel Valls n’a pas pris d’engagements précis, si ce n’est l’ouverture de quatre chantiers qui associeront les ministres concernés. Ainsi, le Premier ministre serait prêt à revoir quelques aspects des réglementations environnementales les plus aberrantes, comme l’entretien des cours d’eau, que les agriculteurs n’ont pas le droit de faire ainsi que les délais d’instruction des projets d’investissements (ICPE, méthanisation, stockage de l’eau), particulièrement longs en France, en lien avec la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal. Sur le sujet particulièrement conflictuel de la directive nitrates, qui a été à l’origine de nombreuses manifestations sur le terrain depuis quelques semaines, le Premier ministre s’est montré attentif aux critiques des agriculteurs. Comme l’a indiqué, Stéphane Le Foll au Sommet de l’Elevage, la renégociation pourrait s’engager avec la nouvelle Commission européenne sur les aspects les plus contestés : le zonage qui n’obéit à aucune règle scientifique et le programme d’actions, comme l’interdiction d’épandage sur les pentes. La France pourrait d’ailleurs bénéficier de l’appui d’autres pays européens confrontés aux mêmes difficultés.

Nouvelle rencontre avec les distributeurs

Sur les questions sociales, le Premier ministre s’est montré ouvert aux critiques de la FNSEA sur l’application du compte pénibilité à l’agriculture et les contraintes qui pèsent sur l’apprentissage. Sur ces sujets, les discussions devraient s’engager sous l’égide du ministre du travail, François Rebsamen. Xavier Beulin a d’ailleurs profité de l’occasion pour rappeler au Premier ministre que le CICE n’était certainement pas «la meilleure solution» pour l’agriculture. D’abord parce que les coopératives agricoles n’en bénéficient pas et parce que les grandes surfaces profitent de l’aubaine pour faire pression sur les fournisseurs. D’ailleurs, sur ce dossier des relations commerciales, le Premier ministre a proposé une nouvelle rencontre entre les représentants des agriculteurs, des industriels et des grandes surfaces «pour préparer les négociations tarifaires 2015», sous l’égide du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron. A cette occasion devraient être abordés également le dossier de la restauration hors domicile et la responsabilité des élus locaux et des sociétés de restauration commerciale en la matière. En effet, selon la FNSEA, deux plats sur trois seraient importés. Manuel Valls a pour sa part mis sur la table la nécessité de l’innovation en agriculture pour améliorer la compétitivité de l’agriculture et combiner performance économique et environnementale. Message reçu par Xavier Beulin qui a fait remarquer au Premier ministre que la recherche et l’innovation était «le point faible» de la loi d’avenir. Manuel Valls comme d’ailleurs Stéphane Le Foll ont également été attentifs à la demande de la FNSEA sur l’assouplissement des contrôles PAC. Les ministres ont convenu que les agriculteurs ne pouvaient être pénalisés à cause des retards de l’administration en matière de verdissement, notamment du fait que «toutes les règles du jeu ne sont pas connues». En attendant, la FNSEA et les JA continuent d’appeler à la mobilisation le 5 novembre pour «évaluer l’état d’avancement des dossiers» et la réponse qui sera donnée par les pouvoirs publics.

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