L'Agriculteur de l'Aisne 26 novembre 2010 à 11h17 | Par Gaëtane Trichet

Une nouvelle amélioration des revenus est possible en 2011

Le cabinet comptable et de commissariat aux comptes Berson, a organisé à Soissons le 5 novembre dernier sa réunion conjoncture sous la présidence de Marie-Claire Berson.

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Marie Claire Berson
Marie Claire Berson - © l'agriculteur de l'aisne

Après avoir rappelé le contexte économique actuel de l’agriculture, Clarence Klein et Jean-Louis Vogtensperger, du cabinet Berson, ont présenté les résultats pour 4 systèmes d’exploitation axonais. En cultures avec betteraves, les revenus 2010 s’améliorent par rapport à 2009 tout en restant sensiblement en retrait vis-à-vis de 2008. Sur une exploitation de cultures et pommes de terre de fécule, les résultats  sont pénalisés par la diminution des surfaces en pommes de terre, la baisse des rendements et le maintien de charges structurelles élevées. De côté de l’élevage, une exploitation mixte cultures de vente et lait située en bordure de Thiérache a vu une progression significative des performances en 2010 avec néanmoins une rentabilité largement inférieure à 2008. Enfin, sur une exploitation mixte viande en vallée du centre de l’Aisne, le revenu progresse modestement par rapport à l’an passé et demeure très inférieur à celui de 2008. Ces résultats, les conseillers du cabinet Berson les avaient prévus lors de leur réunion conjoncture 2009.

Les prévisions 2011
Pour leur prospective 2011, Clarence Klein et Jean-Louis Vogtensperger ont présenté les éléments connus à ce jour comme l’assolement en progression significative pour le blé et le colza. En revanche, ils ont noté une régression des surfaces en orge d’hiver de l’ordre de 15 % et surtout des féveroles de 20 à 25 %. En betteraves, les emblavements connaissent une certaine stabilité. Du côté des intrants, les engrais continuent d’augmenter, le prix des semences aussi, tout comme le coût des produits phytos suite à une baisse de consommation pour ces derniers en 2010. Quant au prix de vente des productions SCOP, les deux conseillers envisagent 160 euros/tonne pour le blé et 350 pour le colza afin de réaliser leur prospective 2011, sachant par ailleurs, que le prix de la betterave est stable. Ils comptent sur des rendements moyens, et des charges de structure en légère hausse sauf les cotisations sociales qui devraient diminuer de 10 % en raison de l’intégration des résultats médiocres des récoltes 2009 voire 2010 dans l’assiette des cotisations. «Sur l’ensemble des hypothèses, la tendance à l’amélioration des revenus par rapport au plancher de 2009 devrait se poursuivre en 2011» a expliqué Jean-Louis Vogtensperger.
Cela étant, l’agriculture va continuer son évolution, en particulier devant l’augmentation du coût des carburants. Des réflexions sur l’organisation du travail, les économies d’énergie et la simplification des techniques de travail du sol sont en cours. L’optimisation des doses d’engrais, la valorisation et la diversification des fertilisants et la révision des assolements sont aussi au coeur des nouveaux enjeux sans oublier une réflexion sur les techniques culturales et le choix des assolements face à l’interdiction de certaines molécules phytosanitaires. «En plus d’une évolution des techniques culturales, des réflexions sont à mener au sein de chaque exploitation sur l’optimisation fiscale, la gestion de la trésorerie et des investissements à moyen terme, le calcul des coûts de revient, la diversification des sources d’approvisionnement et de commercialisation et la prise de couverture par des assurances pour les aléas économiques et climatiques» a conclu Jean-Louis Vogtensperger.

Eric Mastorchio
Eric Mastorchio - © l'agriculteur de l'aisne

L’assolement en commun
Travailler en commun est aujourd’hui un des moyens pour réaliser des économies sur une exploitation. Eric Mastorchio, directeur adjoint de l’association nationale Sociétés et GAEC, est revenu sur les aspects juridiques, réglementaires et économiques de l’assolement en commun. Acte profondément psychologique qui passe par une réflexion approfondie, l’assolement en commun est la mise en valeur commune du foncier  par des entreprises qui conservent leurs statuts juridiques propres (exploitants individuels, GAEC, EARL, SCEA…) avec des degrés variables de mutualisation sur les livraisons, les charges et les produits, les facteurs de production (matériels, intrants, salariés). Selon l’intervenant, en France près de 22 700 agriculteurs se déclaraient en pluralité d’exploitation en 2004 et 25 800 en 2007. «Cette forme de travail en commun est choisie lors d’un besoin d’investissements, pour pallier les tensions des marchés et pour une souplesse dans les conditions de travail».
L’assolement en commun peut être une solution pour sécuriser la pratique au regard du statut du fermage. L’état de société de fait peut être officialisé par le biais d’une société en participation. Dans ce cadre, la loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux précise que l’assolement en commun est possible avec l’accord du bailleur, dès lors que ce dernier était réalisé dans le cadre d’une société en participation, constituée entre personnes physiques ou morales et régie par des statuts établis par un acte ayant acquis date certaine. «La déclaration de surfaces peut être déposée par la société en participation. Dans ce cas, le caractère d’agriculture y est reconnu et le dossier de demandes d’aides est au nom de l’assolement en commun. Les modalités de contrôle conditionnalité d’une société en participation sont identiques à celles appliquées pour toutes autres exploitations».
La mise à disposition du foncier peut être également réalisée par un exploitant propriétaire ou fermier, par une société d’exploitation bénéficiaire d’une mise à disposition par un associé exploitant propriétaire ou fermier, par l’associé lui-même ou par la société en participation. Eric Mastorchio a détaillé la question des bâtiments, expliqué la façon de créer une société en participation d’assolement en commun, son régime juridique et fiscal.
Pour l’intervenant, la société en participation est une bonne solution en cas de mise en commun d’assolement. Pourtant, il reste des questions en suspens, notamment la question des déclarations des surfaces, quelles perspectives face à la modulation, les aides JA, l’accès au PVE, le contrôle des structures… «Comment mutualiser les charges et les investissements, comment gérer le travail salarié, quels intérêts à la mise en place d’actes types, quels statuts et règlements intérieurs, le remplacement des associés, la transmission des exploitations,… Nous devons essayer de combler ces manques pour l’avenir» a-t-il conclu.

Mathieu Daullé
Mathieu Daullé - © l'agriculteur de l'aisne

Optimiser les charges de mécanisation
Mathieu Daullé, de la Chambre d’agriculture, est intervenu sur les charges de mécanisation dans les exploitations. Il a décomposé le coût de mécanisation qui prend en compte 5 catégories de matériels : les postes traction, travail du sol, semis-fertilisation-manutention-traitement, transport-manutention, récolte. A cela, il faut ajouter le poste carburant qui est consommé par l’ensemble des automoteurs de l’exploitation. Au final, les 2 postes principaux traction et récolte représentent 56 % des coûts de mécanisation sur une exploitation. Pour optimiser ces coûts, Mathieu Daullé préconise plusieurs solutions. Théoriques dans un premier temps comme l’adaptation du parc matériel aux besoins de l’exploitation, avoir une politique d’achat partagé, optimiser les chantiers, faire appel à un prestataire de service et limiter le renouvellement. Oui mais, en pratique plusieurs facteurs liés à l’exploitation sont à prendre en compte au niveau technique, au niveau de l’organisation du travail et au niveau économique selon la capacité de trésorerie. Pour Mathieu Daullé, l'achat de matériel en commun fait ressortir de meilleurs chiffres pour l'exploitant.

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