L'Agriculteur de l'Aisne 27 janvier 2011 à 15h40 | Par G. Trichet

Vœux à la presse - « L’Etat ne laissera pas les agriculteurs au bord du chemin », promet Bruno Le Maire

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Le ministre de l’Agriculture a insisté sur les moyens mis en œuvre pour améliorer la compétitivité de l’agriculture française, lors de ses vœux à la presse. Et s’est engagé à ce que l’administration se montre moins tatillonne.

« L’Etat ne laissera pas les agriculteurs au bord du chemin», a promis Bruno Le Maire lors de la présentation de ses vœux à la presse le 26 janvier 2011. Le ministre de l’Agriculture, qui a dit recevoir chaque jour des lettres d’exploitants agricoles « qui ne s’en sortent pas », a souhaité que l’amélioration du revenu agricole de 2010 profite en 2011 « à tous les agriculteurs et pas seulement à quelques-uns ».
Le gouvernement entend pour cela poursuivre les efforts en matière d’amélioration de la compétitivité de l’agriculture française. «Je me refuse à ce que les parts de marché agricoles soient prises par d’autres puissances », a-t-il dit. Celle-ci passe notamment par les contrats, dont Bruno Le Maire a dit qu’il ferait en sorte que les délais de mise en place « soient tenus ». « Il ne s’agit pas d’un élément magique », a-t-il cependant indiqué, « il s’inscrit dans une politique globale ». Parmi les autres mesures prises, Bruno Le Maire a cité la baisse du coût du travail agricole et l’amélioration de la performance énergétique des exploitations. « La méthanisation est une source de revenu direct en Allemagne», a-t-il regretté. Le ministre de l’agriculture a dit vouloir obtenir « une très forte hausse du prix du rachat du biogaz ».
L’Etat entend participer à la compétitivité par de nouvelles mesures réglementaires comme l’autorisation de circulation des véhicules de 44 tonnes en agriculture (la publication du décret a été récemment annoncée par le président de la République) et l’accélération du traitement des dossiers d’installations classées. « Cet examen prend de 12 à 14 mois en Allemagne, mais de deux à trois ans en France. C’est insupportable. L’administration n’est pas là pour mettre des bâtons dans les roues », s’est insurgé Bruno Le Maire. Le traitement des dossiers ne devra pas excéder désormais un an. En matière environnementale, Bruno Le Maire s’est engagé à ce « qu’aucune obligation nouvelle » ne soit prise tant que celles du Grenelle de l’Environnement n’auront pas été mises en œuvre. Il a assuré qu’il veillerait à l’harmonisation des règles européennes dans ce domaine et incité l’administration « à faire preuve de pragmatisme dans l’application des règles sur le terrain. »
Un G20 agricole
Le ministre de l’Agriculture a également insisté sur la nécessité de conforter l’excellence de l’alimentation des Français. Le ministre a annoncé la publication de deux décrets relatifs à la restauration scolaire. Ces derniers intègreront la prise en compte dans les appels d’offre des critères de proximité et d’équilibre nutritionnel. « Il est anormal que des petits enfants de Normandie consomment des pommes du Chili quand il y en a tout autour d’eux », a-t-il regretté. Concernant la nutrition, Bruno Le Maire a apporté un soutien appuyé à la viande, notamment bovine. «Il n’y a aucune indication scientifique que la consommation modérée de viande rouge conduise au cancer. C’est un fantasme ; il faut revenir à un discours raisonnable ».
Enfin Bruno Le Maire a évoqué la régulation internationale des marchés de matières premières agricoles. La présidence française du G20 entend jouer un rôle dans ce domaine. Quatre pistes sont examinées : la transparence sur les stocks, une meilleure coordination des membres du G20 en matière d’export, l’aide aux pays les plus vulnérables et la lutte contre la spéculation financière sur les marchés agricoles. Les ministres de l’agriculture du G20 se réuniront en juin à Paris pour en débattre.

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