L'Agriculteur de l'Aisne 16 février 2015 à 08h00 | Par Actuagri

Une crise salutaire

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Cette campagne, le marché du blé dur a traversé une crise consécutive à une récolte nationale insuffisante en volume (1,5 Mt, soit 15,7 % de moins qu’en 2013) et en qualité, entraînant des difficultés d’approvisionnement pour les fabricants de pâtes et de semoule confrontée à une flambée des prix de la matière première. La France mais aussi au plan international, la plupart des autres grands producteurs mondiaux, dont le Canada, ont connu les mêmes déboires. Cette hausse des prix du blé dur aura eu le mérite de relancer l’intérêt des producteurs pour cette culture dont les emblavements se réduisaient dangereusement depuis deux ans dans l’hexagone. Après avoir culminé à 507 000 ha en 2010 les surfaces sont tombées à 336 000 ha en 2013 et 288 000 ha en 2014. A l’origine de cette chute, un écart de prix insuffisant entre le blé tendre et le blé dur pour inciter les producteurs à développer une culture délicate, voire aléatoire, aux rendements instables (de 40 à 55 qx/ha) alors que le blé tendre proposait une sécurité culturale et une recette bien supérieure. Cette campagne, l’écart de prix entre les deux céréales a atteint jusqu’à 270 €/t (il est retombé depuis à quelque 100 €). De quoi réanimer l’intérêt pour cette production et une opportunité pour la relancer sur des bases solides. Pour la récolte 2015, la superficie blé dur a progressé de 10 %, avec 309 000 ha. Elle reste néanmoins inférieure de 20 % à la moyenne quinquennale. Le plan de relance ambitieux présenté lors de la journée d’étude blé dur organisée par Arvalis à Tours, le 5 février, vise une production de 3/3,5 Mt par an, ce qui suppose une extension des surfaces dans et hors les régions traditionnelles (Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon). Les zones de grandes cultures céréalières comme le Centre peuvent plus largement s’ouvrir plus largement à cette production, au prix d’adaptation techniques (politique variétale). Le plan, dont la rédaction définitive sera terminée le 30 mars, sera présenté à FranceAgriMer dans le cadre du plan stratégique céréales. Parmi les mesures préconisées figurent entre autres, la reconnaissance blé dur comme une espèce à part entière dans la PAC, l’organisation de la collecte avec les OS, la valorisation de l’exportation et la consolidation de la transformation en France (0,5 à 0,7 Mt). La relance passe aussi par la sécurisation du producteur souhaitant s’engager et trop largement exposé jusqu’à présent aux aléas des marchés céréaliers. La contractualisation entre producteurs et industriels constituerait sans doute un des moyens de préserver leurs intérêts respectifs.

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