L'Agriculteur de l'Aisne 07 septembre 2011 à 15h34 | Par Actuagri

Viande porcine - Rentrée grimaçante pour les producteurs

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La Fédération nationale porcine (FNP) n’a pas le sourire en cette rentrée 2011 : conjoncture morose, accords professionnels pas appliqués, compétitivité à la traîne et une mention VPF qui s’essouffle… Jean-Michel Serres, le président des éleveurs porcins de la FNP, n’avait pas envie de sourire le 6 septembre, pour sa rentrée syndicale. «Les préoccupations sont nombreuses», ne cache-t-il pas, au cœur d’une conjoncture redevenue morose puisque le prix du porc payé au producteur est aujourd’hui de 1,45 euro quand le coût de production reste à 1,65 euro environ. Et le taux d’endettement demeure élevé dans le secteur. C’est d’abord le manque de transparence des groupements de producteurs au sujet de la santé des élevages et du taux de défaillance dans les exploitations porcines, qui dérange la FNP. «Nous leur demandons de nous livrer une vision plus précise et consolidée de la production porcine française», souligne son président. Les pouvoirs publics réclament notamment des chiffres précis dans le cadre des crédits alloués sur trois ans (2011-2013) au titre de la mise aux normes truies (60 millions d’euros). En outre, face à leurs difficultés de trésorerie, certains éleveurs laissent de côté leur projet de mise aux normes, ce qui inquiète la FNP. «Nous ne voulons rien perdre de cette enveloppe et souhaitons que les fonds non affectés à la mise aux normes truies aillent par exemple au plan de modernisation des bâtiments d’élevage», explique Jean-Michel Serres.
Accords…
Par ailleurs, les éleveurs porcins déplorent à la veille du SPACE de Rennes que deux accords professionnels signés avant l’été demeurent aujourd’hui lettre morte. «Une grande déception pour nous» concerne d’abord l’accord inter-filières du 15 juin dernier, portant sur la régulation du coût d’approvisionnement des éleveurs en céréales, affirme Jean-Michel Serres. Coop de France Métiers du Grain l’a signé. Le coût de l’aliment a beaucoup augmenté ces derniers mois, appréciant sensiblement le coût de production. Il s’agissait donc par cet accord de lisser le prix des céréales. Mais le président de la FNP relève que «rien n’est fait» pour supprimer effectivement les coûts d’intermédiation. Pour lui, «le problème réside entre Coop de France et ses adhérents sur le terrain ; ça coince au niveau des organismes stockeurs», et il devait l’évoquer lors du prochain Conseil d’administration de la FNSEA. L’autre accord qui fait grincer les dents de la FNP a été signé le 3 mai dernier et porte sur la répercussion des variations de coûts de production. A ce sujet, «il manque le service après-vente de la part du ministre de l’Agriculture», épingle Jean-Michel Serres. Alors que la Fédération des industriels charcutiers (FICT) ne l’a toujours pas signé, Bruno Le Maire est visé directement par les éleveurs. Ces derniers devraient décider d’aller rencontrer, autour de la mi-septembre, les dirigeants des entreprises de charcuterie sur le terrain afin de les convaincre de signet. Pendant ce temps, les abattages sont en forte hausse en Europe du Nord tandis que l’élevage porcin français «perd du terrain», argue la FNP.Accompagner VPFEn effet, l’écart de compétitivité se creuse entre l’Europe du Nord et la France, relève Jean-Michel Serres : «Le niveau d’investissement dans les élevages est très faible et le différentiel sur le coût de la main-d’œuvre joue beaucoup". Des mesures de réduction du coût du travail permanent en agriculture ont cependant été annoncées par le gouvernement pour le 1er janvier 2012. Enfin, il y a le dossier de la mention VPF (Viande porcine française). Après l’accord signé en fin d’année 2010 avec toutes les parties sur la mention d’origine des viandes de porcs et des produits de charcuterie, son application a été relativement bonne début 2011. «Mais aujourd’hui, les distributeurs ont abandonné la mention VPF sur les premiers prix en raison de la concurrence intra-européenne», explique le président de la FNP. Le différentiel de coût de production entre la France et l’Allemagne serait de 30 centimes par kilo, selon lui. La FNP va donc proposer en cette rentrée aux éleveurs et à la filière le projet d’une cotisation volontaire pour faire vivre la mention VPF, tout en obtenant une réduction de la CVO à destination de l’Interprofession INAPORC.

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