L'Agriculteur de l'Aisne 27 janvier 2016 à 08h00 | Par Actuagri

De nouvelles mesures au plan de soutien

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- © l'agriculteur de l'Aisne

Près de 295 millions d'euros supplémentaires au plan de soutien à l'élevage, ont été annoncés par le ministre Stéphane Le Foll le 26 janvier. Pallier aux multiples crises, économiques et sanitaires reste le principal objectif des nouvelles sommes en jeu. 125 millions d'euros seront débloqués pour les secteurs porcins, laitiers et bovins en complément des 700 MEUR prévus au plan de soutien initial, dévoilé au mois de septembre dernier, a annoncé le ministre de l'Agriculture, le 26 janvier à Paris. Ce nouveau montant se décline via trois outils, à savoir le fonds d'allègement des charges (50 MEUR), les cotisations MSA (50MEUR) et l'année blanche (25 MEUR). Celle-ci sera étendue aux céréaliers des zones intermédiaires et aux producteurs de fruits et légumes. En outre, le ministre a tenu à informer que les dossiers, qui devaient normalement être clos fin janvier, pourront désormais être finalisés au plus tard au mois de juin, rappelant qu'à l'heure actuelle 35 000 dossiers avaient été retenus. L'offre excédentaire à l'échelle mondiale constitue la principale cause de la crise et de sa longévité. Les systèmes restent intimement liés. Ainsi, la surproduction laitière accompagnée de la faiblesse des prix a généré davantage d'abattage faisant augmenter les volumes de viande sur le marché. Concernant la filière porcine, une consommation en berne cumulée à l'embargo russe a précipité la chute des cours. «Cette crise est une crise profonde de marché» souligne Stéphane Le Foll, qui a insisté sur le devoir de responsabilité de chaque acteur. A ce titre, le ministre a mis en avant des dispositifs de soutien non utilisés par les industriels. «Je les appelle à utiliser tous les systèmes qu'on a mis sur la table. Concernant l'abattage/découpe, seuls 12 MEUR sur 50MEUR ont été investis. Il y a beaucoup à faire». Même constat concernant le stockage privé. La France n'en a utilisé qu'un peu plus de 2 000 tonnes sur les 90 000 tonnes stockées en Europe. «La Commission envisage de stopper ces mesures», met en garde le ministre. Par ailleurs, Stéphane Le Foll déplore l'absence d'interprofession qui fonctionne correctement dans les secteurs laitiers et porcins. «J'essaie de maintenir celle de la viande bovine», précise-t-il.

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Indemnisation FCO

Les autres mesures annoncées concernent le déblocage de 35 MEUR d'indemnisation relatifs à la Fièvre catarrhale ovine (FCO), dont 31 MEUR iront directement aux éleveurs du grand bassin allaitant. «Le temps que la vaccination se mette en place» indique le ministre. Les 4 MEUR restant seront octroyés aux commerçants à bestiaux affectés par la crise. De plus, sur le volet«sécheresse de l'été 2015», Stéphane Le Foll a rappelé que 22 départements ont d'ores et déjà été reconnus en «calamités sécheresse». Une mission d'expertise est en cours dans les régions et devra rendre un rapport fin février avant le salon de l'agriculture pour éventuellement qualifier d'autres zones. Sur la question de l'étiquetage, le ministre a également annoncé, sous la pression de la FNSEA, la proposition d'un décret pour l'étiquetage. «Puisque c'est une demande forte du syndicat majoritaire, je proposerai un décret en conseil d'Etat, puis à la Commission européenne pour notification» prévenant au passage que cela risquerait de prendre deux ans et de ne voir apparaître sur l'étiquette que le critère «abattu» et non pas «né/élevé/abattu». Selon lui, la démarche «Viande de France» doit être encouragée. Dernier point relevé, une avance de trésorerie de 500 MEUR en avril 2016 a également été annoncée pour les mesures agro-écologique, le paiement assurance-récolte, l'agriculture biologique et les aides couplées végétales.

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Un Fonds pour la filière palmipède

130 millions d'euros seront versés aux éleveurs et accouveurs pour compenser l'impact du «vide sanitaire» appliqué depuis le 18 janvier dans le département du Sud-ouest. Un calendrier d'assainissement va être mis en oeuvre dans un but de reprise de l'élevage prévu pour début mai, «avec des cannetons et volailles sains» insiste le ministre. Concernant les élevages liés aux circuits courts, une indemnisation spécifique leur sera attribuée sans précision complémentaire. Par ailleurs, le ministre souhaite mobiliser un dispositif d'activité partielle et d'aide à la formation pour compenser les arrêts techniques. Au sujet des contrats commerciaux signés ou en cours, Stéphane Le Foll rappelle «un cas de force majeure» et appelle à la non-sanction si les contrats ne sont pas honorés. La date du 29 février pour les négociations commerciales devra être reportée, indique-t-il. «Chaque semaine coûte cher» a pour sa part déclaré Christophe Barrailh président du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog). Aussi, pour remettre d'aplomb la filière avec des nouveaux critères sanitaires, des investissements seront cofinancés par l'Etat à hauteur de 220 MEUR sur cinq ans.

La FNSEA veut «une stratégie forte» pour les filières agricoles


Bien que nécessaires, le gouvernement ne peut pas se contenter de plan d'urgence successifs. L'agriculture française et l'élevage, en particulier, ont besoin d'une stratégie forte et d'une vision à long terme, plaide la FNSEA, pour sortir de l'ornière. Alors que les actions syndicales se multiplient sur le terrain, les enveloppes débloquées par le ministre de l'Agriculture étaient «attendues, nécessaires et indispensables», a déclaré Xavier Beulin devant la presse, le 27 janvier à Paris. «Je demande que les pouvoirs publiques s'activent dans la mise en oeuvre», a-t-il ajouté pour signifier l'urgence de la situation et pour rattraper le retard pris dans la concrétisation du plan du 3 septembre dernier. «Il n'y a que 187 millions d'euros qui ont été perçus par les agriculteurs, sur les 400 millions d'euros de moyens supplémentaires décidés dont 63 millions issus de l'Union européenne». Et non 700 millions comme l'a déclaré à plusieurs reprises le ministre de l'Agriculture, corrige-t-il. Ceci étant des plans successifs annoncés par les pouvoirs publics, le président de la FNSEA déplore l'effet «rustines» des mesures de soutien «qui montre qu'on ne traite pas les problèmes structurels». Même sentiment de Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA qui, «de plan d'urgence en plan d'urgence», a le sentiment qu'il a affaire «à un capitaine des pompiers et non à un ministre de l'Agriculture».

Initiatives à Bruxelles

L'un et l'autre, comme d'ailleurs Thierry Coué, éleveur dans le Morbihan, membre du bureau de la FNSEA préfèreraient que les pouvoirs publics s'engagent «dans une véritable stratégie» pour l'élevage. Il est notamment demandé au ministre de reprendre «son bâton de pèlerin», à Bruxelles et de prendre «des initiatives fortes». D'abord en matière d'embargo russe, qui frappe toute l'agriculture française et dont on ne voit pas l'issue. Mais aussi en matière d'étiquetage de l'origine, le gouvernement ne pouvant se contenter d'un décret sur l'étiquetage dont il sait qu'il sera retoqué par Bruxelles. La stratégie demandée passe également par la restauration de la compétitivité de l'agriculture et de l'agroalimentaire et la concrétisation des engagements pris. Alors que l'inverse se produit. Et le président de la FNSEA de citer le plan Ecophyto 2 qui se met en place sans avoir retenu la promesse du Premier Ministre sur l'introduction de nouvelles normes. Autre exemple, le compte pénibilité pour lequel la profession n'a pas été entendue. Ou la complémentaire santé qui s'applique dès le premier jour d'embauche des saisonniers, alors que la FNSEA avait négocié avec les partenaires sociaux un délai de carence de trois mois.

Réduction des charges

«Nous voulons une action déterminée sur la réduction des charges», plaide le président de la FNSEA. Il demande notamment «un équivalent CICE» pour les agriculteurs sans attendre sa transformation en allègement des charges promise par le président de la République. Quant au prix, il lance un appel à la filière et notamment aux grandes enseignes de la distribution pour qu'elles fassent un effort, à un moment où les négociations commerciales entre fournisseurs et distributeurs rentrent dans le vif du sujet. Et d'illustrer ses propos par la situation particulièrement catastrophique de la filière porcine. Qui a vu les prix à la consommation se maintenir, alors que les prix ont perdu 30 centimes à la production. «Ces 30 centimes sont quelque part dans la filière», observe Xavier Beulin, en assurant que la FNSEA allait se pencher sur ce dossier de la répartition de la valeur dans les filières.Les opérateurs commerciaux et les parlementaires à la ferme Pour sensibiliser les opérateurs de la filière et les parlementaires, la FNSEA a décidé de les inviter sur le terrain. Du 8 au 12 février dans chaque département, les FDSEA vont inviter les principaux opérateurs de la filière et notamment les responsables d'achats des grandes enseignes à visiter une ferme pour leur faire découvrir les difficultés que rencontrent les agriculteurs au jour le jour. La semaine suivante du 15 au 19 février, la même opération sera menée avec les parlementaires français et européens.

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