L'Agriculteur de l'Aisne 16 mars 2016 à 08h00 | Par Actuagri

FranceAgriMer maintient les stocks de blé tendre à 6 Mt

Les perspectives d’exportation ne sont pas suffisantes au regard du disponible. Les difficultés que rencontrent les opérateurs en Égypte n’arrangent pas la situation. C’est un bilan blé tendre pour la campagne commerciale 2015/2016, inchangé par rapport à ses prévisions de la mi-février qu’a présenté le 9 mars le Conseil céréales de FranceAgriMer.

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L’organisme public confirme un stock de fin de campagne un peu au-dessus de 6 millions de tonnes (Mt), un chiffre jamais atteint depuis la campagne 1998/1999 : au disponible prévisible de 3,413 Mt s’ajoute le stock de report moyen des cinq dernières années (2,6 Mt). L’activité export vers les pays tiers est pourtant soutenue. Au cours des dernières semaines, ce sont essentiellement les achats algériens et marocains (respectivement 3,1 Mt et 1 Mt au 4 mars) qui continuent de tirer les exportations françaises. Les chiffres d’embarquements au 1er mars font état d’une hausse de 1,5 % par rapport à la campagne précédente à la même date (6,782 Mt contre 6,683 Mt). Malgré cette progression, FranceAgriMer maintient ses prévisions de ventes vers les pays tiers à 11 Mt en fin de campagne.

L’incertitude égyptienne

Principale raison : les difficultés d’exporter en Égypte du fait d'un désaccord interne à l'administration égyptienne sur le seuil d’ergot admissible, qui s'est soldé par plusieurs appels d’offres restés infructueux. Les ventes de blé français sur cette destination (480 000 t depuis le début de la campagne) étaient le 2 mars, largement inférieures à celles de l’an passé à la même date (- 1,38 Mt). La France n’était plus alors que le quatrième fournisseur du Caire derrière l’Ukraine (520 000 t), la Roumanie (960 000 t) et la Russie (1 945 000 t). A noter, le chargement de quelques bateaux en ce début d’année vers l’Asie (Indonésie et Thaïlande principalement) pour un total de 300 000 t qui ne compensent pas, pour l’heure, le blocage du débouché égyptien. S’agissant des ventes vers l’Union européenne, elles sont toujours estimées fin juin à 7,1 Mt, avec des livraisons plus dynamiques que prévu vers la péninsule ibérique, en partie compensées par une baisse des perspectives sur l’Italie. Olivia Le Lamer, chef de l’unité grandes cultures, au sein de la direction marchés, études et prospective de FranceAgriMer, résume bien la situation actuelle : «il y a actuellement trop d’offres sur le marché mondial pour pas assez de demandes. Seule la baisse de l’euro face au dollar pourrait donner un nouveau souffle aux exportations françaises de blé».

Les disponibles s’amenuisent pour l’orge et le maïs

Le disponible en orges au-delà du stock de report moyen des cinq dernières années (1,145 Mt) s'allège à 447 000 t (-153 000 t par rapport au mois dernier) en raison essentiellement de l'augmentation des prévisions d'exportations vers les pays tiers à 4,1 Mt (+ 200 000 tonnes). Les demandes de l’Arabie Saoudite et du Maroc ont pris le relais de la demande chinoise. Février aura été surtout marqué par la dynamique à destination du royaume chérifien qui fait face depuis plusieurs semaines à une grave sécheresse, avec un cumul au 1er mars supérieur de 34,5 % à celui de la campagne précédente (240 674 t contre 178 921 t). FranceAgriMer a également allégé le stock de fin de campagne du maïs. Le disponible au-delà du stock de report moyen des cinq dernières années (2,489 Mt) passe en un mois de 251 000 t à 95 000 t (- 156 000 t) grâce à la revalorisation des exportations (+ 75 000 vers l'Union européenne et 50 000 t vers les pays tiers).

Les céréales d’hiver en avance d’une quinzaine de jours

Pour l’instant, les prochaines moissons s’annoncent prometteuses, la douceur de l’hiver ayant été bénéfique aux cultures en place. Selon Céré'Obs, le service de suivi en ligne de FranceAgriMer, l’état des cultures des blés tendres était jugé «bon à excellent» à hauteur de 94 % au 1er mars, chiffre supérieur à celui de l’an passé à la même date (91 %). 21 % des blés avaient atteint le stade épi à 1 cm (contre 1 % en 2015), confirmant un état d’avancement des cultures de 16 jours. L’orge présentait une avance pratiquement identique (17 jours), la palme revenant au blé dur (24 jours). En revanche, les semis d’orges de printemps avaient 10 jours de retard fin février par rapport à l’an passé à la même date, conséquence de pluies abondantes. Le retard était important en Bourgogne (5 % des surfaces semées contre 40 % en 2015) et en région Centre-Val de Loire (18 % contre 56 % en 2015).

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