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N°1840 (40)

05 octobre 2018 | Semaine 40 1840
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L'édito

Sécheresse : la situation s’aggrave !

Nous alertions déjà les Pouvoirs publics dès cet été sur la sécheresse subie par les agriculteurs du département. Force est de constater que près de 2 mois plus tard, la situation ne s’est toujours pas améliorée et s’est même encore aggravée. Les prévisions météo nous laissent toujours peu d’espoir pour les 15 prochains jours. Nous en sommes presque à 4 mois sans pluie !Après les semis administratifs des intercultures pour déplacer la poussière, d’ailleurs pour beaucoup toujours non levées, nous avons les plus grandes craintes concernant les cultures d’automne. Pour le colza, ce seront près de 400 000 ha, en France, qui ne verront pas le jour soit par manque de levée ou par absence de semis.Les premiers arrachages de betteraves sont compliqués et donnent des rendements du simple au triple comme en légumes. Une première en ce début de siècle avec des records absolus en température en juillet et août.Les éleveurs, face à la pénurie d’herbe dans les pâtures, continuent de nourrir leurs animaux avec les stocks constitués pour l’hiver prochain. Les conséquences sur l’alimentation et les trésoreries s’annoncent sévères. Nous voyons que les pays voisins, comme l’Allemagne, prennent le problème à bras le corps. Il serait temps que la France réagisse à son tour… avant qu’il ne soit trop tard !

Charlotte Vassant
secrétaire générale de l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne

N°1837 (37)

14 septembre 2018 | Semaine 37 1837
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L'édito

Le monde bouge, bougeons !

Alors qu’il est rare de vivre une journée sans subir d’attaques médiatiques, associatives ou sociétales sur notre métier, nous devons ramener nos détracteurs à un principe de réalité. Selon le Secours Populaire : 1 Français sur 5 ne mange pas à sa faim, essentiellement pour des raisons de précarité. Que dire des 800 millions de citoyens du monde qui souffrent eux aussi de malnutrition... Combien seront-ils si nous atteignons les 10 milliards d’habitants à horizon 2050 ?Certains Pays, comme la Russie et la Chine l’on fort bien compris, à nos dépends d’ailleurs, et font de leur agriculture un enjeu stratégique de premier plan.Alors que le gouvernement nous adresse des signaux contradictoires sur la place qu’il ambitionne pour l’agriculture française, nous devons rappeler que nous sommes un secteur géostratégique pour notre Pays. Notre agriculture est plurielle, et sa diversité est une richesse. Il n’y a pas un modèle universel de réussite et de développement, mais des modèles qui se complètent.Sachons tous ensemble préserver ce savoir-faire qui fait partie de notre patrimoine. Le monde bouge ! Bougeons ! Alors battons-nous pour redonner des perspectives positives aux agriculteurs. Battons-nous pour remettre l’agriculture et les agriculteurs en mode projet !Battons-nous pour une agriculture attractive !Battons-nous pour vivre dignement de notre métier !Battons-nous pour une agriculture au cœur d’un grand projet européen !Battons-nous pour faire reconnaître le rôle positif de l’agriculture en termes d’environnement, et de contribution positive à la société !

Jean-Yves Bricout

président de l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne

N°1828 (28)

13 juillet 2018 | Semaine 28 1828
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L'édito

Nos moissons : bientôt 35 h comme tout le monde

Depuis 3 mois, nous tentons de faire comprendre à l’Administration du travail que les périodes de récoltes nécessitent le maintien des dispositions prévues par le code rural. Ces dernières permettent d’effectuer des semaines de 6 jours à 12 heures par jour. Notre métier exige de saisir les créneaux météo favorables et de mobiliser les moyens humains et techniques pendant de courtes périodes mais avec de longues journées. Cette exigence n’est pas compatible avec le dogme de l’administration qui voudrait mettre dans un même moule tous les secteurs de l’économie et toutes les tailles d’entreprise. Nous le dénonçons depuis de nombreuses années à la lecture des réformes sociales, trop souvent calibrées pour les grandes entreprises.Avec les demandes annuelles de dérogation aux maximas d’heures supplémentaires, l’administration nous met dans l’impasse et nous refusons sa décision.La DIRECCTE, qui porte pourtant dans ses missions l’amélioration du dialogue social, s’enferme dans ses positions au nom de sa mission de protection de la santé et de la sécurité des salariés sans accepter d’évaluer objectivement si nos demandes font réellement courir des risques à nos collaborateurs. En aucun cas, il ne s’agit de mettre en danger la sécurité de nos salariés par une fatigue excessive. Depuis plusieurs années, nous oeuvrons dans nos entreprises pour améliorer les conditions au travail. La DIRECCTE nous suggère une meilleure organisation comme dans les grandes entreprises mais se garde  bien de proposer des pistes adaptées à nos très petites structures d’emploi. Lorsque nous expliquons le caractère familial des ambiances de moisson, un de ses représentant a osé répondre que «cela aussi il fallait que cela change».  Une chose est sûre : la décision de la DIRECCTE est «hors sol» car inadaptée aux métiers du vivant. Nous vivons dans un autre monde.

Bruno Halle

président de la commission main-d’oeuvre de l’USAA

N°1827 (27)

06 juillet 2018 | Semaine 27 1827
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L'édito

Science rime aujourd’hui avec défiance

Il est étonnant de constater à quel point, dans notre Pays, les avis scientifiques sont parfois balayés d’un revers de manche au profit de discours alarmistes tenus par des vendeurs de peurs, qui d’ailleurs ont souvent quelque chose à vendre. L’arme fatale pour ne pas étudier un sujet de manière rationnelle est l’utilisation sans précaution… du principe de précaution !Alors que la France a acquis une réputation scientifique mondiale au cours des siècles avec des chercheurs de renom (Pasteur, Pierre et Marie Curie), faisant rimer science avec confiance, au 21ème siècle, science rime désormais avec défiance : remise en cause des vaccins, des médicaments, des micro-ondes, de la viande, du gluten, des OGM…Certains pseudo-scientifiques, profitent de ce climat malsain pour avancer des théories fumeuses reprises sans vérifications par beaucoup de médias et décideurs, et qui font force de vérités absolues, avec au passage un bon business…Ainsi en 2012, une étude française faisant état de liens entre cancer et OGM publiée dans la revue Food and Chemical Toxicology et reprise à l’envie, a considérablement brouillé la perception des OGM par le grand public, et entraîné des décisions politiques irréversibles. D’après le Figaro, cette étude est aujourd’hui mise à mal par de nombreux scientifiques : qu’importe, le mal est fait ! Les programmes de recherches sont arrêtés, la France ne cultivera pas d’OGM. Il y a d’ailleurs fort à parier qu’il en sera de même pour le glyphosate et les néonicotinoïdes. Une fois qu’on les aura interdits en France, dans 5 ans, on nous expliquera que tout compte fait, il n’y avait pas de risques. Pour certains, la fin justifie les moyens, avec mise en pratique de la citation attribuée à Voltaire : «Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose».Espérons seulement que science rime un jour de nouveau avec confiance !

Jean-Yves Bricout

président de l’Union des syndicats agricoles de l’Aisne

L'Agriculteur de l'Aisne
La couverture du journal L'Agriculteur de l'Aisne n°1846 | novembre 2018

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