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N°1828 (28)

13 juillet 2018 | Semaine 28 1828
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L'édito

Nos moissons : bientôt 35 h comme tout le monde

Depuis 3 mois, nous tentons de faire comprendre à l’Administration du travail que les périodes de récoltes nécessitent le maintien des dispositions prévues par le code rural. Ces dernières permettent d’effectuer des semaines de 6 jours à 12 heures par jour. Notre métier exige de saisir les créneaux météo favorables et de mobiliser les moyens humains et techniques pendant de courtes périodes mais avec de longues journées. Cette exigence n’est pas compatible avec le dogme de l’administration qui voudrait mettre dans un même moule tous les secteurs de l’économie et toutes les tailles d’entreprise. Nous le dénonçons depuis de nombreuses années à la lecture des réformes sociales, trop souvent calibrées pour les grandes entreprises.Avec les demandes annuelles de dérogation aux maximas d’heures supplémentaires, l’administration nous met dans l’impasse et nous refusons sa décision.La DIRECCTE, qui porte pourtant dans ses missions l’amélioration du dialogue social, s’enferme dans ses positions au nom de sa mission de protection de la santé et de la sécurité des salariés sans accepter d’évaluer objectivement si nos demandes font réellement courir des risques à nos collaborateurs. En aucun cas, il ne s’agit de mettre en danger la sécurité de nos salariés par une fatigue excessive. Depuis plusieurs années, nous oeuvrons dans nos entreprises pour améliorer les conditions au travail. La DIRECCTE nous suggère une meilleure organisation comme dans les grandes entreprises mais se garde  bien de proposer des pistes adaptées à nos très petites structures d’emploi. Lorsque nous expliquons le caractère familial des ambiances de moisson, un de ses représentant a osé répondre que «cela aussi il fallait que cela change».  Une chose est sûre : la décision de la DIRECCTE est «hors sol» car inadaptée aux métiers du vivant. Nous vivons dans un autre monde.

Bruno Halle

président de la commission main-d’oeuvre de l’USAA

N°1827 (27)

06 juillet 2018 | Semaine 27 1827
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L'édito

Science rime aujourd’hui avec défiance

Il est étonnant de constater à quel point, dans notre Pays, les avis scientifiques sont parfois balayés d’un revers de manche au profit de discours alarmistes tenus par des vendeurs de peurs, qui d’ailleurs ont souvent quelque chose à vendre. L’arme fatale pour ne pas étudier un sujet de manière rationnelle est l’utilisation sans précaution… du principe de précaution !Alors que la France a acquis une réputation scientifique mondiale au cours des siècles avec des chercheurs de renom (Pasteur, Pierre et Marie Curie), faisant rimer science avec confiance, au 21ème siècle, science rime désormais avec défiance : remise en cause des vaccins, des médicaments, des micro-ondes, de la viande, du gluten, des OGM…Certains pseudo-scientifiques, profitent de ce climat malsain pour avancer des théories fumeuses reprises sans vérifications par beaucoup de médias et décideurs, et qui font force de vérités absolues, avec au passage un bon business…Ainsi en 2012, une étude française faisant état de liens entre cancer et OGM publiée dans la revue Food and Chemical Toxicology et reprise à l’envie, a considérablement brouillé la perception des OGM par le grand public, et entraîné des décisions politiques irréversibles. D’après le Figaro, cette étude est aujourd’hui mise à mal par de nombreux scientifiques : qu’importe, le mal est fait ! Les programmes de recherches sont arrêtés, la France ne cultivera pas d’OGM. Il y a d’ailleurs fort à parier qu’il en sera de même pour le glyphosate et les néonicotinoïdes. Une fois qu’on les aura interdits en France, dans 5 ans, on nous expliquera que tout compte fait, il n’y avait pas de risques. Pour certains, la fin justifie les moyens, avec mise en pratique de la citation attribuée à Voltaire : «Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose».Espérons seulement que science rime un jour de nouveau avec confiance !

Jean-Yves Bricout

président de l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne

N°1824 (24)

15 juin 2018 | Semaine 24 1824
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Coup de semonce !

En organisant 3 jours de blocage des principales raffineries françaises, la FNSEA a adressé un coup de semonce très clair à l’adresse du Gouvernement.Alors que la pénurie de carburant s’est rapidement constatée dans de nombreuses stations services, alors que le gouvernement prétendait le contraire, le constat est clair :Seule la FNSEA est en capacité de mobiliser sur l’ensemble du territoire suffisamment de troupes pour porter une action syndicale de cette ampleur. Ainsi sur la région des Hauts-de-France, ce sont près de 1000 agriculteurs qui ont participé à cette action. Qu’ils en soient ici remerciés.Seule la FNSEA est en capacité de porter le combat pour dénoncer les distorsions de concurrences et de dénoncer les ambiguïtés du gouvernement sur ce sujet.Seule la FNSEA est en capacité d’expliquer à la population les dangers d’importer des produits agricoles que nous ne voulons pas dans nos assiettes.Les importations massives d’huile de palme mettant en tension la filière colza française, ont servi de détonateur à notre action. Mais en réalité notre combat est beaucoup plus vaste et concerne toute les productions animales et végétales. Les médias ont largement repris notre action, et la population s’est ralliée à notre cause.Il était temps !Mais le combat sera long, tant les vents contraires que nous devons affronter sont forts.Nous ne lâcherons rien car notre cause est juste et les enjeux sont vitaux.La bataille est donc loin d’être terminée.

Jean-Yves Bricout

président de l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne

 

N°1822 (22)

01 juin 2018 | Semaine 22 1822
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Mobilisation générale !

La vie agricole ne ressemble pas à un long fleuve tranquille. Elle ne l’a jamais été d’ailleurs !Mais quelle déception depuis un an. Quel décalage entre les promesses faites par le Président de la République au congrès la FNSEA à Brest et les actes : la liste des déceptions est longue et ne saurait rester sans réaction !Mercosur, CETA, EGA, glyphosate, néonicotinoïdes, suppression de la baisse des 7 points des cotisations MSA… Sans oublier l’autorisation donnée à Total d’importer de l’huile de palme par cargos entiers.Vouloir donner des leçons au monde entier, c’est bien, mais il y a des limites à ne pas franchir, car le cynisme du gouvernement met en danger nos grandes filières agricoles et par conséquent menace directement nos exploitations.Face à la stratégie larvée de la décroissance susurrée à l’oreille du Président de la République par son entourage citadin, nous devons faire face au pragmatisme de nos voisins : Allemagne, Belgique, Pays-Bas qui ont, eux, une vraie stratégie assumée de développement agricole, de soutien à leur agriculture et ainsi de conquête de nos territoires. Il n’y aura pas de durabilité sans perspectives de revenu durable.Eriger comme seule défense une ligne Maginot administrative et réglementaire à nos frontières s’avère tout autant inutile qu’inefficace : nos réglementations s’empilent et se superposent jusqu’à un niveau qui devient insupportable pour nous, producteurs français, et pour autant l’Etat laisse entrer sur le territoire français des marchandises produites avec des matières interdites chez nous.Nous demandons à l’Etat d’imposer les mêmes règles sanitaires, sociales, fiscales aux producteurs étrangers afin que nos territoires ne deviennent pas le terrain de jeu de mercenaires sans foi ni loi !C’est ça l’ambition agricole de la France ?! Saborder un secteur d’activité qui pèse 4 fois plus que l’aéronautique ?! Pendant que les autres avancent, chez nous, des paysans sont en garde à vue pour quelques mètres de haies arrachés, poursuivis pour des tas de fumiers non conformes, vont en correctionnelle pour avoir curé des fossés… quelle belle vision !Préparons-nous donc à une mobilisation générale afin de dénoncer toutes ces incohérences !

Jean-Yves Bricout

président de l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne

L'Agriculteur de l'Aisne
La couverture du journal L'Agriculteur de l'Aisne n°1837 | septembre 2018

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