L'Agriculteur de l'Aisne 10 février 2012 à 11h53 | Par Gaetane Trichet

Vie syndicale - Aisne - Agriculture - L’agriculture pèse plus de 11 milliards d’euros dans la balance commerciale de la France

Denis Caille, président du canton de Guise et Marc Soufflet, président du canton de Wassigny ont tenu leur assemblée générale le 27 janvier dernier à Guise.

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De gauche à droite : MM. Caille, Pinta et Soufflet
De gauche à droite : MM. Caille, Pinta et Soufflet - © l'agriculteur de l'aisne
«2011 a été une année atypique. Neige, inondations, sécheresse au printemps… avec au final, une très bonne année agricole». Les deux présidents ont ensuite détaillé les activités de l’année passée comme les réunions PAC, employeurs de main-d’oeuvre,  prévention des accidents… les formations CACES, secourisme, internet,…
Ils se sont félicités des acquis obtenus par la FNSEA et l’USAA comme le principe de contractualisation dans la loi de modernisation agricole, l’observation des prix et des marges, le fonds de mutualisation sanitaire et environnemental, le guide du contrôle, la gratuité du Certiphyto, remboursement de la TIPP, exonération de la TFNB et de la taxe sur le GNR… «C’est une année fructueuse pour le syndicalisme» ont-ils constaté avant de laisser la parole à Philippe Pinta, président d’Orama, pour un point sur les perspectives de marchés et de débouchés en céréales.
«La France était le deuxième exportateur mondial de blé en 2010 avec 5 millions d’hectares» a expliqué Philippe Pinta. «C’est aussi le seul pays à pouvoir offrir une régulation de production».

Les prix restent volatils
Le président d’Orama s’interroge  «la volatilité des prix : comment gérer les entreprises dans un tel phénomène ? Comment  imaginer que nos clients puissent supporter ces différences de prix aussi violentes et brutales ? Aujourd’hui, on peut avoir autant d’écart dans une journée que dans une année avant 2007. Ces variations énormes sont une nouvelle donne qui pose des problèmes de gestion aux producteurs et aux acheteurs» a expliqué Philippe Pinta qui regrette fortement la destruction des outils de régulation. Le premier facteur de volatilité est le déséquilibre entre l’offre et la demande. Au niveau mondial, la production de céréales atteint 689 millions de tonnes pour une consommation de 680 millions de tonnes. C’est dire si les stocks ne débordent pas. «Aujourd’hui, les pays exportateurs ont moins de stocks. En revanche, les importateurs commencent à en avoir pour assurer une alimentation à leur population». Les mauvaises récoltes des pays exportateurs, les spéculateurs qui entrent dans un marché quand le prix est élevé, la parité euro-dollar, le coût du frêt, la volatilité des charges d’intrants… sont autant d’éléments qui sont à prendre en compte sur les marchés.

L’avenir du grain est très prometteur
Pour Philippe Pinta, pas de doute, l’avenir en grains est très prometteur en raison de l’augmentation annoncée de la population mondiale. «Quand on va passer de 7 à 9 milliards d’habitants, les besoins alimentaires augmenteront de plus de 70 %. Attention, je ne dis pas que les prix seront toujours élevés car la volatilité sera toujours présente». En 2050, l’Asie aura besoin de 100 millions de tonnes de céréales de plus et l’Afrique 200 millions. «Ce seront les pays industrialisés comme les USA, l’Europe ou les pays de la Mer Noire qui fourniront ces céréales. Nous en France, où s’inscrit-on dans cette perspective ? On doit produire plus et mieux. Produire plus oui, avec l’appui de la recherche et pourquoi pas des OGM. Produire mieux, oui, avec des mesures environnementales adaptées».
Philippe Pinta est optimiste car de nouvelles pistes se dessinent comme les besoins en amidon, en biocarburants. Il déplore cependant le manque d’intérêt des politiques pour l’agriculture. «L’agriculture pèse plus de 11 milliards dans la balance commerciale de la France. Elle occupe la troisième place derrière l’aéronautique et la pharmacie !».
Sur les 20 dernières années, l’augmentation de la production de grains s’est faite partout sauf en Europe. Il est grand temps de remédier à ce problème si la France veut continuer à nourrir ses habitants et ceux des autres pays.

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