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N°1748 (48)

01 décembre 2017 | Semaine 48 1748
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L'édito

Un président, ça «Trump» énormément…

Le 30 mars dernier, lors congrès de la FNSEA à Brest, Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle, nous avait donné sa vision de l’Europe :  «la protection de notre agriculture passera par l’Europe. Ce que je veux porter, c’est un mieux d’Europe, avec une Europe qui fonctionne partout de la même manière, je bloquerai toute avancée de nouvelle norme européenne avant d’être sûr qu’il n’y ait pas le même contrôle partout en Europe, je ne veux plus d’une sur transposition française, donc on doit avoir mieux d’Europe. Le mieux d’Europe, c’est une Europe qui est à règle égale et qui avance de la même façon, qui contrôle de la même façon…».Cette prise de position était simple et claire : que les règles du jeu soient identiques partout au sein d’un même espace de production et de commercialisation.Malheureusement, le feuilleton autour de la ré-homologation du glyphosate nous démontre une fois de plus que le fossé continue de se creuser entre la parole et les actes.Le président avait fondé beaucoup d’espoir sur sa nouvelle manière de gouverner, en voulant redonner de la crédibilité à la parole publique.En votant contre la ré-homologation du glyphosate, (après avoir soutenu de 5 à 7 ans, puis 3, puis 4, puis enfin 3 seulement en France), la France s’est mise en opposition dogmatique contre l’Allemagne, le Danemark, les Pays Bas, la Finlande, la Suède... Difficile de taxer ces pays de ne pas avoir un regard attentif à la protection de l’environnement.Mais qu’à cela ne tienne, les Etats membres s’étant mis d’accord pour un renouvellement pour 5 ans, la France, par un simple Tweet présidentiel a annoncé, que le glyphosate serait interdit au plus tard dans 3 ans (seulement chez nous) ! Cette annonce place une nouvelle fois notre agriculture en situation de distorsion de concurrence.A force de côtoyer les grands de ce monde, notre président serait-il en train d’imiter le président américain connu pour ses tweets compulsifs ?Décidemment, un président, ça «Trump» énormément !

Jean-Yves Bricout

président de l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne

N°1739 (39)

29 septembre 2017 | Semaine 39 1739
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L'édito

Les Manants des «bien-pensants»

Dans le débat qui fait rage sur le glyphosate, le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot a fait une sortie qui en dit long sur son état d’esprit et le regard qu’il porte sur l’agriculture : «on doit créer une agriculture qui soit intensive en emplois plutôt qu’en engrais et produits phytosanitaires».Soyons factuels : en plus des 4000 agriculteurs, l’agriculture de notre département génère 4500 emplois salariés directs sur nos exploitations agricoles. A cela s’ajoutent les emplois induits dans les organisations professionnelles agricoles (coopératives, banques, assurances, MSA, centres de gestion, Chambre d’agriculture, CETA, syndicats), sans oublier les industries agroalimentaires, les négociants, les concessionnaires de machines agricoles et tous les autres partenaires de l ‘agriculture.A l’échelle de la région Hauts-de-France, le chiffre grimpe à près de 150 000 emplois, et 4 millions à l’échelle de la France, en faisant un acteur majeur de l’emploi de notre pays.En nous livrant sa pensée profonde, Nicolas Hulot se trompe d’époque et rechute dans la nostalgie du «c’était mieux avant», quand il fallait désherber à la main, porter des sacs de 100 kg, conduire des moissonneuses sans cabine !Dans de telles conditions de travail, ces «bien-pensants», car ils sont nombreux,  n’auraient pas tenu 1 heure la cadence et invoqueraient la pénibilité et les postures pénibles !Pourquoi serions-nous la seule profession à ne pas avoir droit à la modernité et au progrès ? Simplement parce que des bien-pensants considèrent du haut de leurs bureaux climatisés, en s’autocongratulant d’avoir des idées géniales, que la modernité doit profiter à tous… sauf aux paysans.A force de croire que l’herbe est plus verte derrière la colline de l’Europe et du Monde, les «bien-pensants» mettent en danger gravement notre économie et nos emplois.Défendons nos emplois réels, avant qu’ils soient menacés par des idées utopiques.Refusons de devenir les manants des «bien-pensants».

Jean-Yves Bricout

président de l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne

N°1737 (37)

15 septembre 2017 | Semaine 37 1737
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L'édito

En Marche  Arrière …

En mars dernier, à Brest au congrès de la FNSEA, le Président de la République, alors candidat, nous avait dit tout le bien qu’il pensait de l’agriculture française et de son avenir. Il avait surtout soutenu nos 13 propositions pour rendre un nouveau souffle à notre agriculture et de la compétitivité à nos filières. Emmanuel Macron s’était prononcé pour une «Europe forte : qui fonctionne de la même manière partout. Je ne veux plus d’une sur-transposition française».Mais ça, c’était avant… Avant de nommer Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire.Après les néonicotinoïdes, voici que le ministre prend position pour l’interdiction du glyphosate, au nom du principe de précaution, allant d’ailleurs, à l’encontre de nombreuses études scientifiques.En effet,  l’ECHA (agence européenne des produits chimiques), l’EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments), ne reconnaissent pas au glyphosate de caractère cancérigène, mutagène et reprotoxique.Sur la base de cette étude, la Commission Européenne a fait pendant l’été, une proposition de renouvellement de l’autorisation pour une durée de 10 ans.C’était sans compter sur notre ministre, adepte de la décroissance et des mesures franco-françaises.Mais au fait, où est passé le ministre de l’agriculture ? Est-il devenu le sous-secrétaire d’Etat de Monsieur Hulot ?Après avoir interdit l’usage des produits phytosanitaires dans les communes, laissant nos trottoirs et nos cimetières dans un état déplorable, veut-on envoyer dans le mur l’agriculture française, faute d’alternatives crédibles et viables ?Monsieur Hulot devrait peut-être d’abord appliquer le principe de précaution à la cigarette, aux transports aériens, voire même à certains  shampoings et gels douche, car peut-être existe–t-il des risques au vu de toutes les matières chimiques qui les composent…En attendant, l’agriculture française est En Marche… Arrière.

Jean-Yves Bricout

Président de l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne

L'Agriculteur de l'Aisne
La couverture du journal L'Agriculteur de l'Aisne n°1750 | décembre 2017

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