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N°1739 (39)

29 septembre 2017 | Semaine 39 1739
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L'édito

Les Manants des «bien-pensants»

Dans le débat qui fait rage sur le glyphosate, le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot a fait une sortie qui en dit long sur son état d’esprit et le regard qu’il porte sur l’agriculture : «on doit créer une agriculture qui soit intensive en emplois plutôt qu’en engrais et produits phytosanitaires».Soyons factuels : en plus des 4000 agriculteurs, l’agriculture de notre département génère 4500 emplois salariés directs sur nos exploitations agricoles. A cela s’ajoutent les emplois induits dans les organisations professionnelles agricoles (coopératives, banques, assurances, MSA, centres de gestion, Chambre d’agriculture, CETA, syndicats), sans oublier les industries agroalimentaires, les négociants, les concessionnaires de machines agricoles et tous les autres partenaires de l ‘agriculture.A l’échelle de la région Hauts-de-France, le chiffre grimpe à près de 150 000 emplois, et 4 millions à l’échelle de la France, en faisant un acteur majeur de l’emploi de notre pays.En nous livrant sa pensée profonde, Nicolas Hulot se trompe d’époque et rechute dans la nostalgie du «c’était mieux avant», quand il fallait désherber à la main, porter des sacs de 100 kg, conduire des moissonneuses sans cabine !Dans de telles conditions de travail, ces «bien-pensants», car ils sont nombreux,  n’auraient pas tenu 1 heure la cadence et invoqueraient la pénibilité et les postures pénibles !Pourquoi serions-nous la seule profession à ne pas avoir droit à la modernité et au progrès ? Simplement parce que des bien-pensants considèrent du haut de leurs bureaux climatisés, en s’autocongratulant d’avoir des idées géniales, que la modernité doit profiter à tous… sauf aux paysans.A force de croire que l’herbe est plus verte derrière la colline de l’Europe et du Monde, les «bien-pensants» mettent en danger gravement notre économie et nos emplois.Défendons nos emplois réels, avant qu’ils soient menacés par des idées utopiques.Refusons de devenir les manants des «bien-pensants».

Jean-Yves Bricout

président de l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne

N°1737 (37)

15 septembre 2017 | Semaine 37 1737
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L'édito

En Marche  Arrière …

En mars dernier, à Brest au congrès de la FNSEA, le Président de la République, alors candidat, nous avait dit tout le bien qu’il pensait de l’agriculture française et de son avenir. Il avait surtout soutenu nos 13 propositions pour rendre un nouveau souffle à notre agriculture et de la compétitivité à nos filières. Emmanuel Macron s’était prononcé pour une «Europe forte : qui fonctionne de la même manière partout. Je ne veux plus d’une sur-transposition française».Mais ça, c’était avant… Avant de nommer Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire.Après les néonicotinoïdes, voici que le ministre prend position pour l’interdiction du glyphosate, au nom du principe de précaution, allant d’ailleurs, à l’encontre de nombreuses études scientifiques.En effet,  l’ECHA (agence européenne des produits chimiques), l’EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments), ne reconnaissent pas au glyphosate de caractère cancérigène, mutagène et reprotoxique.Sur la base de cette étude, la Commission Européenne a fait pendant l’été, une proposition de renouvellement de l’autorisation pour une durée de 10 ans.C’était sans compter sur notre ministre, adepte de la décroissance et des mesures franco-françaises.Mais au fait, où est passé le ministre de l’agriculture ? Est-il devenu le sous-secrétaire d’Etat de Monsieur Hulot ?Après avoir interdit l’usage des produits phytosanitaires dans les communes, laissant nos trottoirs et nos cimetières dans un état déplorable, veut-on envoyer dans le mur l’agriculture française, faute d’alternatives crédibles et viables ?Monsieur Hulot devrait peut-être d’abord appliquer le principe de précaution à la cigarette, aux transports aériens, voire même à certains  shampoings et gels douche, car peut-être existe–t-il des risques au vu de toutes les matières chimiques qui les composent…En attendant, l’agriculture française est En Marche… Arrière.

Jean-Yves Bricout

Président de l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne

N°1726 (26)

00 0000 | Semaine 26 1726
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L'édito

Arbitrage…

 

Par Jean-Yves Bricout, président de l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne

 

La récente passe d’armes entre le ministre de l’agriculture et le ministre de la transition énergétique au sujet des néonicotinoïdes doit nous faire réfléchir.

La question n’est pas de débattre de leur impact sur l’environnement, et de leur nuisibilité potentielle sur les abeilles : laissons les scientifiques trancher.

La réponse n’est sans doute pas aussi simple qu’on veut bien nous la présenter.

A en croire la frénésie qui s’est emparée de la classe politique et des médias, la cause est entendue : les néonicotinoïdes seront interdits, et le premier ministre a arbitré dans ce sens. Soyons clair : nous avons besoin des abeilles, et tout le travail accompli par « Poll’Aisne Attitude démontre l’intérêt que nous leur portons.

Ce qui est troublant, c’est la difficulté de discuter sereinement de sujets aussi sensibles, en prenant le recul nécessaire.

Tout d’abord, rappelons que les avis sont partagés, concernant les causes de mortalité des abeilles : une récente étude de la DGAL (Direction Générale de l’alimentation du ministère de l’agriculture) met en lumière que ce sont essentiellement des facteurs sanitaires et nutritionnels qui expliquent les mortalités d’abeilles, et que les intoxications par des produits phytosanitaires ayant entraîné des mortalités d’abeilles sont rares (4 % des cas de mortalité) .

Ensuite, si ces produits sont dangereux, ils sont dangereux partout, et pas seulement en France : qu’on les interdise partout, et à commencer en Europe !

Pour le moins, le débat existe.

La compétitivité de nos exploitations commence par là, mais on pourrait aussi en parler dans les domaines économiques, sociaux, fiscaux.

Espérons que ce premier arbitrage ne soit pas le premier d’une longue série,

qui pourrait remettre en cause la pérennité et le développement de nos exploitations !

Et pourtant au congrès de la FNSEA à Brest, le Président de la République, alors candidat semblait avoir compris nos défis…

A force de vouloir faire plaisir à tout le monde, on risque de ne contenter personne.

En attendant d’autres arbitrages : restons vigilants, surtout pendant cette période intense. Bon courage à tous pour les travaux de récolte !

L'Agriculteur de l'Aisne
La couverture du journal L'Agriculteur de l'Aisne n°1742 | octobre 2017

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