L'Agriculteur de l'Aisne 16 octobre 2012 à 15h48 | Par Actuagri

Une interview de Claude Cochonneau, président de la Commission Emploi de la FNSEA - L’agriculture, un potentiel d’emploi sous estimé

D’ici Noël la FNSEA organise 15 colloques en faveur de l’emploi en agriculture. L’occasion de montrer l’importance de l’emploi dans les filières agroalimentaires et sa contribution à la vitalité des territoires ruraux.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

La FNSEA et son réseau organise d’ici Noël 15 colloques régionaux à destination des employeurs agricoles sur le thème «Ruralité, compétitivité : comment répondre aux enjeux de l’emploi agricole». Vous êtes à l’origine de cette initiative, quel est votre objectif ?
Claude Cochonneau : Nous souhaitons avant tout valoriser l’emploi en agriculture. Montrer son poids malgré la dispersion des employeurs sur tout le territoire, malgré la petite taille des entreprises. L’agriculture permet à 1,7 million de personnes d’avoir une activité professionnelle. Avec son amont et son aval, ce sont 3,5 millions de personnes qui travaillent dans ce secteur. Ces emplois ne sont pas facilement délocalisables. En période de crise profonde, il me semble important de rappeler à la société et en particulier à nos décideurs politiques, le potentiel d’emploi que représente l’agriculture. Dans cet esprit, nous voulons aussi montrer que nous, employeurs, nous participons au dynamisme des territoires ruraux, à l’aménagement du territoire, à la vie sociale de nos villages. Nous désirons aussi dire que nous sommes une force pour notre pays. Tant du point de vue économique que du point de vue sociétal. Or, nous sentons aujourd’hui que ce message a du mal à passer dans la classe politique. 

Qu’est-ce qui vous laisse penser que l’emploi agricole n’est pas considéré à sa juste valeur ?
CC : Il suffit de regarder les choix gouvernementaux récents : abandon de la TVA sociale, retour en arrière sur les mesures en faveur de l’emploi des salariés en CDI, amputation des exonérations de charges sociales pour l’emploi de salariés occasionnels. Ces décisions sont incompréhensibles pour un secteur comme le nôtre. L’agriculture est peut-être le secteur le plus exposé à la concurrence internationale du fait du poids de la main d’œuvre dans le prix de revient des produits. Nous faisons face à un voisin européen comme l’Allemagne qui n’impose aucun minimum de salaire dans le secteur agricole, sans parler de l’Espagne ou des pays plus à l’est. Nous avons donc besoin d’agir de manière forte sur le coût du travail pour rester compétitifs. Or, que fait le Gouvernement ? Il prend le chemin inverse en renchérissant le coût du travail. La mesure d’amputation de 20 % des exonérations pour l’emploi des travailleurs occasionnels coûte aux employeurs 140 millions d’euros de charges supplémentaires ! Et la réforme du mode de financement de la protection sociale que nous appelons de nos vœux avec la TVA sociale pour faire participer les importations à notre protection sociale, est abandonnée pour des raisons dogmatiques ! Bref, nous sommes consternés par le décalage entre les discours prônant la sauvegarde de l’emploi en France et les actes pénalisant notre compétitivité.

Lors de la Grande conférence sociale, vous aviez parlé de «SMIC européen». Continuez-vous à parler d’harmonisation européenne ?
CC : Bien sûr, l’harmonisation est indispensable. Le dumping social de certains pays n’est plus supportable. Il faut entamer dès à présent une convergence des normes sociales entre pays européens. Toutefois, il n’est pas question de s’abriter derrière la difficulté de faire avancer ce dossier pour ne rien faire en France. Dans l’attente de progrès européens, il faut que la France fasse preuve d’un minimum d’intelligence économique pour conserver ses secteurs de production, employeur de grand nombre de salariés, sur son territoire. Ces emplois sont possibles grâce à la création de valeur ajoutée, fruit d’une agriculture dynamique et offensive. Les colloques que nous organisons seront l’occasion de montrer la détermination de tous les employeurs sur ce dossier. Les 15 colloques programmés Dijon (Côte d’Or) : vendredi 19 octobre Saint Quentin(1) (Aisne): mercredi 24 octobre Schiltigheim (Bas Rhin): vendredi 26 octobre Vallet (Loire-Atlantique): mardi 30 octobre Bergerac (Dordogne) : mardi 6 novembre Châlons-en-Champagne (Marne) : jeudi 8 novembre Morlaix (Finistère) : mercredi 14 novembre Cognac (Charente) : vendredi 16 novembre Caen (Calvados) : mardi 20 novembre Perpignan (Pyrénées Orientales) : jeudi 22 novembre Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) : vendredi 23 novembre Avignon (Vaucluse) : vendredi 30 novembre Lyon (Rhône) : jeudi 6 décembre Paris : mardi 11 décembre Montauban (Tarn-et -Garonne) : jeudi 20 décembre.

(1) - Inscrivez-vous au colloque à SAINT QUENTIN le 24 octobre 2012 de 9 H 30 à 16 H 30 sur le site www.colloquesemploi.fr ou par fax au 03 22 53 30 22 à la FRSEA Picardie

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Agriculteur de l'Aisne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Agriculteur de l'Aisne
La couverture du journal L'Agriculteur de l'Aisne n°1837 | septembre 2018

Dernier numéro
N° 1837 | septembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui