L'Agriculteur de l'Aisne 09 novembre 2015 à 08h00 | Par Actuagri

La demande agricole des pays du pourtour méditerranéen continuera de croître

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Les perspectives de marché sont grandes pour l’avenir, à en croire une étude conduite par l’Inra, dont les résultats ont été présentés le 28 octobre. Celle-ci s’appuie sur des simulations de trajectoires possibles du système agricole et alimentaire à l’horizon 2050, concernant les régions de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient (ANMO). "Le premier client pour le blé, hors Union européenne, c’est l’Afrique du nord. Le potentiel d’exportation est important compte-tenu de la croissance démographique, des régimes alimentaires et du changement climatique», déclare Eric Lainé, président de la Confédération générale des planteurs de betterave (CGB), en explicitant : «je parle d’exportations, je parle d’investissements mais les enjeux vont au-delà de l’économie, c’est la sécurité alimentaire, la stabilité politique et sociale qui restent la priorité première». L’étude de l’Inra présentée le 28 octobre relatifs à la dépendance alimentaire concernant l’Afrique du nord et le Moyen-Orient (ANMO) ne sont guère positifs pour la région. Celle-ci n’a cessé de croître, passant d’environ 10% en 1960 à plus de 40 % aujourd’hui, d’après l’étude rétrospective de l’Inra. Les principales raisons de cette croissance s’expliquent par la démographie exponentielle et l’occidentalisation des régimes alimentaires (la demande des produits d’importations aurait ainsi été multipliée par 6 en 50 ans). Par ailleurs, le passage de ces sous-régions à un élevage intensif dans les années 70 aurait multiplié par huit la demande de produits destinés à l’alimentation animale, et en particulier des céréales. En outre, la production végétale, malgré sa multiplication par quatre durant cette même période, n’a pas pu suivre la croissance démographique. L’agriculture des régions du Maghreb et du Proche-Orient, essentiellement pluviale, ajouterait à la fragilisation de la sécurité alimentaire. «L’ensemble de ces facteurs explique la dépendance alimentaire de ces régions», résume Pauline Marty, l’une des auteure de l’étude.Pistes et scénarios futurs Plusieurs scénarios, dans cette étude, ont été imaginés incluant ou pas l’impact du changement climatique. «C’est de la prospective» commente Jean-Christophe Debare, directeur de l’association Pluriagri, développant «ce qui est important ce sont les ordres de grandeur. On est à 40 % de dépendance alimentaire aujourd’hui. On sera à 50 % en 2050 et à 55 % si on inclue les effets du changement climatique. Si l’on prend l’exemple du blé, ces pays importent 40 Mt aujourd’hui, avec ce scénario, à 2050, ils importeront 80 Mt, et 90 Mt en y intégrant les variations climatiques». Quelles solutions mettre en place pour restaurer une sécuritaire alimentaire sereine ? Les marges de manœuvre semblent réduites pour endiguer cette tendance lourde. «L’amélioration des rendements» constituerait selon Pauline Marty, la première des réponses, pour inverser cette fatalité. D’autres pistes en lien au progrès technique, à la réduction des pertes et/ou à la promotion du régime méditerranéen sont-elles-aussi, selon l’Inra, à considérer. "L’accroissement de la dépendance alimentaire est liée à la stabilité d’un pays et à sa sécurité territoriale» renseigne Sébastien Abis, analyste au Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM). «Le développement passe en partie par le rendement et pour ça il faut investir», poursuit Philippe Pinta, président de l’Association générale des producteurs de blé, ajoutant «on peut apporter notre savoir-faire à travers la recherche et des organismes comme le Cirad. L’Etat de ces pays a également un rôle à jouer, il doit financer les agriculteurs». Pour sa part, Xavier Beulin, rappelle ce qu’avait dit le président de la République, François Hollande "il n’y aura pas d’accord coercitif à la Cop21 si il n’y a pas d’accords agricoles avec ces pays de la zone méditerranéenne». Pour lui, «les aides internationales était de 20 % avant, aujourd’hui elles ne sont plus que de 4 %» rappelle-t-il. «Le changement de diète fait partie des points les plus importants de cette étude. Mais il est beaucoup plus difficile d’agir sur la consommation que sur la production», souligne Alexandre Meybeck, responsable des politiques agricoles à la FAO. Le président de l’Inra, François Houllier, évoque en conclusion «si l’on veut s’en sortir, il existe plusieurs leviers. Il faut avoir une vision systémique».

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