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N°1941 (41)

11 octobre 2019 | Semaine 41 1941
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L'édito

France, veux-tu encore de tes paysans ?

Dans un quotidien rendu encore plus difficile avec les conséquences du nuage noir de Lubrizol, c’est avec détermination que nous nous sommes rassemblés pour défendre notre fierté d’être paysan dans tout le département de l’Aisne, de Château-Thierry à Saint-Quentin.Dans la continuité des feux de la colère allumés en septembre et pour faire face aux attaques incessantes dans les journaux, à la télé, à la radio ou dans notre voisinage, nous avons été 400 adhérents à nous mobiliser mardi 8 octobre. Merci à vous tous !C’est le second avertissement, lancé aux marchands de peurs et au Gouvernement qui nous a lâchés dans la fosse aux lions de la consultation sur les ZNT. Merci aussi à tous ceux qui ont pris le temps de défendre notre profession avec passion et qui n’ont pas laissé une minorité de khmers verts de la décroissance dénigrer notre professionnalisme.Nous avons profité de cette journée pour retourner la pollution déversée dans nos champs et nos chemins à l’envoyeur. Qui sont les véritables pollueurs ? A l’Administration de prendre ses responsabilités face aux incivilités dont nous sommes victimes.Avec plus de 10 500 agriculteurs et 6 000 tracteurs engagés sur une centaine de points à travers toute la France, nous ne pouvons que nous féliciter de la mobilisation du réseau FNSEA-JA. Une fois encore nous avons su démontrer notre capacité à nous réunir et à agir de manière responsable et digne.Restons alliés à la France, à nos paysans qui refusent l’importation d’une alimentation que nous ne voulons pas avec les accords du CETA et du MERCOSUR. Restons alliés à nos voisins qui se rendent compte que tous les jours, nous faisons notre métier de façon professionnelle pour élever notre cheptel dans le respect du bien-être animal et pour protéger les cultures des maladies et des mauvaises herbes pour une alimentation française toujours plus saine et de qualité.Notre colère, notre ras-le-bol généralisé des transpositions et autres surenchères administratives, notre besoin de considération, de confiance, de reconnaissance, d’un Etat bienveillant et protecteur, nous les avons portés avec détermination auprès de Monsieur le préfet et du premier paysan de France.Restons en alerte pour sauver les paysans car si l’Etat ne nous entend pas, nous saurons durcir le ton.  Le 22 octobre se rapproche…


Charlotte Vassant,

Secrétaire générale de l’Union des Syndicats Agricoles de l’Aisne

N°1940 (40)

04 octobre 2019 | Semaine 40 1940
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L'édito

D’un nuage à l’autre…

Alors que le baromètre de notre agriculture n’est pas au beau fixe, le ciel s’est encore assombri par le passage du nuage de l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen. En plus de la Seine-Maritime, la Région Hauts-de-France est impactée par les conséquences de cet incendie de grande ampleur.L’Etat fait jouer le principe de précaution, et concrètement, 20 communes du nord du département sont concernées par un arrêté préfectoral impactant fortement les activités agricoles.En effet, les collectes de lait et d’œufs sont suspendues jusqu’à nouvel ordre et les récoltes végétales doivent être consignées.L’application du principe de précaution à cette échelle est une première pour notre profession et à ce jour, nous avons plus de questions que de réponses.Ce qui est certain, c’est que nous sommes des victimes et que ce nuage nous est tombé dessus, sans qu’on ne demande rien à personne.Dans un premier temps, nous devons gérer l’urgence, car au-delà d’un principe de précaution, les situations individuelles sont complexes à gérer.Ensuite, il faut patienter le temps des analyses pour quantifier les risques et lever les doutes.Viendra enfin le temps des indemnisations : l’Etat s’est engagé à indemniser les agriculteurs sous 10 jours… Dont acte !Bien évidemment, il n’est pas question de mettre sur le marché des productions qui ne seraient pas saines, loyales et marchandes car notre combat quotidien est de travailler pour la qualité. Mais d’ores et déjà, le préjudice économique pour les agriculteurs, coopératives et industries agro-alimentaire est colossal et dépassera sans doute plusieurs centaines de millions d’euros !Les responsables ne devront pas se dérober et l’Etat devra s’en porter garant.En attendant, nous nous constituons partie civile au pénalà titre conservatoire…


Jean-Yves Bricout,

Président de l’Union des Syndicats Agricoles de l’Aisne

13 septembre 2019 | Semaine 37 1937
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L'édito

Qui dit mieux !

Depuis quelques semaines, nous assistons en France (fort heureusement, pas dans l’Aisne) à une inflation d’arrêtés municipaux et départementaux voulant réguler l’utilisation des produits de protection des plantes. Ces arrêtés, bien qu’illégaux, installent un climat délétère et accroissent un peu plus le sentiment de stigmatisation de notre profession. Ces élus méconnaissent, ainsi, les efforts considérables entrepris par les agriculteurs afin d’améliorer constamment leurs pratiques. Pour preuve, nous sommes en train de travailler à une charte départementale des riverains afin de mieux coexister. Nous agriculteurs, sommes toujours soucieux de la santé des consommateurs, nous avons d’ailleurs l’agriculture la plus vertueuse au monde.C’est à celui qui annoncera la zone non traitée la plus longue : 1 m, 3 m, 10 m et les enchères montent sans limite : pour l’instant à 150 m. QUI DIT MIEUX ?Ces élus ont semble-t-il oublié un point essentiel : les champs ne s’approchent pas des maisons, et à bien y regarder, nous, agriculteurs, sommes victimes d’une urbanisation galopante de nos villages depuis 30 ans ! Nous subissons une double peine, car personne n’évoque le préjudice moral de cette jetée en pâture quotidienne par des «bien-pensants» qui assènent des contre-vérités non fondées scientifiquement. Ils instaurent un climat anxiogène permanent. Ils veulent surtout se racheter sur notre dos une virginité environnementale, à bon compte, pour mieux faire oublier les pollutions des villes. Ils feraient mieux de balayer devant leurs portes !En fait, à bon compte… car les agriculteurs en paieront le prix !Dans l’Aisne, pour 1 mètre non cultivé, la surface perdue correspond à 1000 ha !Une ZNT de 150 mètres entraînerait une perte cumulée sur les 800 communes du département de 150 000 ha soit plus de 30 % de la surface agricole utile, et accessoirement un appauvrissement de 300 millions d’euros ! C’est inconcevable au regard de la situation financière des agriculteurs ! Mais qui va payer ?Nous aussi, nous pouvons appliquer le principe de précaution, en nous opposant à toute nouvelle emprise foncière, Nous aussi, nous pouvons appliquer le principe de précaution en retournant à l’envoyeur les dépôts d’ordures sauvages qui polluent nos chemins ruraux et nos champs !Nous aussi, nous pouvons appliquer le principe de précaution en refusant l’épandage des boues urbaines !De surcroît, aucun pays européen n’a mis en place de zones non traitées. Encore une fois, nos collègues européens, mais aussi russes et du continent américain se frottent les mains !


Jean-Yves Bricout,

Président de l’Union des Syndicats Agricoles de l’Aisne

N°1928 (28)

12 juillet 2019 | Semaine 28 1928
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L'édito

Le tour de France : «voir la France telle qu’elle est !»

Accueillir le Tour de France est toujours un événement ! D’autant que nous avons un anniversaire commun à fêter ensemble : les cent ans de l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne coïncident avec le centenaire du maillot jaune. Beau symbole !C’est ce que nous avons célébré lundi dernier à Nogémont en Thiérache, en accueillant les adhérents pour partager un moment de convivialité et d’échanges véritables. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA a pris le temps : 5 heures sur place ! Nous la remercions vivement !Nous en avons profité pour accueillir de nombreuses personnalités, dont le ministre wallon de l’agriculture René Collin, Marianne Streel, présidente du syndicat agricole FWA wallon, venus amicalement en voisins, et le représentant du syndicat agricole italien. Ensemble, nous avons dénoncé les accords commerciaux «Mercosur et Ceta». Nous avons aussi parlé des sujets sensibles, comme les distorsions de concurrence.Ensemble, nous avons lancé la pétition «eat original» pour exiger la transparence sur les produits d’importation !Ensemble, avec les représentants de l’association Familles Rurales, nous nous sommes prononcés pour favoriser une agriculture de qualité et nous travaillons à l’élaboration d’une charte de bon voisinage.Enfin, Christian Prudhomme, directeur du tour, et  Bernard Thévennet, double vainqueur du tour, sont venus inspecter la fresque vue du ciel (montrée au monde entier en direct sur France Télévisions) réalisée par les agriculteurs de l’arrondissement de Vervins, dans le cadre du concours «les agriculteurs aiment le tour». Christian Prudhomme a été sensible à notre anniversaire commun et nous a promis un maillot jaune spécial ! Il nous a surtout émus, en rappelant que le Tour montrait la France Rurale telle qu’elle est et non pas comme certains aimeraient la voir. C’est sans doute ce qui explique l’indéfectible soutien du public et des paysans à cet événement !En cette période d’incertitudes et de doutes sur notre métier, mobilisons-nous sans relâche pour que l’agriculture française reprenne le maillot jaune qu’elle a perdu !


Jean-Yves Bricout,

Président de l’Union des Syndicats Agricoles de l’Aisne

N°1927 (27)

05 juillet 2019 | Semaine 27 1927
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L'édito

N’importons pas l’alimentation dont nous ne voulons pas !

L’Union Européenne et les quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) sont parvenus vendredi dernier à un accord de libre échange.Cet accord est une menace claire pour nos filières viandes bovine, volaille de chair et porcine, sans ménager la filière sucre et éthanol, par ailleurs fort impactée par une crise sans précèdent.En plus du compromis signé avec les pays du Mercosur, nos députés auront la responsabilité de ratifier (ou non !), un autre accord tout aussi déstabilisant : l’accord CETA (Canada).Certains secteurs économiques, comme l’automobile, l’industrie chimique et pharmaceutique se félicitent de ces accords commerciaux, mais une fois de plus, c’est l’agriculture qui trinque. C’est inacceptable !A l’heure où les consommateurs veulent des modes de productions plus vertueux, une traçabilité irréprochable et une alimentation saine, ces accords vont faire rentrer de la viande bovine gavée aux antibiotiques, de la volaille désinfectée au chlore ! Pratiques heureusement interdites en France…En plus d’accroître les distorsions de concurrence, ces accords sont une gigantesque tromperie des consommateurs.Au lieu d’organiser un agribashing permanent de l’agriculture française, en laissant croire que l’herbe est plus verte derrière la colline de la Mondialisation, nos détracteurs feraient pas mal d’enquêter et de dénoncer ces accords commerciaux.N’oublions pas que le système agricole français est reconnu à l’international comme un des plus vertueux et durable au monde.Alors n’importons pas l’agriculture dont nous ne voulons pas !


Jean-Yves Bricout,

Président de l’Union des Syndicats Agricoles de l’Aisne

L'Agriculteur de l'Aisne
La couverture du journal L'Agriculteur de l'Aisne n°1942 | octobre 2019

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